La belle personne d'après la Princesse de Clèves

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La belle personne d'après la Princesse de Clèves

Message par Poet le Lun 15 Sep 2008, 15:57

Je ne sais pas si, comme moi, vous avez eu la bonne idée de regarder (ou enregistrer) Arte à 21h vendredi dernier 12 septembre mais j'ai beaucoup aimé cette princesse de Clèves qui porte la doudoune ; Junie, lycéenne-porcelaine, perdue et éperdue de sentiments pour son prof d’italien.
Arte a programmé en avant-première « La Belle Personne », de Christophe Honoré, qui sort mercredi prochain (17 septembre) en salles, et rend grâce au roman de Madame de Lafayette.

« On programme régulièrement des transpositions modernes de grands textes, remarque Emmanuel Suard, directeur des programmes. Il ajoute : transposer pour transposer n’est pas intéressant. Ce qui l’est, et c’est d’ailleurs ce que réussit remarquablement Christophe Honoré, c’est retrouver ce qui est le plus vivant dans le roman. La Princesse de Clèves est une interrogation sur l’amour, sur l’exaltation des sentiments. En ancrant le film dans l’adolescence, ce moment précis où l’on vit puissamment les sentiments, il retrouve la vérité du texte. »

Suite à la mort de sa mère, Junie, 16 ans, change de lycée en cours d'année. Dans son nouvel établissement, elle retrouve son cousin Mathias, qui l'aide à s'intégrer dans la classe en lui présentant sa bande d'amis. Austère et fascinante, Junie est vite courtisée par de nombreux garçons. Parmi ses différents prétendants, le timide et sage Otto est celui qu'elle accepte comme fiancé. Mais une passion vive et soudaine ne tarde pas à naître entre Junie et Nemours, jeune et séduisant professeur d'italien. Face au grand amour, mais ne voulant pas céder à ses sentiments, Junie s'obstine à refuser le bonheur, car il n'est à ses yeux qu'une illusion...
Une jeu­nesse (qui me rappelle les années de « lycée », avec ses hauts et ses bas) pour qui la grande affaire est l'amour sous toutes ses déclinaisons – puisqu'il y ait aussi question d'homo ou bi-sexualité – et pour laquelle Christophe Honoré a exhumé une chanson sublime du suicidé Nick Drake, « Way to blue » (mais aussi « Day is gone »), imprégnant tout le film de son romantisme aérien ; sans oublier la Callas (extrait de « Lucia de Lammermoor »).

Cette fois, Alex Beaupain n'y a composé qu'une chanson (« comme la pluie »)interprêté par le comédien Grégoire Leprince-Ringuet...

Et puis on peut y entendre ce poème de Stephane Mallarmé que j'exhume à mon tour pour vous :
Le vierge, le vivace et le bel aujourd'hui ...

Le vierge, le vivace et le bel aujourd'hui
Va-t-il nous déchirer avec un coup d'aile ivre
Ce lac dur oublié que hante sous le givre
Le transparent glacier des vols qui n'ont pas fui !

Un cygne d'autrefois se souvient que c'est lui
Magnifique mais qui sans espoir se délivre
Pour n'avoir pas chanté la région où vivre
Quand du stérile hiver a resplendi l'ennui.

Tout son col secouera cette blanche agonie
Par l'espace infligée à l'oiseau qui le nie,
Mais non l'horreur du sol où le plumage est pris.

Fantôme qu'à ce lieu son pur éclat assigne,
Il s'immobilise au songe froid de mépris
Que vêt parmi l'exil inutile le Cygne.


http://www.youtube.com/watch?v=c8eV_wAKgUI (bande-annonce)
et interview (très intéressante) plus complète d'Honoré ici :
http://www.arte.tv/fr/content/tv/02__Universes/U3__Cine__Cinema/02-Magazines/10_20Cinema_20sur_20ARTE_20_7C_20Kino_20auf_20ARTE/01__Edition_20Cette_20Semaine/edition-2008.09.08/Honor_C3_A9/2194346.html Wink
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