Series historiques

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Series historiques

Message par Invité le Mer 05 Oct 2016, 08:31

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Re: Series historiques

Message par Invité le Mer 05 Oct 2016, 17:23




Une serie italienne que je n'avais pas encore vue: 1992.
Les quelques mois qui ont precede l'avenement de Berlusconi, dans une Italie déjà bien corrompue.

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Re: Series historiques

Message par Invité le Sam 08 Oct 2016, 22:23

Article du Monde sur la serie


Ce fut le plus grand scandale de corruption politique depuis la fin de la Seconde guerre mondiale dans un pays occidental. Tangentopoli s’est traduit par l’effondrement de la classe dirigeante italienne traditionnelle et par l’avènement d’un outsider, Silvio Berlusconi. A l’époque, l’homme d’affaires aux manières de crooner macho est surtout un magnat de la
télévision et des médias et le patron du club de football du Milan AC. Il s’imposera comme le grand gagnant (dans un premier temps) de l’opération mani pulite (mains propres) conduite par le juge Antonio Di Pietro au début des années 1990.
La série de Sky Italia, baptisée 1992, revient sur cette période frénétique, cette période où tout a basculé en quelques mois pour engloutir les formations traditionnelles qui se partageaient la république italienne comme si elle était une « république bananière« , pour reprendre l’expression d’un des personnages. La fiction en 10 épisodes, développée à partir d’une idée de Stefano Accorsi, est complexe, intense, précise, très très cynique et construite comme un gigantesque meccano. Elle trouve sa place aux côtés de Gomorrha, déjà remarquée sur la même chaîne.

Raconter un scandale d’une telle ampleur exigeait de faire le choix de la complexité. Tellement d’acteurs furent impliqués qu’il était impossible de simplifier si on voulait rendre la mesure du basculement qui s’opéra à partir de l’arrestation le 17 février 1992 de Mario Chiesa, membre du parti socialiste italien, accusé d’avoir touché des pots-de-vin d’une entreprise de nettoyage milanaise.
Pour restituer la grandeur du tableau, les scénaristes Alessandro Fabbri, Ludovica Rampoldi et Stefano Sardo ont eu l’idée de mener leur récit selon cinq points de vue parallèles, chacun servant de lieu d’observation privilégié. On suit cinq regards sur la crise. Cinq personnages qui la vivent à la périphérie ou n’y sont impliqués que plus ou moins partiellement. C’était cette distance qui était indispensable pour permettre la compréhension et surtout traduire le bouleversement qui balaya la péninsule.
Si les personnages sont tous fictifs en revanche les événements relatés sont, eux, bien réels et empruntés à l’actualité de l’époque. On y retrouve par exemple des images d’archives parlementaires montrant Bettino Craxi cherchant à se disculper ou encore des reportages d’actualité sur l’attentat terroriste qui coûta la vie au juge anti-mafia Giovanni Falcone près de Palerme en mai 1992


Leonardo Notte est un publicitaire (on ne dit pas encore un spin doctor) qui a compris que les hommes politiques se vendaient comme des barils de lessive. Il va même jusqu’à citer la campagne organisée par Jacques Séguéla pour l’élection de François Mitterrand en France. Il est l’observateur privilégié de l’ensemble.
Luca Pastore est un jeune flic, travaillant pour le juge Di Pietro, qui participe à l’opération mains propres. Il a contracté le virus VIH lors d’une transfusion de sang contaminé fourni par un industriel pharmaceutique, Michele Mainaghi, ne respectant pas les consignes sanitaires pour faire des économies. Il entend se venger de Mainaghi et exprime le point de vue judiciaire.


Veronica Castello est une jeune femme ambitieuse, prête à tout pour devenir célèbre. Elle est la maîtresse de Mainaghi et rêve d’animer une émission de télévision au moment où le paysage audiovisuel italien est en train de changer. Berlusconi se tient déjà en coulisses. Elle est le regard de l’homme de la rue. Elle incarne la volonté de continuer à vivre dans l’illusion malgré l’émergence d’une réalité consternante.
Beatrice Mainaghi est la fille de l’homme d’affaires. Paumée, toxico et ne sachant que faire de sa vie. Elle est la face cachée du volet économique. En tant qu’héritière, elle pose la question de l’avenir de l’industrie italienne lorsque ses capitaines sont envoyés en prison.
Enfin, Pietro Bosco est un vétéran de la guerre du Golfe, un joueur de rugby de seconde zone et un loser. Le hasard lui fait croiser le chemin d’un dirigeant de la Ligue du Nord, ce parti populiste qui traduit la première percée de l’extrême-droite en Europe à cette époque charnière. Il incarne la transformation politique à venir lorsque Berlusconi s’alliera avec son parti en 1994 pour remporter les élections et devenir président du Conseil.
Tous sont liés les uns aux autres. Exactement comme le sont les hommes politiques et les industriels qui vont tomber au fil des mois et dont certains finissent pas se suicider pour échapper à un procès et à la prison. Pour suivre 1992, il est préférable d’avoir les idées assez claires sur la politique italienne de l’époque qui obéit à une architecture byzantine dans laquelle tout le monde soutient tout le monde.
Chaque épisode suit l’évolution des cinq protagonistes principaux, leurs enjeux personnels, mais sans jamais perdre de vue qu’ils doivent apporter un éclairage sur le tableau d’ensemble. En raison de sa spécificité, chaque voix participe explicitement à l’avancement de l’histoire. Celle-ci détaille autant la progression et les rebondissements de l’enquête que l’impact de cette dernière sur le pays. Chaque aspect est articulé avec les autres dans une brillante construction de meccano.
La réalisation des 10 épisodes confiée à Giuseppe Gagliardi est superbe et imaginative avec une grande variété des plans afin de pénétrer la psychologie des personnages et d’observer l’histoire de leurs différents points de vue. Cette multiplicité audacieuse (car délicate à gérer sans perdre le spectateur) assure un rythme très rapide de l’action. Le sentiment est celui d’un tourbillon comparable à celui vécu par l’Italie à l’époque.
1992 est une série politique brillamment réussie car elle est fortement ancrée dans la réalité. Elle n’a pas ce caractère hors-sol et allégorique que présentent House of Cards ou même Boss. L’une et l’autre sont superbes mais elles sont d’abord un discours sur le politique. La fiction de Sky Italia a certes un propos très cynique sur la corruption des élites mais pour l’étayer elle s’appuie sur des faits réels. Cela accentue la force de son propos. On est moins dans le discours et la dissertation, dans la théâtralité du pouvoir, que dans l’observation minutieuse de l’effondrement d’un système et des conséquences qu’il induit.
A voir d’urgence et à ne manquer sous aucun prétexte.

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Re: Series historiques

Message par Invité le Mer 12 Oct 2016, 21:49

Toujours sur le meme theme, j'ai regarde deux docu:
- Berlusconi et la mafia (sur youtube) ou l'on parle de la 5 et de Mitterand qui avait bien ferme les yeux sur le financement de cette chaine.
- sur Netflix: "Italy: love it or leave it".

La prochaine fois, je vous parlerai d'autres series historiques.

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Re: Series historiques

Message par Invité le Mar 06 Déc 2016, 09:19

Je suis en train de regarder The Get down sur la naissance du hip-hop fin des 70's, le pilot est pas mal du tout Smile

Musique originale et images d'archives

http://mobile.lesinrocks.com/2016/08/16/series/the-get-down-serie-plus-jouissive-de-lete-11858953/

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