Religions & caricatures

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Re: Religions & caricatures

Message par Alex le Jeu 09 Fév 2006, 20:19

mouais bon,
y a beaucoup d'encres, de posts, et malheureusement de sang qui coulent pendant que nous débattons sur ce point!
Franchement, ok pour la liberté d'expression!! mais on ne parle que des droits des journalistes à dénoncer tout ce qui ne va pas dans la société !! Et leurs devoirs??on les jette aux orties!! Shocked
Un petit rappel:
« La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui nuit pas autrui et surtout elle finit là où commence celle de l'autre!!DDH(ok j'ai lié les deux Smile .
là y a pas besoin de chercher loin pour savoir qu'ils ont offensés!!
Avaient ils le droit sous couvert de la liberté d'information et d'expression de publier des dessins comme ca??qu'ils soient , selon les dires de tout le monde , très bien fait etc...et qu'ils soient drôles et patati et patata...bla bla....
Drôle certes pour un occidental, mais certainement pas pour un oriental, musulmans ou pas!!
Que la France soit un pays laïc est une pure bénédiction, mais justement la laïcité et bien c'est le respect des autres religions!
Pourquoi France soir a publié ces caricatures alors que les problèmes avaient commencés déjà!
La liberté d’expression a un coût : celui de la responsabilité.

Allez un autre petit rappel :
CONVENTION DE SAUVEGARDE DES DROITS DE L'HOMME ET DES LIBERTES FONDAMENTALES
y a a boire et à manger comme on dit par içi Wink

Article 9
1. Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l'enseignement, les pratiques et l'accomplissement des rites.

2. La liberté de manifester sa religion ou ses convictions ne peut faire l'objet d'autres restrictions que celles qui, prévues par la loi, constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité publique, à la protection de l'ordre, de la santé ou de la morale publiques, ou à la protection des droits et libertés d'autrui.


Article 10

1. Toute personne a droit à la liberté d'expression. Ce droit comprend la liberté d'opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu'il puisse y avoir ingérence d'autorités publiques et sans considération de frontière. Le présent article n'empêche pas les Etats de soumettre les entreprises de radiodiffusion, de cinéma ou de télévision à un régime d'autorisations.

2. L'exercice de ces libertés comportant des devoirs et des responsabilités peut être soumis à certaines formalités, conditions, restrictions ou sanctions prévues par la loi, qui constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité nationale, à l'intégrité territoriale ou à la sûreté publique, à la défense de l'ordre et à la prévention du crime, à la protection de la santé ou de la morale, à la protection de la réputation ou des droits d'autrui[/b[b]]...quand même c'est vrai quà force de les faire TOUS passer pour des extrémistes ils vont le devenir eh...et qui les protègents de la diffamation eux??? Shocked , pour empêcher la divulgation d'informations confidentielles ou pour garantir l'autorité et l'impartialité du pouvoir judiciaire.

Bre, faut arrêter là! J'arrête pas d'en entendre des vertes et des pas mûres ç a fait mal aux oreilles....Ce journal Danois titiller aux mauvais endroits point! Résultat= Ca flambe en plus l'état danois perd des sous avec ce boycott! Ils se sont excusés! j'estime qu'il ne vaut mieux pas en remettre une couche comme ils le font en Europe! Les meilleurs sont les plus courtes!

PS: Lisez cet article précisement.
« Il y a quelque chose de pourri au royaume de Danemark »

http://www.voltairenet.org/article133565.html?
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Re: Religions & caricatures

Message par Parigi le Dim 12 Fév 2006, 11:37

Khaled Mechaal - Le n°1 du Hamas s’explique
RFI - Khaled Mechaal, vous avez proposé de jouer un rôle pour désamorcer la crise née en Europe de la publication de caricatures du prophète Mahomet. Quel rôle le Hamas peut-il jouer ?

Khaled Mechaal - Nous condamnons cet acte et nous condamnons aussi le retard des gouvernements occidentaux pour dénoncer cette campagne provocatrice, le fait qu'ils n'aient pas réagi avec rapidité et efficacité d'autant plus qu'ils voyaient la réaction de la rue musulmane en Orient comme en Occident. Mais comme nous sommes une nation qui se respecte et que nous ne voulons pas de conflits entre l'Occident et l'Orient, nous avons dit que nous, Hamas, nous étions prêts à jouer un rôle pour calmer la rue musulmane à condition qu'il y ait deux initiatives rapides :

- premièrement, des excuses officielles des gouvernements occidentaux aux musulmans pour ce qui s'est passé et un arrêt immédiat de ces attaques ;

- deuxièmement, que les gouvernements occidentaux s'engagent à promulguer des lois et prendre des mesures pour empêcher la répétition de ce genre d'atteintes .

Il y a un antécédent en Occident, il y a des lois qui empêchent la négation de l'Holocauste alors que c’est un fait historique discutable, donc il faut faire une loi qui empêche de porter atteinte, non seulement au prophète Mahomet mais aussi à tous les prophètes et toutes les religions. Si cela est fait, le Hamas, avec tout le poids qu'il a et la crédibilité dont il jouit auprès des masses musulmanes, peut contribuer à calmer les choses, mais seulement après que ces deux conditions seront remplies.

(extrait de l'interview accordée à RFI le 10.2.06)

Inquiétant non ?

Parigi
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Re: Religions & caricatures

Message par Parigi le Dim 12 Fév 2006, 11:56

Un point de vue de la Fédération Internationale des Journalistes sur ce débat et de la situation des journalistes dans un pays comme l'Algérie.

http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2006/02/12/article.php?sid=34286&cid=2

Parigi
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Re: Religions & caricatures

Message par Judith79 le Dim 12 Fév 2006, 16:26

Je cherchais un article sur le fameux imam danois Ahmed Abu Laban qui a mis le feu aux poudres, dixit Karl Zero au Vrai journal à midi.
A plusieurs reprises, j'ai entendu des voix s'élever contre les manipulations de cet homme. Je vous livre ici ce que j'ai trouvé sur la toile. Si vous connaissez le site, je veux bien votre avis, je n'ai visité que cette page.

http://extremecentre.org/?p=684

Judith79
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Re: Religions & caricatures

Message par Judith79 le Dim 12 Fév 2006, 16:41

Les trois autres caricatures incriminées :
http://extremecentre.org/?m=20060116

Judith79
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Re: Religions & caricatures

Message par Parigi le Dim 12 Fév 2006, 16:58

Ai regardé un peu, pas inintéressant comme site, de ce que j'ai vu pour l'instant.
La page que j'ai retenue pour l'instant qui m'a fait sourire : http://extremecentre.org/?p=812 car je trouve cela tellement vrai...

Parigi
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Re: Religions & caricatures

Message par Judith79 le Dim 12 Fév 2006, 18:07



Caricatures : choc des images ou des civilisations ?

Au programme, les interventions de Max Gallo, Philippe Val, Abdelwahab Meddeb, Fouad Alaoui, Olivier Roy et Ali Dilem.

Judith79
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Re: Religions & caricatures

Message par Nonette le Lun 27 Fév 2006, 16:34

Bon, tout est rentré dans l'ordre, la balance est rétablie, ça suffit ils nous ont assez cassé les cerises avec leur victimisation sur leur religion là, les reubeus, avec l'affaire du gang des barbares, ils retournent un peu plus à leur place d'accusé et toujours autant d'anti-démocrate sauvage. Juste parce que je l'ai sous les yeux ( ) je vous recopie une petite phrase sympatoche sur les "Arabes", trouvée dans un article traitant des ponts entre l'imaginaire colonial sur l'indigène et sa construction, et celui de l'imaginaire national sur l'immigré d'aujourd'hui. Donc :
"La propagande militaire, puis les médias, s'emparent des événements [d'Algérie] pour stigmatiser ce mauvais colonisé qu'est le 'fellagha' (préfiguration du 'mauvais immigré' de demain). Les clichés les plus éculés sur l'Arabe resurgissent : cruauté, traîtrise, dissimulation, fanatisme, barbarie, etc." (article de Bancel et Blanchard, dans Hommes et Migrations n° 1207, bref)... tout ça pour rappeler qu'il n'y a bien évidemment pas que cela, tout événement étant plurifactoriel dans ses causes, conséquences et déroulement, n'empêche que les traitements majoritaires des "affaires" continuent de tisser l'image de l'Arabe/Africain, du musulman et hop-hop-hop du "jeune des cités" sous des traits non seulement peu reluisants mais présentant des traits communs (fanatiques, sauvages, barbares, pas tolérants, pas Français quoi), et allez les Bleus, c'est ça le choc des civilisations. J'attends la pub "Vivre ensemble" de RTL alliant voile, kippa, casquette ou bonnet de faux-rappeur.

Nonette
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Re: Religions & caricatures

Message par Amazone le Lun 27 Fév 2006, 16:58

En même temps, les petits jeunes "weish weish yo" ne font rien ne font rien pour embellir leur image...

N'allons pas non plus les faire passer pour des victimes...

Je ne pense pas que l'on puisse accuser les médias de véhiculer une image négative et infondée de "l'arabe/africain", et "weish-weish-yo de banlieue".

Amazone
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Re: Religions & caricatures

Message par Nonette le Lun 27 Fév 2006, 17:04

Amazone a écrit:
Je ne pense pas que l'on puisse accuser les médias de véhiculer une image négative et infondée de "l'arabe/africain", et "weish-weish-yo de banlieue".
Non absolument pas, au contraire les médias véhiculent, traitement des émeutes y compris, une image extrèmement représentative, vraie et singulièrement hétéroclite et positive des "yo z'y va" ou autres euphémismes particulièrement peu stigmatisants que l'on peut donner aux jeunes sus-nommés.

Un tout petit exemple :
UNE BAVURE MEDIATIQUE
Le faux traquenard d’une fausse bande de jeunes à Pantin

Par Stlvie Tissot

http://lmsi.net/article.php3?id_article=488
_________________________________________________________

*Le 24 juillet 2002, TFI annonce que « des jeunes auraient agressé des policiers à coups de poing et de battes de base-ball » dans la ville de Pantin, en région parisienne, tandis que /Le Figaro/ parle d’un « véritable guet-apens comme on en connaît de plus en plus souvent... ». Sylvie Tissot revient dans cet article sur l’« affaire de Pantin » et le délire médiatique auquel elle a donné lieu, et ce malgré l’absence de guet-apens, de traquenard, ou de bandes de jeunes. Ce texte a été publié dans /L’Almanach critique des médias/ (Cf. le sommaire et la présentation <http://www.arenes.fr/livres/fiche-livre.php?numero_livre=125>), dirigé par Mehdi Ba et Olivier Cyran, vivement recommandé par le Collectif Les mots sont importants.

*---------------------------------------------------------

Un « urgent », dans le jargon des agences de presse, est une dépêche de deux ou trois lignes rapportant un fait d’une importance exceptionnelle, le déclenchement d’une guerre, par exemple, un tremblement de terre ou les résultats du foot. Aucune rédaction de France ne pouvait donc rater l’urgent diffusé par l’AFP ce mercredi 24 juillet 2002 à 16 h 18 : « / Trois policiers d’une patrouille de “vététistes” ont été hospitalisés après avoir été “roués de coups” mercredi après-midi par une bande de jeunes à Pantin (Seine-Saint-Denis), a-t-on appris de source syndicale policière/ ».

Trois minutes plus tard, une nouvelle dépêche creuse l’info : « / Les trois fonctionnaires, deux hommes et une femme, membres de la police de proximité du quartier des Hauts-de-Pantin, sont tombés dans “un véritable guet-apens” alors qu’ils patrouillaient dans la rue des Pommiers, apprend-on de même source [policière] / ». Suit le récit d’un « / responsable du Syndicat général de la police (SGP-FO) »/ : les trois vététistes « / ont vu des jeunes qui les ont interpellés. En s’approchant d’eux, ils les ont contrôlés et c’est à ce moment que le policier qui vérifiait les papiers a été frappé à coups de poing au visage, de même que la femme stagiaire. L’autre collègue, un jeune adjoint de sécurité qui s’était esquivé pour alerter les secours, a été rattrapé puis roué de coups avec une batte de base-ball. Il est resté inanimé pendant plus d’une demi-heure. »/

Aucun témoignage direct ne vient étayer ce récit rapporté de seconde main, et de source pas franchement indépendante. L’agence s’abstient néanmoins de faire usage du conditionnel. Sans attendre, l’histoire du « /violent guet-apens / » fait l’ouverture des flashs de France Info. Au même moment, le SGP-FO envoie un communiqué dans lequel il prétend tenir l’explication du « /traquenard / » : « / Il est à noter que ces fonctionnaires ont procédé hier, 23 juillet 2002, à l’interpellation de ces mêmes jeunes, et auraient mis en fourrière un engin deux-roues interdit à la circulation sur la voie publique / ». Deux heures après les faits, l’instruction médiatique est déjà bouclée : groupe de jeunes, battes de base-ball, traquenard sanglant, vengeance ignoble.

Le soir même, les J.T. font leur miel de l’événement. TF1 annonce : « / Des jeunes auraient agressé des policiers à coups de poing et de battes de base-ball./ » Dans le journal régional de France 3, puis dans l’édition du 19/20, un délégué syndical du SGP-FO précise : « /Des collègues patrouillaient quand, sur leur droite, un groupe de huit à dix jeunes leur font signe de venir. Les policiers se sont dirigés vers eux. Ils n’ont pas eu le temps de descendre de leur vélo et se sont faits agresser. Le fait que les jeunes leur aient fait signe me fait penser qu’ils avaient prémédité leur coup./ » Les détails que livre le syndicaliste (« /sur leur droite », « huit à dix jeunes »/...) et la personnalisation du témoignage (« / me fait penser »/) interrogent, pour quelqu’un qui n’était pas sur les lieux.

Le lendemain, c’est au tour de la presse écrite d’entrer dans la ronde. « / Trois policiers roués de coups par vengeance / », titre /Le Parisien/, qui raconte : /« Selon nos informations (sic), les jeunes auraient voulu se venger de la confiscation, la veille, d’une moto appartenant à l’un d’entre eux./ » Suit un récit à faire dresser les cheveux sur la tête, dans lequel les trois policiers « /se retrouvent cernés par un groupe d’une dizaine de jeunes gens. L’un d’entre eux s’empare du tonfa, la matraque de l’un des agents. Simultanément, la policière prend les premiers coups au visage, s’effondre, avant d’être tabassée à terre à coups de poings, de pied et de batte de base-ball / ». Même version dans Le Figaro : /« trois policiers passés à tabac à Pantin [...] ont été frappés à coups de batte de base-ball alors qu’ils procédaient à un banal contrôle d’identité. / » Et le journaliste d’évoquer /« un véritable guet-apens comme on en connaît de plus en plus souvent malheureusement en banlieue et tendu par des individus de plus en plus jeunes ». /

Un constat dramatique appuie ce matraquage : les délinquants d’aujourd’hui n’hésitent plus à torturer ces îlotiers attachés à promouvoir, à vélo, la « police de proximité ». Or cette version des faits a été inventée de toutes pièces, comme le reconnaîtra peu après l’instruction : aucune batte de base ball n’a jamais été utilisée, aucun guet-apens tendu aux policiers, la « dizaine » de jeunes se réduit à deux et surtout - cela apparaîtra clairement lors du procès en 2003- personne n’a pu jamais prouver la responsabilité des jeunes dans l’agression de la policière. En fait, le SGP-FO a inventé le scénario et les médias l’ont repris ou agrémenté sans une once de vérification. Que s’est-il passé en réalité ? Le 24 juillet 2002, rue des Pommiers à Pantin, trois policiers interpellent un jeune de quinze ans qui en paraît douze (il mesure 1 m 51 et pèse 38 kilos). Pour quel motif ? Mystère. Les policiers parleront d’un joint, puis d’une « / odeur / », mais rien (ni cannabis, ni mégot) n’a été retrouvé sur l’enfant. Est-ce parce qu’il est noir ou que les îlotiers, comme ils le reconnaîtront plus tard, connaissent déjà parfaitement son identité, toujours est-il qu’ils lui demandent ses papiers alors qu’il est seul en bas de chez lui. L’interpellation est extrêmement violente. L’adolescent, dont ni la carrure, ni le comportement ne représentait une menace flagrante pour l’ordre public, est saisi par le cou, balayé et plaqué à terre.

C’est plus tard que la policière du trio aura la mâchoire fracturée. Par qui ? On ne le saura jamais. Les seuls faits dont nous pouvons rendre compte avec certitude aujourd’hui (et dont les journalistes auraient pu à l’époque prendre connaissance) sont les suivants : un jeune arrive sur les lieux au moment de l’interpellation, s’indigne de la brutalité dont est victime l’adolescent et reçoit un coup de tonfa. La bagarre commence. Un deuxième riverain s’approche, se saisit du tonfa et s’enfuit. Ni les policiers, ni les médias, ni plus tard les juges ne réussiront à expliquer comment deux jeunes ont pu prendre le dessus sur trois policiers armés puis disparaître dans une coursive de HLM. D’autres questions resteront sans réponse. Pourquoi les deux collègues de la policière ont-ils été déclarés blessés dans un premier temps, puis reconnus indemnes dans un second ? Qu’avaient-ils à se reprocher pour alerter immédiatement leur syndicat ? Pourquoi celui-ci a-t-il éprouvé le besoin de façonner une version mensongère, et ce dans les deux heures seulement qui ont suivi l’accrochage ? La policière dira, quant à elle, ne se souvenir de rien.

Quoi qu’il en soit, le traitement médiatique de cette affaire met une fois encore en évidence le manque de temps et le goût du sensationnel qui plombent le travail des journalistes. Mais plus important encore, il donne à voir la spirale infernale qui alimente la représentation aujourd’hui dominante des « banlieues ». Comme si, désormais, tout reportage sur ce qui s’y passe échappait aux règles élémentaires de l’enquête pour mobiliser un scénario écrit à l’avance : la violence et la sauvagerie des « jeunes ».

En effet, si la version diffusée sciemment par un syndicat policier a été si facilement reprise par la presse, ce n’est pas seulement par paresse ou négligence. C’est aussi qu’elle est conforme aux grilles de lecture appliquées habituellement aux faits divers de « banlieue ». Dans ces territoires, les jeunes semblent d’emblée suspects, sinon coupables. En témoigne l’usage récurrent de l’expression /« connus des services de police / », revenue à plusieurs reprises dans les reportages sur Pantin, sans que soit précisé le sens qu’il convient d’accorder à cette formule dans un contexte où les interpellations non justifiées se multiplient, avec un recours croissant, pour un mot de travers, à une inculpation pour outrages et rébellion.

L’organisation même des reportages télévisés montre à quel point ces réflexes sont désormais profondément ancrés. Des jeunes de Pantin ont bien été interviewés. Conformément à la logique de « l’équilibre », leur témoignage est recueilli et l’on entend leur version des faits : il s’agit un « dérapage » suite à un contrôle d’identité. Mais dans les séquences diffusées les 24 et 25 juillet par différentes chaînes, le cadrage fait apparaître une foule de jeunes parlant tous en même temps de manière précipitée, riant pour certains. Ils forment un groupe homogène et anonyme, confortant les stéréotypes globalisants. De l’autre côté, syndicalistes policiers et hommes politiques sont présentés et interviewés individuellement, et s’expriment dans un langage posé. De toute évidence, les paroles n’ont pas le même poids.

Nonette
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Re: Religions & caricatures

Message par Nonette le Lun 27 Fév 2006, 17:05

(Suite...)

L’organisation et la distribution des témoignages sont déterminées par un autre facteur : les liens étroits entre médias et classe politique. De façon consciente ou non, les journalistes se calquent sur l’agenda des gouvernants. Or le « traquenard » de Pantin coïncide jour pour jour avec l’examen, le 24 juillet 2002, du projet de loi Perben prévoyant l’enfermement des mineurs de plus de 13 ans. Et une semaine plus tôt, Nicolas Sarkozy venait de présenter à l’Assemblée nationale son projet de loi sur la Sécurité intérieure... Si l’affaire de Pantin est traitée de manière aussi expéditive, avec aussi peu de précautions, c’est aussi qu’elle apparaît comme le fait divers illustratif par excellence du débat tel qu’il est alors construit politiquement : faut-il ou non davantage punir les mineurs délinquants ?

Tous les ingrédients du « bon » sujet sont donc réunis. Après « l’enquête sur place », les journalistes laissent la parole aux hommes politiques, une parole "autorisée" qui vient commenter l’agression et monter en généralité pour présenter l’affaire comme un cas exemplaire. Jean-Pierre Raffarin, Nicolas Sarkozy et Dominique Perben dénoncent tour à tour « / l’exceptionnelle gravité », « l’horreur », « la sauvagerie des voyous / ». Pierre Bédier, le ministre des « programmes immobiliers de la justice », va jusqu’à déclarer : « / Face à cette montée de la délinquance et en particulier de la délinquance des mineurs - dois-je rappeler que parmi les agresseurs il y a un enfant de onze ans - il faut que la société apporte des réponses de très grande fermeté / ». Un enfant de onze ans ? Les journalistes ne relèveront pas le mensonge, pas plus qu’ils ne s’inquiéteront de voir les jeunes jugés et condamnés par avance, en dépit de la règle élémentaire de la présomption d’innocence. De son côté, Claude Bartolone, député PS du 93, fustige une « lâche et violente agression » et réclame qu’elle soit « / durement et rapidement sanctionnée »/. Le PCF de Pantin s’inquiète du « / déferlement de violence/ » et exige plus d’effectifs pour la police de proximité.

Mais pendant que médias et politiques se lâchent, la bulle judiciaire se dégonfle déjà. Le 26 juillet 2002, le parquet de Bobigny ouvre une information judiciaire pour « / violences ayant entraîné la mutilation ou l’infirmité d’un fonctionnaire de police / », écartant ainsi toute notion de préméditation, donc de « traquenard ». Les premières nuances apparaissent avec l’édition du Monde du 26 juillet. On y parle toujours « / d’une dizaine de jeunes dont l’un armé d’une batte de base-ball selon la police »/, mais la parole est aussi donnée aux jeunes : /« l’histoire des battes, c’est de l’invention magique »/, expliquent ces derniers. En revanche, dans l’Humanité du même jour, qui consacre aux événements son premier grand article sous le titre « Chaos Pantin », la thèse du syndicat policier continue de faire autorité : un contrôle d’identité qui fait suite à la saisie d’un deux roues la veille de la bagarre.

Malgré cette volte-face bientôt généralisée, les médias ne semblent pas ressentir le besoin d’en savoir plus : si elle était fausse, pourquoi la version policière a-t-elle été diffusée, relayée et amplifiée ? Que s’est-il réellement passé ? Pas de temps à perdre en investigations, que ce soit rue des Pommiers ou auprès de FO Police, dont le jeu trouble avait pourtant de quoi éveiller la curiosité.

Un autre détail intéressant aurait pu donner matière à enquête. La scène de l’agression a été filmée à partir de deux endroits différents, par une caméra de vidéo surveillance d’un studio d’enregistrement situé à proximité et par un particulier. Or les deux enregistrements ont été immédiatement saisis par la police puis déclarés « inutilisables ». Dans le Figaro (25/07/02), un article mentionnera un enregistrement effectué par un passant au camescope : /« La cassette a été remise à la Direction départementale de la sécurité publique saisie de l’enquête. Cette pièce à charge aurait permis de procéder, quelques heures plus tard, aux premières interpellations. / » Par la suite, cette mystérieuse cassette ne sera plus jamais évoquée.

Rien ne sera dit non plus des décisions curieuses qui ponctuent l’instruction : l’absence de reconstitution, ou le refus de procéder à l’examen des chaussures des protagonistes, qui aurait permis peut-être d’identifier l’auteur du coup porté à la policière (selon les enquêteurs, c’est un coup de pied qui aurait causé la fracture à la mâchoire). Dès lors que « l’actualité » retombe, que la précipitation et les négligences des journalistes deviennent flagrantes, le plus grand silence se fait sur l’affaire. Personne ne relèvera l’acharnement des policiers à mettre en cause nommément des jeunes de la rue des Pommiers afin d’accréditer la thèse, de moins en moins plausible, d’une agression collective.

Cet acharnement va d’ailleurs connaître un échec cuisant. D’abord, l’enregistrement des coups de téléphone portable prouve que le dernier jeune arrivé sur les lieux n’était pas présent au moment où la policière a été frappée, alors qu’il était initialement englobé dans la masse des jeunes qui auraient attaqué les policiers. Finalement, il sera établi qu’un seul et unique jeune s’est battu avec les deux policiers, tandis que la femme maintenait par terre le jeune de 15 ans. Toutes les autres personnes accusées par les deux vététistes seront mises hors de cause.

Le 14 novembre 2003, les deux jeunes mis en examen dans cette affaire passent en procès à Bobigny. Leur seul tort clairement établi est d’avoir dérobé un tonfa aux policiers et de s’être enfuis. Mais le contexte émotionnel créé par l’exploitation du faux « traquenard » ne laisse pas les magistrats insensibles. Bilan : trois ans et demi de prison dont un an avec sursis pour le premier, trente mois dont huit avec sursis pour le second, sans que leur responsabilité dans l’agression de la policière ait été à aucun moment prouvée.

Bien sûr, les médias ne sont pas responsables de ce jugement. Mais il n’en reste pas moins qu’à toutes les étapes de cette affaire, l’emballement médiatique a laissé des traces. Dans les mémoires, tout d’abord : quiconque se souvient d’une agression à Pantin en juillet 2002 garde à l’esprit une batte de base ball ou un guet-apens, et y associe plus ou moins explicitement une « bande » de voyous. L’histoire de Pantin a bel et bien contribué à la légitimation médiatique des discours sécuritaires. Or ces discours ont des traductions très concrètes. Dès le 24 juillet, et pendant une semaine, les habitants de la rue des Pommiers font face à un déploiement de force inouï. CRS, BAC, simples policiers, tout ce qui porte un uniforme investit le quartier armes au poing. On interpelle le premier venu, on fracasse des portes, on perquisitionne des logements, on terrorise des familles. « Ils seraient venus chercher Ben Laden, ça n’aurait pas été pire », se souvient une riveraine. Ces intimidations laisseront un impact durable. La famille d’un jeune qui avait été impliqué par erreur a préféré ensuite déménager. D’autres ont reçu des menaces de mort, surtout après que soit le site « SOS Racaille », trè probablement « informé » par des policiers, eut diffusé l’adresse de jeunes alors entendu par la police, les proposant au lynchage « au cas où la justice ne serait pas assez sévère ». Aujourd’hui encore, il n’est jamais bon pour un jeune d’être arrêté par des policiers quand l’adresse de la rue des Pommiers figure sur sa carte d’identité. Car finalement, le plus grave, c’est autant ce que racontent les médias que ce qu’ils passent sous silence : le harcèlement (notamment de la part de la police) que de nombreux habitants des cités HLM subissent aujourd’hui, les tensions et les violences qui en résultent.

Les médias ont pourtant été alertés. Le 7 avril 2003, un comité de soutien (Collectif droit, justice et citoyenneté à Pantin) constitué à l’initiative du Mouvement Immigration et Banlieue (MIB) organisait une conférence de presse à Paris. Y étaient conviés les journalistes des principaux organes de presse afin qu’ils puissent entendre la parole des habitants et prendre connaissance des éléments du dossier. Le collectif s’efforça également d’attirer leur attention sur le comportement curieux des policiers, leurs témoignages contradictoires, leur affolement après le coup porté à la collègue, laissée seule sur le trottoir... Mais peu de journalistes ont fait le déplacement. Il est vrai que la mise en cause de leur travail et de leur rôle ne constituait pas une info très attractive. Parmi les rares à s’en faire l’écho, Le Parisien reconnut les « dérives » qui avaient été les siennes à l’époque des faits. Mais cela n’a pas empêché plusieurs journalistes de retomber dans leurs habitudes au moment du procès et de ressusciter la thèse d’une agression collective à l’aide de battes de base-ball... Ainsi dans /Libération/ (11/11/03), où l’on pouvait lire que « /le 24 juillet 2002, le contrôle d’identité s’est transformé en un véritable tabassage subi par les policiers./ »

Ironie suprême pour les jeunes et leurs familles de la rue des Pommiers, le 20 septembre 2002, on apprenait dans les journaux que les trois îlotiers de Pantin avaient été décorés par Nicolas Sarkozy en personne /« pour acte de courage et de dévouement ». « J’ai hâte de reprendre le travail, se confiait la policière à l’AFP. Je voudrais faire carrière, or c’est dans le 93 que l’on apprend à travailler, c’est là aussi que les gens ont le plus besoin de nous »./


*Syvlie Tissot*

Nonette
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Re: Religions & caricatures

Message par gaia le Jeu 02 Mar 2006, 16:01

Douze intellectuels contre
"le nouveau totalitarisme"

NOUVELOBS.COM | 02.03.06 | 12:39

Charlie-Hebdo publie un manifeste de douze intellectuels, dont Salman Rushdie, Taslima Nasreen et Antoine Sfeir, intitulé "Ensemble contre le nouveau totalitarisme, l'islamisme".


Salman Rushdie (SIPA)

L 'hebdomadaire satirique Charlie-Hebdo a publié mercredi 1er mars un manifeste de douze intellectuels, dont Salman Rushdie, Taslima Nasreen et Bernard-Henri Levy, intitulé "Ensemble contre le nouveau totalitarisme, l'islamisme".
Evoquant l'affaire des caricatures du prophète Mahomet parues dans le quotidien danois Jyllands Posten, puis republiées par Charlie-Hebdo le 8 février, ils affirment que "cela a mis en évidence la nécessité de la lutte pour ces valeurs universelles, qui ne se gagnera pas par les armes mais sur le terrain des idées". Ils ajoutent qu'il "ne s'agit pas d'un choc des civilisations ou d'un antagonisme Occident-Orient mais d'une lutte globale qui oppose les démocrates aux théocrates".
"Rien, pas même le désespoir ne justifie de choisir l'obscurantisme, le totalitarisme et la haine. L'islamisme est une idéologie réactionnaire. Son succès ne peut aboutir qu'à un monde d'injustice et de domination", poursuivent-ils.



Ils disent refuser le "relativisme culturel" comme de renoncer à l'esprit critique et à la liberté d'expression, et ils lancent un appel "à tous les esprits libres de tous les pays".
Charlie-Hebdo, dans une présentation du manifeste, souligne que certains des signataires, dissidents de l'islam, ont été menacés de mort

Les signataires

Les douze signataires sont Ayaan Hirsi Ali (députée néerlandaise d'origine somalienne, scénariste du film "Submission"), Chahla Chafiq (écrivaine d'origine iranienne exilée en France), Caroline Fourest (essayiste française, journaliste à Charlie-Hebdo), Bernard-Henri Levy, Irshad Manji (essayiste vivant au Canada, dont la famille avait fui l'Ouganda), Mehdi Mozaffari (universitaire d'origine iranienne exilé au Danemark), Maryam Namazie (écrivaine d'origine iranienne exilée en Grande-Bretagne), Taslima Nasreen (médecin et écrivaine exilée du Bangladesh après avoir été l'objet de menaces de mort par des islamistes), Salman Rushdie (écrivain britannique, condamné à mort par une fatwa de l'iman iranien Khomeiny en 1989), Antoine Sfeir (directeur de la revue Les Cahiers de l'Orient), Philippe Val (directeur de publication de Charlie-Hebdo), Ibn Warraq (chercheur américain d'origine indo-pakistanaise, auteur de "Pourquoi je ne suis pas musulman").

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Re: Religions & caricatures

Message par Parigi le Ven 27 Oct 2006, 10:37

Caricatures de Mahomet: les musulmans danois déboutés de leur plainte pour diffamation contre le "Jyllands-Posten"

AP | 26.10.06 | 14:31


COPENHAGUE (AP) -- Un tribunal danois a débouté jeudi la plainte pour diffamation déposée par sept organisations musulmanes du Danemark contre le quotidien danois "Jyllands-Posten", qui, le 30 septembre 2005, avait publié pour la première fois les caricatures de Mahomet à l'origine de la colère du monde musulman.
Le tribunal municipal d'Aarhus a reconnu qu'il ne pouvait être exclu que certains musulmans aient pu être offensés par ces 12 caricatures mais qu'il n'y avait aucune raison de présumer que ces dessins avaient été réalisés avec l'intention "d'être irrespectueux envers les musulmans".
Les organisations musulmanes réclamaient 100.000 couronnes danoises (13.400 euros) de dommages et intérêts au rédacteur en chef du "Jyllands-Posten", Carsten Juste, au chef du service Culture Flemming Rose, qui avaient donné leur accord pour la publication des caricatures.
Le Parquet général du Danemark avait annoncé dès mars dernier qu'il n'engagerait pas de poursuites contre le "Jyllands-Posten", en estimant que la publication des 12 caricatures ne constituait pas une infraction à la législation danoise.
Le "Jyllands-Posten" avait présenté ses excuses mais a justifié sa décision de publier les dessins, faisant valoir le droit à la liberté d'expression.
La crise n'avait éclaté que plusieurs mois après la publication des caricatures jugées blasphématoires, provoquant des manifestations violentes dans le monde musulman et un boycott des produits danois.
Dans les pays musulmans, le verdict du tribunal danois a été accueilli avec déception. "Ce n'est pas au tribunal de décider si les musulmans auront de la rancune ou pas", a affirmé Ameer u-Azeem, porte-parole de la Jamaat-e-Islami, un mouvement membre de l'Alliance islamique qui a organisé des protestations massives au Pakistan au début de l'année.
En Syrie, où une foule a attaqué et mis le feu aux ambassades danoise et norvégienne en février, un parlementaire, Mohammed Habach, qui dirige le Centre des études islamiques à Damas, a affirmé que la décision "allait élargir le fossé entre le monde occidental et le monde islamique". "Ce que le journal a fait, cela constitue une vraie insulte pour des millions de musulmans qui ne suivent pas les lois danoises", a-t-il déclaré. AP

source : http://permanent.nouvelobs.com/etranger/20061026.FAP0479.html?1246

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Re: Religions & caricatures

Message par Alex le Ven 27 Oct 2006, 14:18

Je me lasse, ils se lassent.....C' est difficile de nos jours d'être musulmans, d'entendre toutes des fadaises comme "un musulman modéré n'existe pas"....d'ailleurs qu'est ce qu'un musulman modéré????
Entre les discours de la Fallacci, les brèves de comptoirs, et les mots blessants dit dans les bus, les metros, les trams, dans la rue ...... Tu fatigues et je comprends....
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Re: Religions & caricatures

Message par Judith le Mer 07 Fév 2007, 23:06

Procès Charlie Hebdo : le soutien du sénateur Delfau

COMMUNIQUE ENVOYE A LA PRESSE ET AUX PARLEMENTAIRES 5 FEVRIER 2007 COMITE DE SOUTIEN AU JOURNAL CHARLIE HEBDO NON A LA CENSURE - OUI A LA LIBERTE D'EXPRESSION

Le 7 février s'ouvre le procès intenté par M. Dalil BOUBAKER recteur de la Mosquée de Paris, et par l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) contre l'hebdomadaire Charlie Hebdo.

Le magazine est accusé d' "injure publique à l'égard d'un groupe de personnes en raison de leur religion", en référence à une loi de 1881. Il lui est reproché la publication de caricatures de Mahomet, dans lesquelles le dessinateur met en cause l'utilisation de la figure du prophète par des réseaux terroristes islamistes qui prétendent justifier par le Coran leur barbarie. Le débat nourri par ces caricatures est légitime, comme le montre chaque jour l'actualité, et pas seulement au Proche-Orient. Il est même urgent.

Mais surtout la procédure judiciaire s'attaque à la liberté de la presse, pierre angulaire de la démocratie. Elle le fait, en outre, en violation du principe de laïcité qui, depuis la loi de Séparation des Églises et de l'État, en 1905, place la religion dans la sphère privée de la société et interdit, en conséquence, à tout ministre du culte de s'ériger en censeur du débat d'idées. Notre liberté de conscience serait menacée si une religion, quelle qu'elle soit, pouvait s'autoriser d'une décision de justice pour faire taire les " mal pensants ".

Gérard DELFAU, Sénateur de l'Hérault Vice-président du Parti Radical de Gauche - 5 février 2007 Auteur " Du principe de laïcité - Un combat pour la République ", Les Éditions de Paris, 2005.

source : http://prochoix.org




Toujours Prochoix :

Nous soutenons Charlie Hebdo

Le procès qui s'ouvre au tribunal de grande instance de Paris du 7 au février 2007 est d'une extrême importance. Charlie Hebdo est poursuivi pour avoir republié les dessins danois du Jyllands Posten sur Mahomet.

Dans un contexte où des intégristes menaçaient de mort quiconque osait soutenir les journaux et pays pris pour cibles, ce journal a choisi de rester fidèle à sa tradition de liberté de ton et d'expression envers toutes les religions et tous leurs symboles: le pape comme Jésus ou Mahomet.

Il l'a fait en mettant ces douze dessins à la disposition du grand public, afin qu'il se fasse une opinion par lui-même. Par solidarité avec Jacques Lefranc, rédacteur en chef de France Soir, qui venait d'être licencié pour avoir eu ce courage. Parce que si tous les journaux d'Europe avaient fait de même, l'intimidation des extrémistes aurait échoué. Parce que si tous les journaux d'Europe s'étaient pliés à cette injonction, leur silence aurait signé la victoire des extrémistes.

Malgré ce climat, des organisations musulmanes traditionnelles (la Mosquée de Paris), intégristes (l'UOIF) et même l'un des bailleurs de fonds de l'islam extrémiste wahhabite en provenance d'Arabie Saoudite (la Ligue islamique mondiale) ont choisi d'ajouter à l'intimidation une menace judiciaire en intentant à Charlie Hebdo, au titre des lois antiracistes, un procès pour «injures publiques à l'égard d'un groupe de personnes à raison de leur religion».

Deux dessins sont visés: celui montrant Mahomet avec une bombe dans son turban, mais aussi celui où Mahomet freine un groupe de kamikazes par cette annonce: «Stop, on n'a plus de vierges en stock.» La couverture du numéro, où Cabu représente un Mahomet «débordé par les intégristes» et qui les désavoue ( «C'est dur d'être aimé par des cons») est également poursuivie pour «injures», alors qu'elle visait justement à montrer un Mahomet se désolidarisant des intégristes.

C'est dire la confusion entretenue par cette plainte contre un journal qui combat depuis toujours à la fois le racisme et l'intégrisme. Nous refusons cet amalgame, facilité par l'utilisation abusive du mot «islamophobie», consistant à confondre la critique légitime de l'extrémisme et du terrorisme instrumentalisant les symboles de l'islam avec du racisme à l'encontre des individus de religion musulmane.

Certains nous disent aujourd'hui que le contexte géopolitique devrait inciter à la prudence, voire au silence. C'est tout le contraire. La liberté d'expression et la laïcité ont besoin d'être réaffirmées comme rarement. Ceux qui résistent à l'intégrisme n'ont que la plume et le crayon pour faire face aux menaces. Des démocrates du monde entier, notamment musulmans, espèrent trouver en Europe, et tout particulièrement en France, un havre laïque où leur parole n'est entravée ni par la dictature ni par l'intégrisme.

Si Charlie Hebdo venait à être condamné, si l'autocensure généralisée devait faire jurisprudence, nous perdrions tous cet espace commun de résistance et de liberté. Pour ces raisons, nous soutenons Charlie Hebdo et le droit de continuer à critiquer toutes les religions sans exception.

Premiers signataires: Taslima Nasrin (écrivaine), Elisabeth Badinter (philosophe), Nasser Khader (député du Danemark), Ibrahim Ramadan (secrétaire générale de l'Association des musulmans démocrates danois), Irshad Manji (écrivaine), Albert Memmi (écrivain), Claude Lanzmann et le comité de rédaction des Temps modernes, Chris Marker (réalisateur), René Pétillon (dessinateur), Angelo Rinaldi (écrivain, membre de l'Académie française), Elisabeth Roudinesco (historienne), Mohammed Sifaoui (journaliste réalisateur), Leïla Babès (sociologue), Elisabeth de Fontenay (philosophe), Abdelwahab Meddeb (écrivain), Bernard-Henri Lévy (philosophe), Fethi Benslama (psychanalyste), Chahla Chafiq (sociologue, écrivaine), Wassyla Tamzali (écrivaine), Farouk Mansouri (écrivain journaliste), Françoise Seligmann (présidente d'honneur de la Ligue des droits de l'homme), Antoine Spire (journaliste), Michel del Castillo (écrivain), Yves Pouliquen (membre de l'Académie française et de l'Académie des sciences), Jean-Claude Pecker (professeur honoraire au Collège de France, membre de l'Académie des sciences), Frédéric Vitoux (écrivain, membre de l'Académie française), Jeanne Favret-Saada (directeur EPHE, section sciences religieuses), Pascal Bruckner (écrivain), Dominique Sopo (président de Sos Racisme), Jean-Michel Quillardet (grand maître du GODF), Gilles Perrault (écrivain), Patrick Gaubert (président de la Licra), Luce Perrot (présidente de l'association Lire la politique), Alain Girard (premier secrétaire général du SNJ), Bernard Teper (président de l'UFAL), Michel Zaoui (avocat), Alain Seksig (enseignant), Benjamin Abtan (président de l'UEJF), Nadja Ringart (sociologue), Ahmed Meguini (journaliste militant), Samia Messaoudi (journaliste Beur FM), Loubna Méliane (militante antiraciste), Nadia Amiri (infirmière), Jean-Marie Matisson (président du comité Laïcité République), Olivier Bétourné (éditeur), Christophe Girard (adjoint au maire de Paris chargé de la culture), Didier Idjadi (maire adjoint Verts à Bagnolet), Roland Castro (architecte, candidat à la présidentielle), Corinne Lepage (avocate, candidate à la présidentielle), Dominique Voynet (sénatrice, candidate à la présidentielle).

Associations signataires: SOS Racisme, LICRA, Grand Orient de France, Union des familles laïques (UFAL), Comité Laïcité République, Syndicat national des journalistes (SNJ).




Ce texte est paru dans Libération le 5 février. Si vous souhaitez envoyer vos messages de soutien pendant le procès, vous pouvez écrire à : soutien@charliehebdo.fr (adresse valable jusqu'au 10 février).

Pour ceux qui voudrez assister au Procès de Charlie Hebdo, rendez-vous au Tribunal de Grande Instance de Paris devant la 17ème chambre le mercredi 7 février à partir de 9h et le 8 février à partir de 14h.

Pour voir ou revoir les couvertures de Charlie Hebdo : http://unecharlie.canalblog.com Attention, il y aura du monde et une file d'attente pour entrer. Tout le monde ne pourra pas assister à l'audience dans la salle.

Judith
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