chansons interlopes

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chansons interlopes

Message par TARADITA le Ven 22 Sep 2006, 09:39

c'est le titre d'un double CD de collectage et de collection sorti en juillet 2006.

Présentation du double CD par son concepteur Martin Pénet :
lorsqu’en 1996 j’ai découvert l’association les Gais Musette, fondée et présidée à l’époque par Hervé Latapie, j’ai été séduit par sa volonté de proposer une alternative au « tout techno » qui régnait déjà dans le milieu homo.

Promouvoir les danses à deux entre filles et entre garçons… cela conduisait assez logiquement à redécouvrir qu’il avait existé une subculture homo avant les années 70 et leur militantisme avant tout politique.

J’entends par « subculture » non pas une sous-culture, mais une culture non officielle, non légitime, presque souterraine, pourtant bien réelle et foisonnante. Cette subculture consiste d’abord en des pratiques sociales (modes et lieux de rencontre, codes vestimentaires…), mais elle concerne aussi le monde du spectacle et passe alors par la chanson.

Mes recherches dans ce domaine m’ont en effet permis de dénicher des perles le plus souvent méconnues, car elles n’avaient pas eu l’honneur des rééditions en vinyle ou en CD. Il s’agit rarement de chansons « homosexuelles » à proprement parler - le mot n’apparaît d’ailleurs jamais dans les paroles avant 1970 - mais plutôt de chansons comiques, parfois même grivoises, utilisant le stéréotype de la « folle », ou décrivant des situations de quiproquos fondées sur l’apparence et l’ambivalence.

Les chansons lesbiennes, beaucoup moins nombreuses, font exception par une tonalité plus grave et plus sensuelle, avec souvent des paroles à double sens.

Quand l’envie m’est venue de rééditer ces enregistrements pour les faire connaître au public actuel, il fallait trouver un vocable adapté. Celui d’« interlope », très utilisé dans les années 20 et 30 pour désigner des marginalités peu recommandables, en particulier les milieux homos, a paru tout indiqué. J’ai donc proposé aux Gais Musette de produire une première version de ce CD « Chansons interlopes 1908-1955 » qui est sortie pour l’Europride 1997, laquelle se tenait cette année-là à Paris. Les mille exemplaires pressés à l’époque ont été vendus en quelques mois.

La demande répétée et la découverte de plusieurs perles supplémentaires, l’envie de faire chanter des chansons anciennes jamais enregistrées, m’ont conduit à vouloir renouveler l’aventure, mais en la repensant entièrement : deux CD au lieu d’un seul, un programme qui inclut aussi les années 50 à 60, de nouveaux repiquages bénéficiant des derniers progrès en matière de restauration sonore, un livret plus axé sur les chansons elles-mêmes : voilà l’ambition de ce coffret conçu comme un premier volume. Le second, plus facile à réaliser sur le plan technique, mais nettement plus difficile sur le plan juridique, proposera de redécouvrir la suite, c’est-à-dire la période récente, celle du militantisme et de la banalisation.

De même que la parution du premier CD avait donné à Hervé Latapie l’envie de monter en 2001 le spectacle « Comme ils chantent », la création de son nouveau spectacle « Chantons dans le placard » a fini de me décider. Puisque nombre de chansons sont communes aux deux projets, l’un prolonge l’autre et réciproquement. Chacun contribue à sa manière à faire connaître les prémisses de la « culture gay » et les figures qui l’ont peu à peu ébauchée, à une période où, en France, l’engagement dans ce domaine ne pouvait être qu’individuel.

Mais qu’on n’attende pas une galerie des chanteurs français des années 1900-1960 identifiés comme homo… Il était plus original et pertinent de rassembler une anthologie de chansons qui, par leur texte ou leur interprétation, sont rattachables à une volonté d’expression des différences sexuelles ou de genre.

En revanche, si l’on attend de l’humour Razz et des clins d’oeil Wink , ils seront au rendez-vous !

http://www.boite-a-frissons.fr/spectacles/chantons/cdplacard.htm


Je profite de ce post pour lancer un appel afin de collecter ici des chansons chantées par des femmes et selon vous dédiées à d'autres femmes...

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Re: chansons interlopes

Message par Invité le Mer 18 Oct 2006, 17:38

Merci pour cette découverte, j'aime bien

Ma contribution à ta collect':

http://www.alexandracravero.com/


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Re: chansons interlopes

Message par TARADITA le Mer 18 Oct 2006, 20:19

Merci martina pour ton soutien...du coup je m'y colle et voici les paroles d'une chanson écrite par Edmond Haraucourt en 1934 et chantée avec ferveur par la sulfureuse et non moins lesbienne affichée Suzy Solidor :

Ouvre...
Ouvre les yeux, réveille-toi
Ouvre l'oreille, ouvre ta porte
C'est l'amour qui sonne et c'est moi
C'est moi qui te l'apporte

Ouvre la fenêtre à tes seins
Ouvre ton corsage de soie
Ouvre ta robe sur tes reins
Ouvre, ouvre qu'on voie!

Ouvre à mon cœur ton cœur trop plein
J'irai le boire sur ta bouche
Ouvre ta chemise de lin
Ouvre ouvre tout grand qu'on touche!

Ouvre les plis de tes rideaux
Ouvre ton lit que je t'y traîne
Il va s'échauffer sous ton dos
Ouvre, ouvre l'arène

Ouvre tes bras pour m'enlacer
Ouvre tes seins que je m'y pose
Ouvre aux fureurs de mon baiser
Tes yeux tes seins tes lèvres roses!

Ouvre tes jambes prends mes flancs
Dans ces rondeurs blanches et lisses
Ouvre aussi tes genoux tremblants
Ouvre, ouvre tes cuisses!

Ouvre tout ce qu'on peut ouvrir
Dans les chauds trésors de ton ventre
J'inonderai sans me tarir
L'abîme ce bel abîme où j'entre

Ouvre les yeux, réveille-toi
Ouvre l'oreille, ouvre ta porte
C'est l'amour qui sonne et c'est moi
C'est moi qui te l'apporte

Ouvre les yeux, réveille-toi
Ouvre l'oreille, ouvre ta porte
C'est l'amour qui sonne et c'est moi
C'est moi c'est moi qui te l'apporte
Ouvre les yeux, réveille-toi


Suzy Solidor par Tamara de Lempicka

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Re: chansons interlopes

Message par tiijan le Mer 18 Oct 2006, 21:24

suzy solidor?

... pour moi, c'était une galerie dans le chateau de la ville de mon enfance... tout un tas de portraits dans le chateau du haut de Cagnes....



suzy solidor, sulfureuse, ça j'en avais eu vent... suzy, lesbienne affichée?... trop classe Cool

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Re: chansons interlopes

Message par Styx le Mer 18 Oct 2006, 22:38

article de Wikipedia :

Suzy Solidor, de son vrai nom Suzanne Rocher, née le 18 décembre 1900 à Saint-Servan-sur-Mer ( quartier de la pie) et décédée le 31 mars 1983 à Nice (inhumée à Cagnes-sur-Mer), est une chanteuse française.

Selon ses dires, elle serait le fruit des amours ancillaires d'un descendant de Robert Surcouf.

Au début des années 20, Suzanne Rocher se rend à Paris et devient Suzy Solidor, elle sera mannequin, puis chanteuse de cabaret très connue de 1930 à 1940. C’est à cette période de sa vie qu’elle rencontrera Yvonne de Brémonds d’Ars, qui deviendra sa compagne et avec laquelle elle entretiendra une relation très passionnelle.

Au cours de sa carrière, elle tiendra plusieurs cabarets, dont « La Vie Parisienne » qui sera à la mode de 1935 à 1945 et après le « Chez Suzy Solidor », où se déroula l'essentiel de sa carrière. Pendant l’occupation, son établissement restera ouvert et accueillera de nombreux officiers allemands. À la libération elle passera devant la Commission d'épuration et recevra un blâme et une interdiction d’exercer pendant un an.


Suzy Solidor était l'une des figures emblématiques des années 30 et avec son physique androgyne, ses cheveux « de lin » coupés très courts, ses mœurs (dans certaines de ces chansons, elle célébrait les amours lesbiens), ses amours, ses amis, elle contribuera à donner une grande visibilité au milieu homosexuel parisien des années folles et ouvrira la voie à l'éclosion de nombreux lieux comparables à son cabaret.

Modèle, elle fut portraiturée par de nombreux peintres connus, notamment Picabia, Tamara de Lempicka, Man Ray, Van Dongen et Cocteau et à sa mort, elle léguera à la ville de Cagnes-sur-Mer une partie de sa collection de tableau.


http://fr.wikipedia.org/wiki/Suzy_Solidor

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Re: chansons interlopes

Message par TARADITA le Dim 22 Oct 2006, 20:46

Entre elle et moi des Valentins

Si j'osais, je dirais que mon coeur s'est fait prendre
De la même façon que le sien
Quand j'ai ouvert les yeux,
j'ai pu voir et entendre
Aussi ça ne vous concerne en rien
Si j'osais, je dirais que les corps qui me touchent
Ont le même prénom que le mien
Je ne crains plus tous ceux qui pourraient m'en défendre
Ainsi ça ne vous concerne en rien
C'est entre elle et moi
Une histoire comme il y en a plein d'autres
C'est entre elle et moi


Ca ne regarde personne d'autre
Si j'osais, je dirais aux regards qui me louchent
C'est ma vie, n'en déplaise à certains
J'aime les siens car les siens sont des mots qui me touchent
Aussi ça ne vous concerne en rien
Si j'osais, je dirais je suis comme tout le monde
J'ai l'envie d'une vie ordinaire
On a le droit d'aimer qui on veut comme on veut
Aussi là ça vous concerne un peu
C'est entre elle et moi
Une histoire comme il y en a plein d'autres
C'est entre elle et moi
Ca ne regarde personne d'autre

Interprète : Edith Fambuena et Jean-Louis Pierot
Paroles : Edith Fambuena
Année : 2001

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Re: chansons interlopes

Message par Styx le Mar 24 Oct 2006, 20:30

Chansons homosexuelles des années folles

LE MONDE | 23.10.06 | 15h58 • Mis à jour le 23.10.06 | 15h58
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3246,36-826658,0.html?xtor=RSS-3246

Article paru dans l'édition du 24.10.06

Le coffret est rose bonbon. Il ne faut pas forcément y chercher une allusion aux envies coquines, mais le garçon et la garçonne qui y figurent annoncent la couleur : ce coffret regroupe cinquante-quatre chansons (1906 à 1966) "interlopes", fondées sur des thèmes louches après avoir été illégaux : la sodomie, l'homosexualité, le plaisir sans interdits. "Interlope" est un mot qui fut très utilisé dans les années 1920 et 1930, dominantes dans le coffret, "pour désigner des marginalités peu recommandables", écrit dans un livret passionnant et très complet Martin Pénet, l'historien de la chanson qui les a rassemblées.


"Cette pêche au trésor", poursuit Martin Pénet, a conduit "à découvrir qu'il avait existé une subculture homo, lesbienne et même transsexuelle avant les années 1970". Cette affirmation des goûts sexuels décalés se traduit en chansons grivoises, comiques ou plus graves, surtout quand il s'agit d'homosexualité féminine - les paroles étant souvent écrites par des hommes. Suzy Solidor, Mick Micheyl, Colette Mars, Fortugué féminisent cette compilation fondamentalement masculine.


LA LIBERTÉ DE DIRE


Le coffret s'ouvre avec un gros succès du début des années 1950, Mister Pétale, de Pierre Provence ("Pé, pé, pé, pé pétale, on m'appelle Mister Pétale", un tango à danser en après-midi lascives. Et puis, dans la foulée, Un monsieur aimait un jeune homme, du Guy Béart (1963) chanté par Juliette Gréco, militante du droit à aimer comme on veut - il s'agit du père et du fils, mais le quiproquo est maintenu jusqu'à la fin.

Une fois affirmée la liberté de dire, Martin Pénet choisit le retour sur l'histoire, avec O'dett, le "travesti déchaîné", directeur du cabaret Le Fiacre, où se produira la grande Fréhel et où débuteront Johnny Hess et Charles Trenet. Comparse de Pierre Dac, vedette du music-hall, O'dett puisait une partie de son répertoire dans celui du tout début du siècle - comme cet affriolant Roustalamagna, de Géo Koger et Vincent Scotto, comique troupier, coquin, tangent, enregistré en 1936 ("Chez moi, habitent deux demoiselles/Elles font leur petite cuisine entre elles/Et même la roustalamagna labachika..."

Les jeux sont multiples. Jacki nous décrit celui de La Tapette en bois (1933), pour lequel "chacun fait la queue" ; Jean Préheu décrit le Scandale teuton (1908) ; Maurice Chevalier découvre que C'était une fille (1920) ; Dranem demande à Henri pourquoi il n'aime pas les femmes ; Charpini et Brancato parodient Le Chanteur de Mexico (Nous voici réunis, sur l'air de Quand on est deux amis...).

Pour conclure, un échantillon de Dranem, qui décrit les travaux du métro observés de sa fenêtre où il fume la pipe par un homme aux idées "interlopes" dans le Trou de mon quai : "Y'a un quai dans ma rue, y'a un trou dans mon quai, vous pourrez donc contemplez le quai de ma rue et le trou de mon quai..." Au dernier coup de pelle, le trou de son quai sera bouché...


--------------------------------------------------------------------------------

Chansons interlopes, coffret de 2 CD Labelchanson.

Véronique Mortaigne

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Re: chansons interlopes

Message par TARADITA le Ven 17 Nov 2006, 15:05

Pour illustrer les propos de Styx voici issue du disque « Chansons interlopes », une autre chanson sans équivoques chantée par Suzy Solidor en 1933

Obsession

Chaque femme…je la veux
Des talons jusqu’aux cheveux
J’emprisonne dans mes vœux
Les inconnues…

Sous leurs jupons empesés
Mes rêves inapaisés
Glisse le sournois baiser
Vers leur peau nue…

Je déshabille leurs seins
Mes caresses par essaims
S’abattent sur les coussins
De leur poitrine…

Je me vautre sur leur flanc
Ivre du parfum troublant
Qui monte des ventres blancs
Vers mes narines…

Douce, je promène ma main
Aux rondeurs du marbre humain
Et j’y cherche le chemin
Où vont mes lèvres...

Ma langue en fouille les plis
Et sur les torses polis
Buvant les divins oublis
J’endors mes fièvres...

Paroles : Edmond Harancourt et musique : Laurent Rualton


Embarassed je retourne à mes fourneaux moi... :byebye:

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Re: chansons interlopes

Message par La-garance-voyageuse le Mer 14 Mar 2007, 13:47

Ma copine

On n’est plus des gamines
Ma copine, ma copine
On se cherche les poux
Traque les cheveux blancs
Et les plis dans le cou

C’est fini la cantine
Ma copine, ma copine
Et les blouses en nylon
Où l’on brodait nos noms
Longtemps qu’elles sont au clou

On n’a pas fait d’famille
Ma p’tite fille, ma p’tite fille
Et le bonheur fléché
Voyage organisé
Il était pas pour nous

On se dessine la vie
Mon amie, mon amie
Jour à jour, cerne à cerne
Avec le temps qui cogne
Et la peur du licou

C’est un jeu pas facile
Ma fragile, ma fragile
D’aimer comme font les gosses
Avec les plaies, les bosses
Et vieillir malgré tout

Mais si l’printemps s’débine
Ma copine, ma copine
L’automne est un marlou
Qui nous peindra le cœur
D’un coup de vin blanc doux

On est des vieilles gamines
Ma copine, ma copine
Des chercheuses de poux
Qui se posent en passant
Des baisers dans le cou

Michèle Bernard
(Chanson de 1985-1990 ?)

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