Ce code du travail que l'on démolit

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Ce code du travail que l'on démolit

Message par gaia le Mer 15 Fév 2006, 00:09

Ce code du travail que l'on démolit
Le contrat nouvel embauche proposé par Villepin légitime la précarité et avantage les patrons.
La dernière flèche décochée par Villepin s'est plantée dans le mille. Le CNE attaquent le code du travail au coeur. Jusqu'ici la règle d'or était la suivante : l'employeur avait l'obligation de justifier tout licenciement. Or la possibilité qui vient d'être donnée à ce dernier de se séparer d'un salarié sans lui fournir d'explication fait basculer la france deux siècles en arrière. On en revient, d'une certaine manière, au code Napoléon, instituant le contrat de louage de services qui prévoyait qu'en cas de contestation entre le maître et le domestique c'était le maître qui avait le dernier mot s'alarme Phillipe Brun, avocat spécialisé dans le droit du travail. Paradoxe : le premier ministre s'insurge contre le développement de la précarité qu'il juge inacceptable, mais il l'officialise à travers ce contrat tout ce qu'il y a de plus légal. Au nom du principe par ailleurs difficilement contestable : contre le chômage il faut tout essayer!
Nouveau prolétariat :
dominique de villepin est en contradiction permanente explique jean claude mailly, secrétaire général de FO. D'un coté, il dit je suis républicain, de l'autre , il prend sans concertation des décisions qu'il puisse dans sa boite a outils ultralibérale. Et provoque, in fine, l'implosion du contrat de travail indéterminée, réclamé à corps et à cri par le MEDEF.
A partir du moment où l'on commence à remettre en cause le code du travail, on peut penser que l'idée sous jacente est d'étendre ce type de contrat à l'ensemble de la population, prédit bernard brunhes, expert en relation du travail et hostile au cpe. Un coup de pied fatal donc, dans notre édifice social, et déjà très ébranlé par toute une série de mesures comme autant de coups de bélier.
L'entreprise de démolition a débuté dès les années 70, quand la droite a donné une base légale à l'intérim et aux cdd, alors confidentiels. L'idée étant déjà d'accroitre la fléxibilité pour lutter contre le chômage de masse naissant. A partir de 1981, la gauche passe résolument l'étape suivante. Elle rétablit le temps partiel annualisé et le travail intermittent, après avoir introduit dans le code du travail le travail a temps choisi. Une notion qui englobe les contrats atypiques et qui, surtout, exonère les patrons de charges sociales substancielles.
Toujours est-il que le dispositif fait malheur dans certaines activités, comme le commerce et les services. Un secteur quasi déserté par les syndicats, où quelques 2 millions de salariés, en cumulant flexibilité, précarité, pauvreté font partie de ce nouveau prolétariat qui constate Patrick Brody, responsable cgt de la fédération du commerce, ressemble beaucoup à l'ancien, du point de vue de l'exploitation subie.

extrait de marianne

gaia
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Re: Ce code du travail que l'on démolit

Message par tiijan le Mer 15 Fév 2006, 00:28

ça, c'est pas la peine de le rappeler: on est au courant... le souci c'est après: on en fait quoi? on réagit comment?



tiijan .. qui ne se sent pas efficace
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Re: Ce code du travail que l'on démolit

Message par Nonette le Mer 15 Fév 2006, 07:50

Ouais salut Gaïa, enchantée.
Encore une rescapée d'un forum croulant ? Welcome in.
Y a des topics déjà sur le sujet cocotte, mets à la suite please.

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Re: Ce code du travail que l'on démolit

Message par Parigi le Mer 15 Fév 2006, 08:25

On peut rebondir sur le sujet du topic. J'en avais déjà parlé vaguement lors du débat sur le CPE, la fameuse réécriture du Code du Travail.
Voici un article du monde sur la réécriture du Code du Travail.

La réécriture du code du travail entre dans sa phase concrète et inquiète les syndicats

LE MONDE | 29.11.05 | 15h25 • Mis à jour le 30.01.06 | 11h15

"Simplifier", "rendre plus lisible" le code du travail : telle est la mission que le gouvernement a confiée au directeur des relations du travail (DRT), Jean-Denis Combrexelle, en février. La tâche est gigantesque car le code n'a pas été réécrit depuis 1973, et sa complexité n'a d'égal que son volume — quelque 2 600 pages —, en comptant les nombreuses annexes et réglementations qui participent du droit du travail. L'entreprise était surtout délicate pour M. Combrexelle, tiraillé entre un patronat qui voit dans cette somme un obstacle à la création d'emploi, en raison de sa complexité et de son caractère "trop contraignant", et des syndicats qui estiment le droit du travail menacé.

DOUBLE DISCOURS

Pour essayer d'emporter l'adhésion des uns et des autres, le ministre délégué à l'emploi, Gérard Larcher, n'a eu de cesse de rappeler que ce travail de réécriture devait se faire "à droits constants". Mais, dans le même temps, il expliquait au Monde, en juillet, que "le code du travail doit évoluer pour tenir compte de l'évolution du monde économique et des nouvelles organisations du travail". Un double discours jugé suspect côté syndical, même si, en effet, la réglementation du travail a beaucoup changé, notamment cet été, avec les ordonnances du plan d'urgence pour l'emploi qui a mis en place le contrat nouvelles embauches.

Suite sur : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-734511,36-715463@51-734526,0.html

voir aussi : http://www.latribune.fr/News/News.nsf/AllByID/OFRBS-FRANCE-VILLEPIN-CODE-DU-TRAVAIL-20060116TXT et http://www.cohesionsociale.gouv.fr/presse/communiques-presse/lancement-recodification-du-code-du-travail-un-code-revise-pour-centenaire-du-ministere-2006-186.html

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Re: Ce code du travail que l'on démolit

Message par Nonette le Mer 15 Fév 2006, 08:52

Je retrouve plus un article d'hier super intéressant, qui expliquait que les premiers dossiers concernant des licenciements pour cause de CNE arrivaient aux Prud'hommes (soit déambulation en jogging un jour de congé dans le supermarché où tu le type bossait, contestation pour paiement des heures sup' et autres joyeusetés).

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Re: Ce code du travail que l'on démolit

Message par Parigi le Mer 15 Fév 2006, 09:01

Le voilà ton article Nonette Wink : http://www.liberation.fr/page.php?Article=355878

Et meme si tous les patrons ne sont pas ainsi, la tentation peut être forte et fallait pas s'attendre à autre chose....

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Re: Ce code du travail que l'on démolit

Message par Nonette le Mer 15 Fév 2006, 09:22

Parigi a écrit:
Et meme si tous les patrons ne sont pas ainsi, la tentation peut être forte et fallait pas s'attendre à autre chose....
Le mien venait du Monde, mais c'est la même info évidemment.
Certains s'attendaient à autre chose, c'est justement ce qui est dramatique, le nombre de personnes qui pensent que ça vaut le coup, que c'est tout à fait justifié par rapport à l'économie, leur situation d'employé etc.

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Re: Ce code du travail que l'on démolit

Message par Amazone le Mer 15 Fév 2006, 09:47

tiijan a écrit:ça, c'est pas la peine de le rappeler: on est au courant... le souci c'est après: on en fait quoi? on réagit comment?



tiijan .. qui ne se sent pas efficace

On se rassemble, on se révolte. On dit "non" quand on est pas d'accord.

Le pb, c'est que les gens ont pris l'habitude de se laisser guider, de se faire assister (moi y compris... quoi que des fois l'envie me prend de sortir des rangs pour aller manifester seule devant l'Elysée avec une banderole faite en papier Q)

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Re: Ce code du travail que l'on démolit

Message par La-garance-voyageuse le Ven 06 Avr 2007, 15:42

"La vie, la santé, l'amour sont précaires. Pourquoi le travail ne le serait-il pas ? - Faut-il brûler le Code du travail ?" de Gérard Filoche

"La vie, la santé, l'amour sont précaires. Pourquoi le travail ne le serait-il pas ?* proclame Laurence Parisot, présidente du Medef.

Nicolas Sarkozy est ovationné par le Medef lorsqu'il défend une "rupture" avec le "modèle social français". Ensemble ils veulent mettre à bas le droit du travail et généraliser la précarité. Madame Parisot veut même changer l'article 34 de la Constitution française pour enlever aux élus du peuple le pouvoir de légiférer souverainement sur le droit du travail et la protection sociale. Elle défend un système corporatiste où domineraient employeurs et actionnaires, au détriment des salariés.

Ce livre analyse la déconstruction de 150 ans d'histoire républicaine et sociale. Avec l'instauration du CNE, qui permet de licencier sans motif, le rétablissement de l'apprentissage pour les jeunes à 14 ans, MM. de Villepin et Larcher avaient mis en chantier la réécriture des 3 851 articles du Code du travail, à droits très allégés. Leurs buts ? Mettre à mal le CDI, le droit du licenciement, la durée légale du travail, le droit de grève, les droits syndicaux, l'inspection du travail...

Mais la formidable mobilisation des jeunes et des salariés contre le CPE, appuyée par une écrasante majorité de l'opinion, les a contraints à reporter leur projet après la présidentielle.

Si la droite gagnait avec Nicolas Sarkozy en 2007, communautarisme et corporatisme seraient les deux mamelles de "la France d'après".

À tous les citoyens de découvrir l'ampleur de cette menace. À la gauche de défendre une véritable alternative.


*Cette déclaration, qui a inspiré le titre de l'ouvrage, est parue dans Le Figaro du 30 août 2005.

Gérard Filoche, 55 ans, titulaire d'une maîtrise de philosophie, inspecteur du travail, militant syndical, responsable politique (PS), est l'auteur entre autre du" Travail jetable NON, les 35 heures OUI" (Ramsay, 1999).

Ce livre est édifiant, je vous mettrai quelques chiffres pour exemple.
Gérard Filoche est encore un homme de gauche même au PS Mr. Green , il dit qu'ils sont encore quelques un à gauche dac et qu'ils espèrent bien ramener le PS à gauche… mais que notamment sur le code du travail, il y a une différence entre UMP et PS. (Et c'est moi qui dit ça !! Shit boude )

J'ajoute que Filoche dit aussi : "Les patrons n'arrêtent pas de parler de souplesse, hors ils n'y a pas plus rigides qu'eux lorsqu'il s'agit de payer…" Spécial dédicace pour Badtrip et celles ds son cas…
Et cet homme inspecteur du travail donne des exemples à la pelle de ce qu'il vit dans le cadre de son travail.
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Re: Ce code du travail que l'on démolit

Message par Taz91 le Ven 06 Avr 2007, 16:54

J'ai rédigé un truc il y a peu sur le modèle des pays scandinaves. Rien à voir avec la France, comme vous le verrez et c'est pour moi un modèle très convaincant.

Enfin je vous laisse juger avec un bout du truc :

[...]
Quelles alternatives possibles au droit du travail français : le modèle des pays scandinaves

Dans les pays nordiques, le secteur privé bénéficie d’une grande liberté d’action et le droit du travail est relativement libéral, mais, en contrepartie, les entreprises acceptent de financer de forts prélèvements fiscaux permettant de garantir que personne ne sera exclus de la société car sans emploi.
Ce système permet également aux entreprises de licencier une partie de leur main d’œuvre pour augmenter leurs profits. Le système fondé sur un principe du « donnant-donnant » offre aux entreprises la possibilité d’augmenter leurs profits en licenciant si besoin tout en offrant une protection aux chômeurs grâce à des prélèvements fiscaux élevés.
Une de ces caractéristiques essentielles est un fort degré d’homogénéité (avec un niveau d’inégalités parmi les plus faibles au monde) et d’intégration. Celui-ci est indissociablement lié à un puissant sentiment de cohésion qui se lit notamment dans un esprit civique beaucoup plus développé qu’en France. L’objectif de ce modèle est que personne n’en soit victime, c’est ce qui assure sa pérennité. Il s’agit d’accepter les restructurations mais en échange garantir que les salariés concernés soient aidés, formés, reconvertis, accompagnés et indemnisés. Ce modèle offre à la fois protection sociale et liberté pour l’entreprise (liberté de licencier en particulier) en faisant en sorte que chaque personne, dans la population active, puisse avoir un emploi, une couverture sociale décente, mais aussi en offrant un emploi adapté aux contraintes (familiales notamment) et des structures collectives (pour la garde d’enfants par exemple) adaptées aux besoins des salariés.

Les pays nordiques ont également fait le choix de développer et de favoriser les emplois très qualifiés et bien rémunérés en s’en donnent les moyens. La recherche et la formation sont très favorisées. Le haut niveau de formation initiale de la population danoise est un autre élément essentiel du modèle : la « formation tout au long de la vie » joue un rôle important
En France, actuellement, plus de 20 milliards d’€uros sont dépensés en allègement de cotisations sociales sur les bas salaires pour les entreprises pour des postes souvent non qualifiés et donc, de facto, menacés par la mondialisation qui a tendance à détruire ces emplois. Cette mesure est qualifiée en Suède comme anti-économique. La politique menée par les pays nordiques en matière de création d’emplois à haute valeur ajoutée technologique, de formations adaptées et de budgets pour la recherche et développement est importante et contraste clairement avec la politique menées en France sur ces sujets.
Le classement de Shanghai, classement mondial des universités, dont l’un des principaux critères d’évaluation est le nombre de publication de travaux de recherche et le nombre de brevets déposés par les universités atteste de cette déficience française en terme de recherche. En effet, pas d’universités françaises classées dans les 10 meilleures universités mondiales, la première apparaissant après la 20ème position.
Par ailleurs, la France est un des pays de l’OCDE qui consacre le moins de budget à la formation et elle se situe dans une moyenne médiocre pour la recherche, très loin derrière les États-Unis, la Finlande et la Suède.
La formation est pourtant un facteur de sécurité pour l’individu et pour la collectivité. Quelqu’un de bien formé est plus productif mais surtout peut s’adapter aux changements, est plus « employable », ce dont on prit conscience les pays nordiques. En France, si les dépenses publiques de formations professionnelles ne sont pas en baisse, les salariés français comparés aux pays nordiques ne sont pas au niveau et n’ont pas la même capacité d’adaptation que les salariés des pays nordiques. Cela explique notamment le nombre de chômeurs longue durée en France qui, pour la majorité, appartiennent aux catégories les moins qualifiées. A chômage égal, la politique de formation peut donc limiter le chômage longue durée en accélérant les changements de métier.

Une des autres grandes différences des pays nordiques est en matière de dialogue social. Contrepouvoir constructif au sein des entreprises, les syndicats danois – qui représentent aussi bien les salariés que les chômeurs – jouent aussi un rôle important non seulement dans la définition mais aussi dans la mise en œuvre de la politique de l’emploi dans la diversité de ses dimensions et de la «formation tout au long de la vie ». En effet, les pouvoirs publics, les syndicats et le patronat dialoguent dans des domaines qui vont bien au-delà du simple code du travail. Ainsi les partenaires sociaux nordiques se réunissent régulièrement pour débattre de la politique industrielle du pays, se concerter sur les orientations économiques, la recherche etc… C’est une politique de longue haleine et de concertation permanente qui porte ses fruits vis-à-vis de la mondialisation notamment.
En Finlande par exemple, le Premier Ministre, des dirigeants de grandes entreprises, les responsables des confédérations syndicales ainsi que les représentants du patronat se réunissent de manière informelle une fois par mois pour discuter de la situation du pays et des éventuelles réformes à entreprendre. Suivant les sujets à traiter, des groupes de travail et de réflexion dont mis en place.
Ce dialogue n’existe pas en France alors qu’il pourrait permettre une discussion entre État, entreprises et partenaires sociaux afin de réfléchir aux réformes à mettre en place.

Les relations professionnelles en Suède sont caractérisées par l’existence d’organisations professionnelles et patronales jouissant d’une grande autonomie vis-à-vis des pouvoirs publics. Même si les pouvoirs publics jouent un rôle important dans les négociations salariales en tant qu’employeur, les interventions du gouvernement sur le marché du travail (en matière de politique salariale) restent très limitées comparées à celles d’autres pays. En France par exemple, dans le cadre des suppressions d’emplois d’Airbus, l’État est intervenu, idem lors de l’annonce des suppressions d’emploi d’Alcatel-Lucent où M. Dominique de Villepin a rencontré Serge Tchuruk (Président du Conseil d’Administration d’Alcatel-Lucent et ex-Président d’Alcatel) et Jean-Christophe Giroux (Président d’Alcatel-Lucent France).
Néanmoins, on notera que les interventions des pouvoirs publics dans les pays nordiques se sont multipliées au cours des dernières années. On assiste, en outre, en Suède à partir des années 1980, à une décentralisation marquée de la négociation collective (salaire et conditions de travail) au niveau de la branche et de l’entreprise et donc à un abandon d’accords interprofessionnels au niveau national.
A la différence de nombreux pays industrialisés, le mouvement syndical suédois n’est pas divisé en différentes organisations concurrentes représentatives du même type de salariés. Le fort taux de syndicalisation assure aux différentes composante du mouvement syndical un rôle majeur dans la fixation des salaires et des conditions de travail en général. Le taux global de syndicalisation s’élevait ainsi à 83% en 1997.
Contrairement à la France, le Suède n’a pas de « comités d’entreprise », le dialogue social et le processus de négociation au sein de l’entreprise est régi par la Loi sur la Participation des Salariés aux Décisions. En revanche, dans le secteur privé et pour les entreprises ou coopératives d’au moins 25 salariés la Loi de 1987 sur la Représentation des Salariés au sein des Conseils d’administration autorise les organisations syndicales signataires de conventions collectives d’élire des représentants au sein du conseil d’administration.
Les organisations syndicales suédoises sont donc radicalement différentes des organisations françaises. Le taux de syndicalisation fort en Suède donne aux syndicats une représentativité forte. Le contraste est évident avec la situation française, où le syndicalisme est faible (avec un taux de syndicalisation de l’ordre de 5 % dans le secteur privé) et divisé, et où l’État et la loi suppléent de façon traditionnelle à la faiblesse de la négociation collective dans tous les domaines.

Le modèle des pays nordiques semble donc « idéal » pour autant est-il applicable à la France ? En effet, compte-tenu du passif historique et social français et de la résistance au changement affichée par les salariés, il semble difficile de pouvoir appliquer des reformes profondes pour adapter le modèle français au modèle nordique. Pour les salariés français flexibilité du droit du travail rime avec précarité. La crise du CPE a d’ailleurs parfaitement illustré cette crainte. Pourtant le modèle suédois apparaît comme étant plus sociétal que libéral malgré une flexibilité accrue et offre une protection supérieure aux salariés par rapport au modèle français pourtant plus strict et protecteur. Il semble que le modèle nordique ait à la fois mis en place un droit du travail protecteur pour le salarié et flexible pour l’entreprise. Il serait applicable à la France mais cela passe par une acceptation des salariés de changements profonds dans le droit du travail et donc, par conséquent, à un changement complet des mentalités en matière d’emploi mais aussi par une responsabilité sociale des entreprises plus grande afin d'éviter des abus.
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Re: Ce code du travail que l'on démolit

Message par La-garance-voyageuse le Ven 06 Avr 2007, 17:10

Personnellement je ne suis pas convaincue loin s'en faut, peut-être grâce à Magnus Falkehed :



"Le modèle suédois : Santé, services publics, environnement : ce qui attend les Français" de Magnus Falkehed

4ème de couverture :

"Ce n’est pas un hasard si nos ministres, nos élus locaux, nos experts empruntent régulièrement le chemin de Stockholm : les réformes menées tambour battant par la Suède durant la dernière décennie sont, à quelques détails près, celles qu’on voudrait aujourd’hui nous faire adopter en France.

- Voici un pays où le nombre de fonctionnaires est en chute libre
- Où le système de santé repose sur la prévention et la maîtrise des coûts
- Où les directeurs d’école sont quasiment des chefs d’entreprise
- Où les hommes ont le droit de prendre un congé de paternité de quinze mois
- Où la doctrine en matière de sécurité routière est le « zéro mort »
- Où les handicapés sont intégrés à la vie sociale
- Où les bureaux de poste sont transférés dans des supérettes et des stations-service
- Où les télécommunications, l’électricité et les transports publics sont totalement libéralisés…

Au quotidien, ces réformes ont parfois eu des résultats inattendus. Parce que demain la société française risque en partie de vivre «à la suédoise», le moment n’est-il pas venu, pour chacun d’entre nous, d’y regarder de plus près ?"

Magnus Falkehed, journaliste indépendant, couvre depuis plus de dix ans l’actualité française pour les plus grands journaux suédois.
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Re: Ce code du travail que l'on démolit

Message par Taz91 le Dim 08 Avr 2007, 11:45

Et que dit concrètement ce livre ? Ca m'intéresse bien
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Re: Ce code du travail que l'on démolit

Message par parigi le Lun 09 Avr 2007, 10:45

Juste, ce qui me gêne dans ces comparaisons de systèmes, en-dehors de tout aspect politique, c'est que comme l'on dit, il faut comparer ce qui est comparable. Je crois me rappeler que le système nordique a été repris par quelques candidats actuels à la présidence de la république pour en vanter ses bienfaits. Je pense à Sarkozy et Royal plus particulièrement. D'une part, la population (courbe démographique et nombre d'habitants) n'est pas la même et sauf erreur de ma part, je crois que certains pays Nordiques en reviennent.
Cela me fait penser à l'époque ou l'on mettait en avant le système britannique sous Blair pour ses libertés, la baisse du chômage significative ou la non augmentation de celui-ci, jusqu'à ce que l'on comprenne que beaucoup de personnes étaient mises dans la case "hors recherche d'emploi pour raison X", ce qui avait un effet sur les chiffres statistiques, puisque pas comptabilisées et sur le coût pour l'Etat. Ils en reviennent d'ailleurs.
Cela me rappelle d'ailleurs la polémique, justifiée ou non entre notre ministère du Travail, l'enquête INSEE et EUROSTAT sur les chiffres du chômage en France, selon la comptabilisation.
C'était une parenthèse comme ça.

Des pays mettent en place des politiques pour favoriser le travail, mais à mon sens, ils le font selon leur culture, leur démographie et leur économie. On ne peut pas appliquer le "packaging" ailleurs comme cela.
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Re: Ce code du travail que l'on démolit

Message par La-garance-voyageuse le Lun 09 Avr 2007, 12:34

Et que dit concrètement ce livre ? Ca m'intéresse bien

Il explique les "distortions" liés à ces réformes, vantées comme modèles. Je mettrai des exemples Taz91, mais après avoir donner des chiffres et des exemples du bouquin de Filoche. C'est du boulot… dac
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Re: Ce code du travail que l'on démolit

Message par fitzouille le Lun 09 Avr 2007, 22:49

Nous sommes dans un système hors équilibre.
Gouverner la France en oubliant cela est aller à la perte.
Il faut penser loin avec assez de pragamatisme, fermeté et doigté.

La France reste particulière même si les exemples peuvent aider mais ils ne doivent absolument être pris à la lettre.
Une solution à un problème peut être desastreux si il est appliqué à un problème légèrement different.
Un grain de sable peut créer une avalanche.

Les élections prochaines est très importante. L'espoir en l'avenir, la gestion au mieux des projets de la France, un climat de confiance est nécessaire mais pas suffisante.

Votez en votre âme et conscience.
Ce vote est très important.
Mais de tout façon même si les politiques peuvent changer beaucoup de chose, mais NOUS nous sommes les forces vives.
A nous de croire à nos rêves, de tout faire pour les réaliser.
Il nous faudra penser de toute nos forces pour que les liens entre les entités de la france ne se brisent.
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Re: Ce code du travail que l'on démolit

Message par Taz91 le Lun 09 Avr 2007, 22:58

Je suis d'accord avec toi Parigi sur le fait que l'on ne peut pas reprendre un "packaging" tel quel. En revanche, je pense que l'on peut s'inspirer des modèles d'autres pays (et pas seulement des pays scandinaves). Aujourd'hui le constat est là, certains métiers disparaissent face à la mondialisation et les délocalisations croissantes, la précarité augmente et j'en passe.
Comment donc faire face à ces difficultés sans regarder ce qui se passe ailleurs ?
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Re: Ce code du travail que l'on démolit

Message par fitzouille le Lun 09 Avr 2007, 23:47

Innovation doit être notre maitre mot.
Regarder ailleurs bien sûr mais sans pour autant faire un copier coller des méthodes non-adéquates.
Nous devons éviter de penser à court terme.

Il ne faut pas oublier que tout est lier.
L'europe doit être unis pour batir des liens entre peuble si different.

Tout une méthode de mangement à revoir ...
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Re: Ce code du travail que l'on démolit

Message par badtrip le Mar 10 Avr 2007, 08:59

Au point où j'en suis je dirais: peu m'importe le type de code du travail, ce qui compte c'est de le faire appliquer. Donner les moyens qu'il fonctionne, quelles que soient les directions choisies.
Par exemple les Prud'hommes c'est un truc qui fonctionne, c'est très bien, mais pas si tu dois y aller tous les 6 mois, pour un boulot qui en a duré deux, et que tu as besoin de solution immédiate parce que tu t'es fait virer sans revenu, et après avoir gagné le Smic et encore.

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Re: Ce code du travail que l'on démolit

Message par Taz91 le Mar 10 Avr 2007, 09:44

Justement tu es l'exemple même qui montre que le droit du travail n'est pas très en adéquation avec les "réalités du travail", j'en viens donc à penser qu'engager des concertations pour réfléchir à une refonte du droit du travail peut-être une solution.
Bien sûr, ces concertations ne doivent pas se faire uniquement au niveau étatique mais au niveau global en prenant aussi en compte les entreprises (petites et grandes), les syndicats et les salariés.
Si on regarde bien, le CPE a soulevé un énorme tollé parce qu'il a été imposé par le gouvernement sans que personne, et notamment les jeunes, n'ait été consulté au préalable alors qu'au fond, certaines mesures (notamment le fait que les entreprises ne payent pas de charges sociales les 2 permières années) n'étaient pas forcément mauvaises... Une consultation des jeunes sur le sujet aurait permis de cerner leurs besoins et d'éviter d'imposer certaines mesures impopulaires et menant finalement à la situation que l'on a connu.
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Re: Ce code du travail que l'on démolit

Message par badtrip le Mar 10 Avr 2007, 10:27

Je ne sais pas si le fait que le droit ne soit pas respecté signifie qu'il n'est pas adapté... (en même temps je suis la première à argumenter de cette manière pour ce qui est du mariage homo alors bon)
Une concertation, une vraie, pourrait être une bonne chose. J'y croirais si on me la présentait sous l'angle: c'est pas normal que des gens bossent et arrivent pas à survivre plutôt que sous l'angle que peut-on faire pour aider l'Entreprise ?... C'est pour ça que tout bloque au niveau des syndicats, des salariés, etc.: c'est qu'on n'a pas du tout confiance et qu'en gros, on pense que toute modification ne peut que nous faire du mal. Ce qui est caricatural mais juste tant que l'on fait passer l'Entreprise avant l'humain.
Je suis bien placée pour savoir qu'il y a entreprise et entreprise, que les grosses avalent les petites et avant ça leur font faire le sale boulot qui les pousse ou les contraint à tricher avec le droit et à écraser leurs employés. C'est la même chose dans le domaine du social, dont l'état se décharge auprès des asso qui sont contraintes de faire bosser des gens dans des conditions inacceptable (tandis que les fonctionnaires de l'état distribuent les subventions comme des bons points, et que les gros groupes investissent des bribes de capitaux dans les petites boîtes et se ressucrent dessus en leur envoyant des consultants...)

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Re: Ce code du travail que l'on démolit

Message par Taz91 le Mer 11 Avr 2007, 09:41

Pas grand chose à dire de plus je suis d'accord avec toi Badtrip.
Les concertations sont pour moi le meilleur moyen de faire avancer les choses mais uniquement lorsque tous les acteurs concernés sont entendus. La plus grosse difficulté est en fait de pouvoir travailler ensemble lorsque l'on a des intérêts divergents, ce qui est le cas des entreprises et des syndicats par exemple. Tant que les acteurs seront incapables de faire des concessions, les choses stagneront et finalement ce sont les gens comme toi qui continueront à payer pour les failles du système (l'entreprise n'est pas pour moi la seule responsable, le blocage des discussions de certains syndicats cause d'énormes préjudices aux salariés, je le vois tous les jours dans mon boulot).
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Re: Ce code du travail que l'on démolit

Message par parigi le Mer 11 Avr 2007, 11:12

Bon, me revoilà. Je suis bien sûr d'accord avec vous quand vous dites qu'il est nécessaire que la législation du travail, il faut qu'elle évolue. Je suis aussi d'accord, pour regarder ailleurs ce qu'il se fait. Cependant, je pense qu'aucune solution "trouvée" ailleurs n'est applicable tel quel ici et là je reviens à mon aspect "culturel".
Je pense que cela ne peut se faire, en effet qu'avec des syndicats, le patronnat, l'Etat, mais en ayant à l'esprit que cette refonte ne doit léser personne et qu'elle doit profiter à tout le monde, car le but quand même, est d'éviter la précarité (je pense au temps partiel etc), si importante aujourd'hui, tout en permettant aux entreprises (PME-PMI et groupes) de recruter. Cela veut dire, pour moi, qu'il faut rétablir la confiance perdue entre les salariés et les entreprises car ça, c'est primordial pour la suite. A partir de ce moment-là, il y aura moins de méfiance et ce droit doit évoluer sans qu'on y perde sa chemise. Et donc là, même si j'ai abordé le sujet par mes propos ci-dessus, j'arrive à l'aspect culturel, qu'il me paraît indispensable aujourd'hui. Car si objectivement, ce droit évolue, cela veut dire que toute la société doit évoluer et pas seulement, les patrons et les salariés. (Ce sujet avait commencé à être abordé avec le CPE et le CNE.) Donc cela veut dire que la culture des banques, des bailleurs, des assureurs et donc de tous les acteurs principaux de nos vies quotidiennes..., doit évoluer aussi, sinon tout ceci n'aura servi à rien et la précarité du salarié existera toujours, toujours plus grandissante. Voilà pourquoi je parlais de culture et de l'évolution nécessaire de celle-ci afin que vraiment cette évolutio, du droit du travail soit viable pour tout le monde.
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Re: Ce code du travail que l'on démolit

Message par fitzouille le Ven 13 Avr 2007, 09:49

tu as raison parigi
nous sommes tous liés les uns aux autres

le problème est plus complexe ... changer encore la donne n'est pas l'urgent.

l'urgent est + de retisser les liens de confiance entre nous.
entre employeurs / employer ... entre politiques/ votant .... l'état/ contribuable ....
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Re: Ce code du travail que l'on démolit

Message par Nonette le Ven 13 Avr 2007, 12:59

fitzouille a écrit:
l'urgent est + de retisser les liens de confiance entre nous.
entre employeurs / employer ... entre politiques/ votant .... l'état/ contribuable ....
Un genre de gagnant-gagnant quoi. Merci batwoman

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Re: Ce code du travail que l'on démolit

Message par fitzouille le Ven 13 Avr 2007, 13:06

Nonette a écrit:
fitzouille a écrit:
l'urgent est + de retisser les liens de confiance entre nous.
entre employeurs / employer ... entre politiques/ votant .... l'état/ contribuable ....
Un genre de gagnant-gagnant quoi. Merci batwoman
*

???????

le gagnant gagnant est important oui pour l'instant c'est rarement le cas
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