Ce code du travail que l'on démolit

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Re: Ce code du travail que l'on démolit

Message par Taz91 le Ven 13 Avr 2007, 14:29

Nonette a écrit:Un genre de gagnant-gagnant quoi. Merci

Et les liens, très chère, tu en fais quoi ?

Sinon pour rebondir sur le post de Parigi, avec qui je suis totalement d'accord, je me demande aujourd'hui dans quelle mesure ce changement culturel est-il possible ? Et comment l'amorcer ?
Si quelqu'une a déjà réfléchit à ce sujet qu'elle se fasse connaître ou qu'elle se taise à jamais batwoman
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Re: Ce code du travail que l'on démolit

Message par fitzouille le Ven 13 Avr 2007, 14:43

Taz91 a écrit:
Nonette a écrit:Un genre de gagnant-gagnant quoi. Merci

Et les liens, très chère, tu en fais quoi ?

Sinon pour rebondir sur le post de Parigi, avec qui je suis totalement d'accord, je me demande aujourd'hui dans quelle mesure ce changement culturel est-il possible ? Et comment l'amorcer ?
Si quelqu'une a déjà réfléchit à ce sujet qu'elle se fasse connaître ou qu'elle se taise à jamais batwoman

on y a déjà réflechi
je te conseillerai peut être découter quelqu'un comme zazz qui est dans le métier depuis longtemps (elle te parlera d'un temps ou les rh n'avait pas exactement les même position qu'aujourd'hui)
^peut être aussi des assos comme café d'avenir qui essaye d'amorcer une communication entre les jeunes diplomés et le monde de l'entreprise
peut être aussi écouté mon suivi café d'avenir ancien pdg d'un grand groupe français de te parler du lien de confiance brisé entre les salariés et les entrepreneurs
le traumatisme subit par ses patrons après l'images desastreuses données par le cpe
regardes aussi les actions du medef ces derniers temps

beaucoup assos de gens font le même constat des assos essaye de changer les choses malgrès leurs grandes difficultés

le lien de confiance c'est ça qu'il faut rebatir
et ça c'est à tout le monde de le faire très chère ... à tout les niveau
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Re: Ce code du travail que l'on démolit

Message par badtrip le Ven 13 Avr 2007, 15:08

Je ne crois pas là qu'il s'agisse d'un problème de confiance mais de volonté, de choix d'un système. Est-ce qu'on choisit un système où on redistribue, où on privilégie (d'une manière ou d'une autre, à un degré ou un autre) la vie en commun plutôt que le profit, la solidarité plutôt que la concurrence ? Sinon c'est pas possible. Sinon les "gens comme moi" n'ont aucune chance, et c'est tout.
Tu ne peux allumer un poste de radio une minute sans entendre le mot "entreprise". Est-ce que c'est une nouvelle religion, un nouveau dogme ? Dans ces cas-là il faut le dire. Et il faut aussi dire ce qu'on entend par ce mot, "entreprise". Parce que c'est peut-être le plus gros mensonge démago de cette campagne d'essayer de faire croire que PME de 10 personnes et gros groupe = même combat.
Il y a des gros groupes qui tournent non en faisant du bénéfice en vendant leurs produits, mais en faisant circuler du fric virtuel dans des circuits bancaires (fonds d'investissement, stocks options, crédit, tout ce que vous voulez). Et des petites "entreprises" (dont la droite libérale fait semblant de nous raconter qu'elles sont l'avenir de la France) qui sont écrabouillées par ces gros groupes de la même manière que les "salariés" éjectables comme moi le sont par ces mêmes petites entreprises (parce qu'elles n'ont pas le choix, ok). Ce que je vis depuis deux ans avec toutes ces boîtes, c'est toujours la même chose; j'ai eu un patron affreusement malhonnête, un autre très intègre, et c'est exactement la même chose, c'est structurel. Mon patron du moment, j'ai confiance en lui, mais je coulerais avant lui, c'est comme ça. Parce qu'il a les moyens de vivre à crédit, et pas moi.

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Re: Ce code du travail que l'on démolit

Message par parigi le Sam 14 Avr 2007, 09:54

On peut avoir toute la volonté du monde, si on n'a pas la confiance bilatérale, comme dans toute relation, contractuelle ou non, on a rien.
Je comprends ton point de vue Badtrip qui est du vécu et je le respecte totalement. Des entreprises ont toujours fermé et d'autres se sont créées, ce qu'il faut peut-être voir c'est comment elles ferment et pourquoi. Le comment c'est est-ce que ton employeur respecte la législation ou s'il profite des vacances pour vider l'entreprise et installer son matériel ailleurs (dans un autre pays généralement) comme un voleur et que toi tu te pointes pour bosser et local vidé entièrement ou en partie, sans te payer ce qu'il te doit. C'est un type, qui lui a les moyens de se négocier un contrat de travail en béton pour, quoi qu'il arrive, quels que soient ses résultats, il puisse partir avec 8 millions d'euros et avec une "retraite chapeau" comme ils appellent cela, retraite re-complémentaire jusqu'à la fin de ses jours, en plus que ce qu'a tout citoyen (retraite normale et complémentaire) et là je pense à Forgeard.
Je pense qu'en effet, on n'échappe tout simplement pas à l'entreprise, PME ou PMI ou grands groupes car on doit travailler pour manger, payer les factures, surtout si tu ne veux pas te faire traiter d'assisté, de profiteur ou de feignant.
Donc je crois que oui, il faut qu'il y ait une refonte du droit du travail, de la relation entre le salarié et employeur (un salarié ne fait pas la manche et doit être rémunéré à hauteur de ce qu'on lui demande par rapport à ses compétences), de la confiance entre ces deux protagonistes. Mais comme je le disais auparavant, ce n'est pas suffisant et il faut que les autres acteurs de notre vie quotidienne intègrent ces changements aussi afin, qu'eux aussi changent leurs relations contractuelles avec le "client".
Il doit y avoir une réflexion de fond dans la société afin que le fossé qui se creuse, là je pense, par exemple, à ceux qui bossent et qui ne peuvent pas trouver de logements car contrats précaires ou au SMIC, on ne veut rien leur louer, on ne veut pas prendre de "pseudo" risque de...
Et je vais rebondir sur un truc aussi qui dérape sérieusement : le crédit.
Dans les années 80, les crédits à la consommation (avec des taux prohibitifs) se sont étendus, pour relancer la consommation des ménages. Donc, on s'est retrouvé avec des milliers de familles que se sont retrouvées surendettées. En 1989, je crois, la loi Neiertz est venue faire un peu de ménage et réglementer l'attribution de ces crédits afin d'éviter le surendettement et la commission de surendettement est créée. Et donc pendant quelques années, les gens épurent leur dette et le crédit est mieux géré on va dire. Mais dans les années 2000-2002, de nouveau, on veut relancer la consommation (dixit mon conseiller bancaire de l'époque) et là, on n'oublie la loi Neiertz ou on la contourne, et création, de nouveau, de toutes sortes de crédits. Je me souviens d'un de mes salariés qui avait un mois de salaire en crédit utilisable tout de suite sans rien demander. Et à cette époque, je me suis dit, eh bien le surendettement, si on fait cela, va repartir, c'est une catastrophe et pas raté. La commission de surendettement n'a jamais eu autant de demandes que ces derniers temps.
Alors en effet, le crédit, qui est un exemple, peut paraître bien hors sujet par rapport à la refonte du code du travail. Mais c'est un "dommage collatéral" comme un autre qui augmente la précarité, d'où la réflexion de fond et l'aspect culturel dont je parlais que l'on ne peut pas ignorer si l'on veut supprimer la précarité.
Je ne sais pas si je suis très claire mais bon, faut m'excuser, un petit peu, il est tôt...
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Re: Ce code du travail que l'on démolit

Message par badtrip le Mar 17 Avr 2007, 09:15

Je crois que le surendettement est un problème énorme, oui. L'an dernier, j'ai fait un reportage aux Restos du coeur dans une toute petite ville (deux mille habitants); ils avaient une nouvelle famille qui s'inscrivait toutes les semaines, ils n'avaient jamais vu ça; dans un certains nombres de cas c'étaient à cause de surendettements venus de micro-crédits.
Sur la précarité je suis d'accord avec Parigi: c'est un phénomène qui a d'autres facteurs en plus du code du travail. Ceux qui veulent assouplir le code du travail dans le sens "flexibilité" doivent prendre ça en compte: changer de boulot souvent n'est possible que si 1) tu as une chance d'en trouver un autre avant un an; 2) on accepte de te louer une maison, par exemple; 3) tu as été payé suffisamment correctement pour vivre décemment pendant que tu bossais, voire en mettre un tout petit peu de côté (par payé décemment j'entends 1000-1200 nets euros par mois, pas la lune!).
Si tu bosses pour, mettons moins que le Smic, ce qui est souvent le cas avec les boulots "précaires" car en plus d'être à court terme ils contournent les lois; tu es dans un danger et une tension permanente, tu as tout le temps la tête sous l'eau financièrement, sans parler de l'usure morale. La refonte du droit du travail ne peut se faire dans le sens de la souplesse que si les gens qui sont mis en danger par la perte de leur boulot ne le sont pas sur d'autres plans: si les loyers sont moins chers, moins difficiles à obtenir, si les transports sont moins chers, si tu es protégé des compagnies de téléphone qui t'extorques du fric que tu leur dois pas, etc.

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Re: Ce code du travail que l'on démolit

Message par La-garance-voyageuse le Mar 17 Avr 2007, 13:31

En fait je suis atterrée et assez effarée de constater que le discours dominant a réussi à instiller sa « philosophie » un peu partout. Souplesse du code du travail, moins de droits, trop d’acquis sociaux etc. etc.

La France n’a jamais été aussi riche, sa richesse a augmenter de 55% depuis la fin de la seconde guerre mondiale.
La sécurité sociale a été mise en place à la fin de la guerre alors que la France était exsangue tant financièrement qu’humainement. Les travailleurs ont lutté au prix de leur vie parfois, pour que chaque personne vivant dans notre société puisse bénéficier d’une protection sociale grâce aux cotisations sociales qui ne sont pas des charges comme elles nous sont présentées aujourd’hui, mais bien des cotisations sociales, pour le bien de tous, et notamment pour ceux qui subissent à un moment donné de leur vie des revers de médailles.

En 20 ans, les entreprises ont augmenté leur bénéfice de 10 points de PIB ce qui correspond à 160 milliards d’euros. Il y a 20 ans ces mêmes entreprises se contentaient de 5 %, le reste revenaient aux salariés et à la société. Aujourd’hui ce sont les actionnaires, les grands patrons, qui bénéficient de ces richesses, pas d’investissement dans les entreprises, pas d’investissement dans la société, exonération de cotisations sociales, moins d’impôts, et demain que fera-t-on pour les hôpitaux ? les routes ? l’école publique ? les transports ? les infrastructures nécessaires à nos vies ? etc. etc.

*1["Cet énorme transfert des salaires vers les « rentes » pèse sur la situation de l’emploi de 2 manières. D’une part, le gel des salaires déprime la consommation : tout pouvoir d’achat supplémentaire est consommé à peu près intégralement par les salariés, mais il est en grande partie épargné par les « rentiers ». Voilà pourquoi les baisses d’impôts ciblées sur les hauts revenus n’ont pas relancés la consommation. D’autre part, la non-redistribution des gains de productivité aux salariés empêche de créer des emplois par réduction du temps de travail. On ne peut aller vers un véritable plein-emploi, c’est-à-dire l’éradication du chômage, sans remettre en cause cette distribution du revenu : ce n’est pas la rigidité du marché du travail qui est la cause ultime du chômage, mais au contraire la rigidité des revenus financiers».]


*2[« Les grands groupe français du CAC 40 ont gagné 57 milliards d’euros en 2003, 66,2 milliards en 2004, 84,3 milliards en 2005. Jamais, de toute son histoire, la France n’a été aussi riche, jamais ses entreprises n’ont fait de tels profits.
Alors qu’en moyenne les marchés financiers pariaient sur une hausse des bénéfices de 10,4% celle-ci a été de l’ordre de 27% en 2005. Le tout en dépit d’une croissance économique de seulement 1,4% dans l’Hexagone.
L’année 2005 consacre les groupes financiers BNP-Paribas, Société générale, Crédit agricole, Axa, mais également Total, porté par la flambée des prix du pétrole. Après Exxon-Mobil (25,33 milliards de dollars), Shell (18,5 milliards), BP (16,2 milliards) et Chevron-Texaco (13,3 milliards), Total a rejoint le club des groupes qui dégagent des profits à deux chiffres (en milliards de dollars) ; 11,2 milliards en 2004 (9 milliards d’euros). « Et le meilleur est encore à venir. » Pour 2006, le cap symbolique des 100 milliards d’euros de bénéfices est annoncé.
France Télécom a dégagé un profit record. Arcelor a vu son bénéfice multiplié par neuf. Gaz de France a gagné 1,6 milliard d’euros (mais augmente le prix du gaz aux usagers et veut diminuer les retraites des salariés). Le fabricant de cosmétiques l’Oréal a, de son côté, réussi à battre les prévisions les plus optimistes, avec un record de 3,6 milliards d’euros. Le groupe Schneider Electric (distribution électrique et systèmes d’automatisme et de contrôle) a annoncé une hausse de 30% de ses profits, à 565 millions d’euros. La Snecma et la Sagem ont conclu un « riche mariage », nous dit-on, avec une élévation de leurs activités de 5 à 6% et de leur rentabilité opérationnelle de l’ordre de 10% ; le bénéfice de la première a augmenté de 28,6% à 234 millions d’euros, et celui de la seconde de 27% à 134,2 millions d’euros. L’équipementier automobile Faurecia, qui avait licencié massivement en 2000, a enregistré une forte hausse de son bénéfice net en 2004, 83,7 millions d’euros contre 10,1 millions d’euros en 2003. Dassault Aviation a vu son bénéfice net croître de 4,4% à 308 millions d’euros, et a réussi a livré quelque 63 avions d’affaires l’an dernier (2005) contre 49 en 2003. La compagnie Air France-KLM a fait état d’une stabilité de ses bénéfices pour le 3ème trimestre de son exercice 2004-2005, en raison du fort impact de la hausse des prix du pétrole. Tous ces groupes s’attendent à progresser encore de 6% voire de 6,8% en 2006.
La France n’est pas du tout en « déclin », elle n’a jamais été aussi attractive, productive, riche, elle est la 4ème puissance industrielle du monde : l’année dernière, les investissements directs étrangers en France (qui mesurent, pour simplifier, les prises de participations et les rachats dans des entreprises françaises, ainsi que les créations d’entreprises par des étrangers) se sont élevés à 49,8 milliards d’euros.
C’est certes moins que sous la gauche en 2001 (58,8 milliards d’euros) mais cela demeure une fort bonne performance, dans la moyenne des cinq dernières années, les meilleurs que la France ait jamais connues.
En matière d’attractivité des capitaux étrangers, l’économie française arrive en deuxième position devant la Grande-Bretagne ; en matière d’exportation de capitaux, elle arrive en 3ème position avec la Grande-Bretagne.
De fait la France figure dans le trio de tête des pays d’accueil des investisseurs, avec les Etats-Unis et le Royaume-Uni. Fin janvier, la Banque de France a d’ailleurs composé une véritable ode au dynamisme du site France : « l’économie française a atteint, au cours de ses dernières années, un excellent niveau de compétitivité » vis-à-vis de tous ses partenaires, qu’ils se trouvent à l’intérieur ou à l’extérieur de l’Union européenne…
La France est le premier pays exportateur, son excédent commercial étant le plus élevé au monde en moyenne dans la dernière décennie ! Et elle est le pays qui a le moins d’inflation, 1,7% en moyenne depuis 10 ans ! C’est le premier pays au monde en matière d’épargne.

Où va cette immense richesse ?

Elle ne va pas aux impôts : ceux-ci ont été baissés considérablement par MM Chirac, Raffarin et Sarkozy depuis 2002, ce qui prive l’Etat des moyens d’une action sociale, amplifie la dette de la nation, aggrave les déficits.
Elle ne va pas aux salaires, elle va aux dividendes. En effet 50% des énormes profits réalisés par les grands groupes de notre pays, des milliards d’euros, ne sont même pas réinvestis, ils sont reversés aux actionnaires. »
]

*1 « Propositions pour des politiques alternatives » Fondation Copernic, éditions Syllepse 7€

*2 "La vie, la santé, l'amour sont précaires. Pourquoi le travail ne le serait-il pas ? - Faut-il brûler le Code du travail ?" de Gérard Filoche

La suite au prochain numéro
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Re: Ce code du travail que l'on démolit

Message par La-garance-voyageuse le Mar 17 Avr 2007, 21:04

Suite de :

"La vie, la santé, l'amour sont précaires. Pourquoi le travail ne le serait-il pas ? - Faut-il brûler le Code du travail ?" de Gérard Filoche

"Selon une étude de la Société générale, les entreprises du CAC 40 ont versé 17 milliards d’euros aux détenteurs de leurs actions en 2005, contre 14,5 milliards l’année précédente. La plupart des groupes ont décidé d’augmenter la part de bénéfices redistribués à leurs actionnaires. En moyenne, les dividendes représentaient 40% des profits des entreprises en 2004, ils ont atteint 46,5% en 2005.
40 000 porteurs de stock-options possèdent environ 15 milliards d’euros.
Cette forte distribution de dividendes provoque une hausse des rendements des titres du CAC 40. Avec de tels rendements, les groupes concurrencent les obligations et les emprunts d’Etat. L’Etat collecte moins d’impôts, il accroît sa dette en empruntant à des taux élevés aux riches… qui prêtent à l’Etat ce qu’ils payaient auparavant en impôt. Et ensuite, les libéraux feignent de s’en indigner, pour donner la « priorité à la réduction des déficits » en serrant la ceinture aux programmes sociaux.

La France est attractive (bons services publics, bonne communication, grande productivité, main-d’œuvre qualifié et fiscalité très basse…) et si les capitaux se portent très bien dans notre pays, c’est parce qu’en France la part des profits accapare 40% de la richesse annuellement créée !! On remarquera que c’est bien plus qu’aux Etats-Unis (33,5%) et qu’en Grande-Bretagne( 31,5%). Tout ce qui précède prouve que l’on pourrait baisser cette part de profit et demeurer aussi attractifs que ces 2 pays.

Mais ni le Medef, ni Sarkozy ne veulent en entendre parler.
Au contraire Sarkozy accuse à tort les socialistes : «Ils disent : "Faisons payer le capital !" Mais si le capital paye trop il s’en ira.»
Là, en une phrase aveu, le soi-disant volontariste Sarkozy abdique toute volonté et tout contrôle par rapport au capital. Comme par hasard…

Le capital se porte très bien en France


Du coup en France, il y avait 378 000 millionnaires en 2005, soit 3,5% de plus que l’année précédente. C’est le Figaro du 28 juin 2006 qui le dit : « la France est un formidable réservoir de grandes fortunes ». D’après ce journal, qui n’est pas réputé d’extrême gauche, 367 000 français sont à la tête d’un patrimoine financier de plus d’un million de dollars (plus de 796 000 euros).

Dans le monde, il y avait 8,2 millions de millionnaires (500 000 de plus en 2005, soit une progression de 8%), dont 793 milliardaires en dollars : 33 000 milliards de dollars au total. La France se classe au cinquième rang derrière quatre pays plus peuplés pour le nombre de millionnaires, mais devant la Grande-Bretagne et l’Allemagne, juste derrière les Etats-Unis.

Le magazine Challenges a publié le classement 2006 des 500 premières fortunes professionnelles de France (issues de la possession d’actions d’entreprises). L’homme le plus riche de France reste Bernard Arnault, PDG et principal actionnaire du groupe de luxe LVMH. En un an, la fortune d’Arnault est passé de 14,3 à 17,2 milliards d’euros. Elle a donc augmenté de 20,2%. Combien de ses salariés pourraient en dire autant de leur salaire ? La fortune professionnelle de Gérard Mulliez, principal actionnaire d’Auchan, s’est accrue de 40% passant de 10 à 14 milliard d’euros, celle du marchand d’armes Dassault de 15%, et celle de la famille Bouygues de 54%.

Ces fortunes indécentes, les grands actionnaires les doivent à la spéculation boursière et à l’augmentation des profits dégagés par le travail de leurs salariés et la politique de licenciements, de blocage des salaires et de dégradation des conditions de travail qu’ils imposent depuis des années à toute la société.

Parmi les noms les plus connus, on retrouve la famille Peugeot (3,4 milliards d’euros), la famille Michelin (1,1 milliards d’euros) ou la famille Durand (600 millions d’euros), principale actionnaire de la cristallerie d’Arques. Laurence Parisot figure en 276ème position dans la liste de ceux dont la fortune ne semble pas menacée de devenir, un jour, précaire.---> (rappel voir titre).

Au total, en un an, les 500 plus grands actionnaires français ont accru leur fortune de 30 milliards d’euros. C’est près de trois fois le montant du déficit de la Sécurité sociale (10,3 milliards d’euros) et l’équivalent de …2,3 millions de SMIC mensuels à 1254 euros."

(…)
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Re: Ce code du travail que l'on démolit

Message par Kai le Mer 18 Avr 2007, 10:52

et parallèlement, on associe une valeur quasi mystique au travail.
le travail reste un échange de competences contre de l'argent (dans le systeme actuel, pas dans l'absolu) qui nous permet de payer un loyer ou un gateau au chocolat. celui ou celle qui souhaite passer tout son temps à travailler (et dans quelles conditions...) est libre de le faire mais ca n'est en aucun cas une obligation ; pourtant c'est comme ca qu'on nous le présente. Or c'est bel et bien par le travail exclusivement que la société aborde la reconnaissance sociale ; "tu fais quoi dans la vie" attend systematiquement une reponse liée à son activité professionnelle et non un "je suis passionnée d'ornithologie et je passe le plus clair de mon temps [libre] à observer les piafs".
le travail est un "putain de travail" avec un "putain de patron" et des "putains de collegues" pour beaucoup de monde (bonjour l'ambiance) quand il pourrait être une activité, tout simplement. Une passion si j'ose employer ce mot hors contexte philosophique.
Et la stigmatisation des chomeurEs est un bel exemple aussi de ce mode de pensée.
C'est pas nouveau tout ca, mais ca s'amplifie. Maintenant et à la différence du milieu du travail il y a 2 siècles, on nous fait croire qu'il y a des droits (ca aura duré à peine un siècle) et qu'il faut du mérite, de la valeur, des ambitions (rien que des termes qui permettent un jugement totalement fictif de l'employeur vers l'employé) pour atteindre le Sublime.
Refondre le code du travail ? Revoir les relations ? Pourquoi ne pas simplement revoir le principe même du travail ?

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Re: Ce code du travail que l'on démolit

Message par La-garance-voyageuse le Mer 18 Avr 2007, 11:12

Oui teutafé !

Plus sérieusement il serait effectivement temps de réfléchir à la notion de travail, de productivité (produire oui, mais quoi et pourquoi, pour qui), de SALARIAT.

Tiens, je crois que j'en connais des passionnées d'ornithologie !

En 20 ans, les entreprises ont augmenté leur bénéfice de 10 points de PIB ce qui correspond à 160 milliards d’euros.
Précision : 160 milliards par an
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