La vie d'Adèle !

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La vie d'Adèle !

Message par Invité le Mar 29 Oct 2013, 10:34

Bon, bah j'y suis allée ! Palme d'or à Cannes, film lesbien, tapage médiatique, tout ça tout ça... J'y suis allée...

Comment dire :

J'ai pas détesté le début. Jusqu'à la rencontre des deux filles dans le bar, je dirais que ça va. Bon j'apprends que les lycéens sont passionnés de philo et de littérature et lisent Marivaux et même Francis Ponge dans le texte, ce qui est bien réjouissant mais peu crédible, mais bon... Ce qui se dit à ce moment là est assez intéressant... La prédestination de la rencontre qui ne garantie pourtant rien de la positivité de la suite (tout est là !) tout ça, tout ça...

J'ai aimé aussi la manière dont tout cela est filmé. De manière non hygiéniste disons. Oui pour une fois, y'a de la morve, des pleurs, des cheveux gras, les pores de la peau, les imperfections de peau, ça rougit, ça fait des plaques... Bref, les corps ne sont ni lisses, ni parfaits : ils sont vivants, vrais. Moi j'aime ça.

Par contre, voilà, y'a toujours le même truc qui ne va pas : le sexe.
D'habitude on ressort en concluant "les lesbiennes ne baisent pas", là c'est sûr, on ressort plutôt en se disant "elles baisent". Mais purée ! Pfffff ! Comment dire : Jeunes filles qui vous sentez attirées par d'autres filles, pas de panique ! Non ne rejoignez pas le club de sport le plus proche de chez vous, ça va aller tout seul ! Non ne passez pas forcément dans les bras d'un homme pour vous habituez, y'a pas besoin !
Et oui oui, si vous rencontrez une lesbienne amoureuse de vous, vous pourrez vous coller à elle sensiblement, ventre contre ventre, bouche contre bouche et les mains glisseront, sexuelles mais harmonieusement, coquines, désirantes, sans retenue parfois mais il y aura aussi de la douceur souvent ! Non tout ne se fait pas systématiquement en ciseaux ou par derrière et non tout n'est pas calqué sur le modèle porno-hétéro dans les sexualités lesbiennes. Vous n'êtes pas obligées de passer par l'épilation intégrale et de faire tout le kama-sutra dès le premier soir ! Les performances de ce type, la plupart d'entre nous, on s'en fout ! Ce qui ne veut en aucun cas dire qu'on se fout des gestes, du désir, du plaisir, de la jouissance ni même des bruits, des cris, des températures qui montent, des sexes qui s'ouvrent ou se serrent, qui se désirent, qui se touchent, qui se joignent...
Oui nous faisons l'amour ! Et oui c'est chaud, oui ça mouille, oui ça crie, oui ça bouge ! Mais pas tellement comme ça je crois.

J'sais pas, y'a plein de manière de filmer au cinéma des scènes d'amour hétéro. ça va du pire au meilleur. Mais il y'en a de belles quand même ! Alors pourquoi, lorsqu'il s'agit de filmer des scènes lesbiennes, ils n'y arrivent à ce point pas ?

Et du coup, voilà, je m'interroge. Sur le reste du film, je pense que les auteurs et acteurs se sont renseignés à minima. Du coup je me dis qu'ils se sont aussi forcément renseignés sur cette question là. Et alors là je me demande, mais qui leur a raconté des conneries pareil ? Ou qu'est-ce qui les a motivé pour retenir ce genre d'informations ? Est-ce l'absence d'autres points de vue ? L'excitation que peut créer ce genre d'images ou de discours chez un réalisateur, des acteurs, un public majoritairement hétéro ?
Et surtout je me pose la question : sommes nous si nulles pour parler de manière un peu plus authentique, vraie, crue mais aussi sensible de nos sexualités ? Sommes nous à ce point si peu confiantes, si peu fières, si peu affirmées, qu'il faille nous faire passer pour ce que nous ne sommes pas. Sommes nous si prudes et si peu sexuelles qu'il faille en rajouter et faire croire que nous ressemblons à ce de quoi nous nous différencions, rassurer les hommes et les hétéros en leur faisant croire que nous adoptons leurs (tout aussi faux d'ailleurs) schémas ?

Ou alors, j'sais pas, c'est moi qui suis total out là-dessus mais franchement j'crois pas !

Enfin je me dis que le côté cru de la manière de filmer est assez judicieux sur l'ensemble du film, mais voilà, cumuler à des "erreurs" de narration ou de mise en scène, on tombe dans le regard pornographique. J'sais pas si c'est voulu, mais ça marche pas. C'est trop ou pas assez, j'sais pas, mais c'est ça justement, on ne sait pas !

Voilà, et sur le fond quand même, il faut retenir cette question de l'inéluctable et du lien à une certaine maturité... Ce "trop tard", "c'est mort" et la violence que ça représente. Mais voilà, c'est la leçon de la vie c'est certain : "On a la responsabilité de notre présent".
Enfin bref, voilà, c'est dommage, ça soulève et touche du doigt (si je puis dire) quelques trucs intéressants, mais ça passe vraiment à côté. Un peu comme d'hab' au final...
On attend le prochain... mais un jour faudra peut-être penser à faire ça nous même...

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Re: La vie d'Adèle !

Message par volupthe le Ven 01 Nov 2013, 23:16

Mouai... je ne suis pas d'accord avec toi... Mais je crois que comme je ne vis plus en France depuis longtemps... Je n'ai sans doute point mon mot à dire...
J'ai aimé ce film si européen, si simple et puissant dans sa passion. Il a été interdit dans nombreux états ici. Parce qu'ils n'ont pas compris. C'est un film sur l'amour avant d'être homosexuel.
Je pense que tu te trompes mais c'est assez américain ce que je te dis, je pense que tu ne vois pas ce qu'il veut signifier. Il veut dire sous forme styliser que l'amour est une envie déraisonnée. Et les scènes de sexe ne sont ni propres ni réalistes, elles suivent la trame. J'ai étudié François Truffaut ; il m'y fait penser. For me, j'ai énormément aimé.

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Re: La vie d'Adèle !

Message par Invité le Sam 02 Nov 2013, 17:28

Bonjour volupthe,

Biensûr que tu as ton mot à dire et que les avis sur ce film ne sont pas réservés aux habitantes d'un territoire "français" ou d'un quelconque état d'esprit. Je te remercie donc de partager avec nous ici.

De plus ton avis ne me semble pas à proprement parler "américain". Beaucoup de filles et garçons, lesbiennes, gay ou même hétéros avec qui j'ai pu discuter de ce film ici en france, rejoignent ton analyse.

Moi même je suis assez d'accord sur la référence à Truffaut et la qualité des images, des choix de cadrage, la manière de filmer. C'est beau oui. Mais c'est seulement ça qui est beau selon moi. La forme, pas le contenu. Le cinéma, pas l'histoire. L'image peut rendre beau quelque chose de parfaitement nul. Le cinéma rend beau. est-ce suffisant ?

Et donc, je crois juste être passée à côté de l'idée "d'amour déraisonné" dont tu parles. Question d'expérience singulière et de circonstances sans doute, mais j'ai une idée de "l'amour fou" beaucoup plus joyeuse, beaucoup moins destructrice, beaucoup moins violente et, quelque part, peut-être moins romantique aussi... dans le sens ou les grands airs profonds de la tragédie qui ne cachent en fait pour moi que du mauvais boulevard, ça ne me charme pas le moins du monde. ça ne me séduit nullement. Voire ça me fait pitié !
Mon idée de l'amour fou, de l'amour tout court je dirais, est beaucoup plus serein, durable, jouissif et cet amour là est un amour où l'énergie est mise en mouvement, écoulée, dans toutes les constructions et échanges possibles et non pas dans la destruction et le silence. Ce que je trouve beau et passionnant, moi, c'est ça ! Certes y a pas matière à faire du cinéma sans doute mais il y aurait matière au vivant, donc à l'imaginaire, donc à l'image surement... mais pas celles-ci.
Donc voilà, je dois être totalement naïve mais je crois que c'est possible d'aimer follement ainsi. Je crois au contraire que cette idée d'amour déraisonné, qui tue ou s'auto-détruit avec fulgurance et fracas, est une tromperie, un mirage, une ivresse qui n'a en aucun cas l'épaisseur que son spectacle lui octroie. Et je ne lui donnerais pas le nom "amour".
Mais on peut tous se faire avoir ! Et mon dieu, que j'ai déjà été souvent prise !
Je ne suis pas certaine d'ailleurs que toutes ces questions soient étrangères à Kéchiche. J'avais particulièrement aimé "l'esquive" et nous n'étions pas très loin de tout cela. La dimension critique était peut-être plus évidente... (??!)
En fait je trouve Adèle et sans doute aussi Emma à sa manière, très puériles. Au-delà de l'image de la passion dévorante qui ne s'incarnent d'ailleurs que dans les scènes au lit, je vois plutôt un couple qui ne sait pas se parler, reste souvent dans l'évitement et dans le silence. Un couple qui ne sait pas partager ses différences et ne trouve pas ses points de partage au-delà de la sexualité. Un couple qui du coup se coupe dès que la sexualité est ailleurs. Logique ! Et tant mieux ! Un couple qui, contrairement aux apparences, ne sait pas se toucher et s'évite en permanence. En couple qui se ment, qui ment aux autres.  Un couple qui pardon, mais ne s'aime pas et se trouve très vite dans l'illusion d'un amour immense. Un couple qui reste figé dans l'enthousiasme de la rencontre, ce moment où l'on ne voit que ce qui nous accroche mais rien de ce qui pourrait nous unir vraiment. Bref, je ne vois pas d'amour. Je vois un couple adolescent et immature incapable de grandir et qui, de fait, meurt avorté. Un couple qui se tue parce qu'il ne s'est donné aucune chance de vivre (il n'en avait peut-être aucune d'ailleurs). Et il n'y a rien de tragique là dedans. Heureusement dans ces cas là que ça se sépare. Après on peut trouvait ça beau quand on est séduit par une certaine idée du drame et du "malgré tout, j'y crois quand même et je voudrais qu'il en soit autrement" mais personnellement je trouve ça... oui, puérils, ridicule et sans intérêt.
Le drame ce n'est pas ça. Le drame ce n'est pas la petite mort de gens qui s'acharnent chaque jour à mourir petitement et pas vraiment. ça c'est grotesque quoique même pas drôle car à ce jeu là on meurt quand même vraiment et même bien plus... "de son vivant" ou "sans avoir vécu". Le drame c'est la mort des gens qui veulent vivre et à qui la vie est ôtée.
Mais je crois que Kechiche trouve dramatique tous ces gens qui passent à côté d'eux mêmes effectivement, et sans doute est-ce quelque chose comme ça dont il traite, bien plus que d'amour. Je trouve ça très intéressant d'ailleurs comme sujet, mais dommage qu'il y ait une faille qui laisse la place à une interprétation amoureuse justement ! Quoique, l'amour comme stratégie d'évitement de l'amour, c'est comme dans la vie finalement, et c'est peut-être bien visé...

Enfin mon analyse et tordue, un peu blasée et pessimiste sans doute, pis j'ai un côté parfaitement rétrograde et réac' anti-romantique en ce moment, je l'avoue ! Smile  

Il y a autre chose aussi qui continue de me questionner, c'est vraiment ce paradoxe entre ces images relativement "crues" de corps non esthétisés disons, d'un côté, et ces scènes de sexe que je trouve personnellement très "clean" et performatives (épilation, pas d'image de sexes vraiment mais de la gymnastique coupée par plans à la limite du photographique, on apprend qu'elles ne baisent pas pendant les règles...) J'sais pas, y'a truc là qui ne colle pas... J'sais pas. J'ai pas de réponse mais un questionnement. Un peu gênant comme questionnement quand même... J'aimerais vraiment avoir son avis là-dessus. Si quelqu'un a lu une critique, je prends !

Par contre je suis d'accord sur ta critique volupthe. Je pense avoir trop voulu voir un film "lesbien". Et c'est sans doute une erreur. (En même temps il a choisi deux filles, ya surement une raison quand même!)
Et je pense effectivement être passée en partie à côté des intentions de Kéchiche.

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Re: La vie d'Adèle !

Message par Poet le Jeu 14 Nov 2013, 17:56

Pour ne pas faire redondant (répéter) sur les grandes lignes de réflexions de la fourmi à propos desquelles j'aurais tendance à adhérer, je rajouterai que :

Les scènes érotiques (comme on peut le lire ça et là sur la toile) auraient gagné à être moins longues (6 mn pour la scène principale). Déjà, c'est mon ressenti.
Je n'ai pas particulièrement apprécié la manière de filmer (de Kechiche) la vie de cette jeune Adèle tout en gros plans, de toute façon.
Alors dans les scènes de sexe, on peut vite se sentir embarqué dans du voyeurisme. D'autant que, je n'ai pas trouvé ça si indispensable à la compréhension du propos de ce film. Puis, c'est vrai que c'est un peu ridicule, surtout quand on pense à un public d'hétéros qui se posent tant de questions sur l'amour et la sexualité entre deux personnes du même sexe !
Léa Seydoux offre une interprétation plutôt inégale et ne m'a pas convaincue dans la scène où supposée très en colère car blessée (au sens figuré) par Adèle, elle exhorte cette dernière à quitter leur logement sur le champ.
Par compte, c'est effectivement une belle méditation sur ce tout à coup, où quelque chose désarçonne l'âme dans le corps. Tout à coup, un amour renverse le cours de notre vie.
Et pour la première fois, le cœur ne bat plus seulement pour soi.
La première fois... Les gens qui font profession de parler de la jeunesse oublient souvent à quel point tout est important à cet âge de la vie. Tout !
Rien n'est insignifiant ou aisé entre l'âge de seize à vingt ans. Il faut tout faire, tout essayer pour que ne s'évanouisse pas la réalité violente de sa jeunesse, lorsque tout était « la première fois ».
La première fois que l'on tombe amoureux, la première fois que l'on vous ment, la première fois qu'on fait l'amour, la première fois qu'on rencontre la beauté et son contraire. Les adultes et l'existence finissent par nous imposer le vieux précepte indispensable pour survivre : on s'efface et l'on continue. Mais rien n'efface la première fois, pas plus que sur le blanc immaculé d'un drap, la tache de sang d'une vierge qui ne l'est plus.
Ce que je trouve à mettre au bénéfice du film c'est qu'il accompagne plutôt bien la réflexion sur les différences sociales qui, passées les premiers temps où on est sous l'emprise des tumultes de la chair et de nos hormones, la séduction et la découverte curieuse de l'autre, objet de toutes nos pensées et notre désir, vont petit à petit prendre le dessus et fissurer le couple parce qu'en découlent des aspirations personnelles différentes. Adèle, de plus, balance entre homo et hétérosexualité, plutôt bi indéterminée ; ce qui n'est pas le cas de Emma. Et puis on est aussi dans le cadre de la muse et son mentor.

Ce film m'a fait aussi repenser à « l'histoire d'un idiot racontée par lui-même ou la recherche du bonheur » de Félix de Azúa, livre paru en 1993 et que m'avait prêté une amie. Ça commence à dater mais j'en conserve de longs passages sur le bonheur, des réflexions sur l'Amour et le Sexe.

Enfin, ce film m'a fait fredonner la chanson de Dominique A. « Pour la peau »...
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Re: La vie d'Adèle !

Message par nanouke le Lun 02 Déc 2013, 10:29

Bonjour,

J'aime beaucoup ce que tu as écrit, Fourmisansombre au sujet du couple que forment Emma et Adèle. Je te rejoins sur bien des points. 
Je suis ressortie de la salle avec un sentiment mitigé :je crois que je n'ai pas compris où voulait en venir Kechiche et trois heures c'est looooooooong ! Une question : pourquoi Adèle n'a-t-elle jamais de mouchoir ?
J'ai également trouvé que certaines situations faisaient "clichés" : les artistes et leurs discussions (très réaliste cela dit, j'ai vécu ce genre de soirée !), les différences (trop ?) marquées entre les deux milieux sociaux. Visiblement Kechiche n'aime pas vraiment le milieu "artistico-bourgeois" et n'aime pas beaucoup non plus le personnage d'Emma.
D'autre part, j'avais lu une interview du réalisateur qui dit trouver le comportement d'Adèle après la rupture admirable et très courageux .... oui bon elle continue à bosser malgré son chagrin, et...? J'ai trouvé que la démonstration était souvent un peu lourde.
Par contre, si vous allez sur le blog de Julie Maroh (l'auteur de la BD) vous pourrez lire ce qu'elle a écrit à propos de son livre et de l'adaptation de Kechiche : c'est très juste et très bien écrit !

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Re: La vie d'Adèle !

Message par Luna le Lun 02 Déc 2013, 21:14

nanouke a écrit:
Par contre, si vous allez sur le blog de Julie Maroh (l'auteur de la BD) vous pourrez lire ce qu'elle a écrit à propos de son livre et de l'adaptation de Kechiche : c'est très juste et très bien écrit !
Tout a fait, c'est très intéressant de lire la réaction de l'auteur de la BD par ici
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Re: La vie d'Adèle !

Message par Minipoussin le Dim 15 Déc 2013, 15:44

hop, ma piécette

Donc "La vie d’Adèle" ...long, triste ... avec de la vraie morve dedans, et des culs en gros plans ... beaucoup ... et des fois des seins aussi un peu.

La polémique sur les scène de sexe :  c'est plutôt la longueur, notamment de la première qui gêne.

C'est un peu comme être à table avec un couple qui se bécote. Au début tu te dis "ma foi c'est mignon"... après ils y vont un peu plus fort et tu commences à trouver le temps long ... et puis quand ils sont limite à copuler sur la table soit tu te barres parce que tu te sens de trop soit tu fais "oh hé ça va maintenant heing !" . Bref, au bout de cinq / six minutes tu commences à être un poil gênée et à décrocher des acrobaties.

Concernant le côté "mais est ce du vrai sexe lesbien ?" ... ben j'ai rien vu qui m'ait choquée en me disant "oh mon dieu le regard pourri de l'hétéro mââââle" . C'est vrai que c'est pas la première fois la plus timide du monde mais j'ai plutôt l'impression que c'est la mise à nue (très crue)  de leur sexualité qui gêne certaines lesbiennes...ou alors elles ont juste une sexualité plus soft mais faut pas généraliser ça au "sexe lesbien" .
Bref, mon point de vue c'est que c'est pas une fausse vision, le sexe est toujours stylisé à l'écran même chez Von Trier,  mais que c'était juste inutile d'aller aussi loin dans la représentation.

Bon, le propos du réalisateur c'était d'en faire une passion physique donc ouais ... mais on avait compris sans aller jusque là.


Parce qu'en fait, à part le cul, c'est vrai qu'elles ont rien à se dire les demoiselles. Du coup, la force de l'amour ne m'a pas frappée de plein fouet, et c'est même étonnant que ça ait duré aussi longtemps.
Tendresse absente, connivence très limitée, communication bancale ... quand ça casse , on comprend bien que c'est violent pour Adèle ( et c'est assez bien représenté ça, par contre, toujours avec de la vraie morve au nez  ) mais y'a rien de bien étonnant.  

Les personnages ont davantage une identité sociale assez grossière qu'une vraie personnalité. Adèle est creuse et Emma , le verbiage elle connaît mais ça n'en fait pas une personne avec une profondeur abyssale.
Le réalisateur voulait montrer que les classes sociales séparent immanquablement les gens, plus encore que tout le reste, même l'amour le plus fort. Sauf que l'amour ici, il m'a semblé plutôt de l'ordre de l'addiction physique que du sentiment profond.

D'ailleurs, dans la scène du bar à la fin du film ... c'est bien l'addiction physique qui ébranle Emma et pas les sentiments puisqu'elle n'éprouve plus que de "l'infinie tendresse" ( vlan, prend ça dans ta gueule ) pour Adèle.

Le film reste profond mais j'irais pas me pâmer. Reste qu'on a rarement vu une telle représentation de l'amour, de sa naissance à son déclin ... et des blessures qu'il nous laisse. C'est donc bien une œuvre aboutie, un regard, qui plaît ou déplaît ... fait réagir en bien ou en mal ...

Et enfin .. non ça n'est pas un film "lesbien" tant en bien qu'en mal.
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Re: La vie d'Adèle !

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