A propos de ce qui se passe à Clichy-sous-bois

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Message par Parigi le Dim 13 Nov 2005, 21:05

Le Journal du Dimanche du 13 novembre 2005

Villepin–Sarkozy, unis…ou presque !

Extrait :

« Le calme retrouvé, comment préparer l’après ? Là encore les deux camps rivalisent. A Matignon, on rappelle les propositions faites par Villepin en matière de logement, d’éducation et d’emploi, fruits de consultations tous azimuts. Place Beauveau on annonce la reprise d’un projet de loi sur la prévention de la délinquance rédigé en 2003, lors du premier passage de Sarkozy à l’Intérieur, et laissé dans les tiroirs ensuite. « Villepin s’est assis dessus » lâche t-on. Le projet devrait être débattu avant la fin du mois. La question des allocations familiales de parents défaillants ou encore la vidéosurveillance dans les parties communes, ne manqueront pas de susciter de vifs débats. De même que la discrimination positive chère au ministre : « Nicolas Sarkosy va remonter au créneau sur le sujet, car c’est le seul moyen de donner des perspectives aux jeunes des quartiers. Aujourd’hui ça passe mais avant, pour Chirac et Villepin, la discrimination positive c’était un gros mot ! ».
Le marquage à la culotte est indéniable. Mais, de part et d’autre, on s’emploie à mettre en exergue « le bon travail » effectué « en bonne harmonie » selon une répartition des rôles vue par Matignon : « Sarkozy, c’est l’action sur le terrain, Villepin la gestion de la crise ».

A priori une journée d'action commence à être programmée pour le 06/12 par les travailleurs sociaux, éducateurs, magistrats, personnels de
l’Education nationale, psychologues, psychiatres, personnels
médico-sociaux et le Collectif National Unitaire contre le projet de prévention de la délinquance et contre la délation vient de signer un appel intitulé "Appel à résister au conditionnement sécuritaire".

Parigi
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Re: A propos de ce qui se passe à Clichy-sous-bois

Message par Invité le Lun 14 Nov 2005, 12:55

Dans les cités, le désarroi des victimes


Leur voiture ou leur commerce ont été détruits, souvent par des habitants de leur propre quartier. Témoignages.

par Olivier BERTRAND (à Lyon), Michaël HAJDENBERG (à Pau) et Gilbert LAVAL (à Toulouse)
QUOTIDIEN : lundi 14 novembre 2005


Pourquoi moi ? Qui m'en veut ? Dans les cités, les victimes des émeutes cherchent quelques minutes, parfois une nuit entière, un mobile. Puis reviennent à la réalité. Cette voiture, cette institution, ce commerce qui brûle est bien le leur; mais il aurait pu appartenir à un autre. 374 véhicules ont encore brûlé dans la nuit de samedi à dimanche. Et dans les cités, les victimes balancent entre colère et incompréhension, aigreur et fatalisme.

A l'Ousse-des-Bois (Pau), un incendie a ravagé le café-restaurant marocain d'Omar dans la nuit de vendredi à samedi. Les murs, le carrelage, la toiture sont «morts». Sa fille de 22 ans, Mina, qui lui donnait souvent un coup de main, témoigne du désarroi familial: «Pourquoi toucher à un café que tous les habitants fréquentent ? Ce matin, les enfants qui viennent d'habitude acheter des bonbons étaient dégoûtés. Ceux qui viennent prendre un café étaient atterrés. Pourquoi s'en prendre à quelqu'un qui travaille de 7 à 21 heures tous les jours, qui est là depuis seize ans, qui ne refuse jamais un café à quelqu'un sous prétexte qu'il n'a pas d'argent sur lui? »

Pourquoi? Mina commence toutes ses phrases par «pourquoi». Même si elle résignée: «Qu'on pleure ou qu'on retrouve les personnes, ça changera rien.» Avant de reprendre: «Mais pourquoi s'en prendre à des trucs que les gens utilisent ? Ou bien ils ont rien dans la tête ou bien...» Mina ne voit pas. «On est doublement victimes. Moi aussi j'envoie dix CV sans retour. Moi aussi je suis démoralisée. D'ailleurs, si vous entendez parler de quelque chose, je cherche comme caissière, vendeuse en boulangerie ou... n'importe quoi.»

Mohamed, lui, n'a plus de souci d'emploi: il est retraité. Mais «surendetté». Alors, quand il a vu sa «Ford Sierra de 83» prendre feu dans le quartier des Planètes, à Pau, il a tout de suite pensé à ce que l'assurance allait lui donner : «Un coup de pied au cul.» Sa femme, qui fait des ménages jusqu'à 20 heures, termine trop tard pour le dernier bus. Dorénavant, elle revient en taxi. Mohamed ne veut même pas savoir combien ça lui coûte. Au centre social du Hameau, qui a aussi brûlé, il est venu dire «ses sentiments» à une adjointe au maire. Un instant presque compréhensif pour «ces jeunes qui n'ont pas un sou en poche et qui vivent dans des caves» ; et puis soudain en colère: «Il faut les envoyer au Maroc pour qu'ils voient comment ça se passe avec la police.» Mohamed menace. «C'est comme ça qu'ils s'expriment ? Ben moi aussi, je vais m'exprimer. Je suis en état de légitime défense maintenant. La voiture va finir à la ferraille, la main courante du commissariat sûrement à la poubelle, mais eux à l'hôpital.» Mohamed en veut aux autorités : «Le maire dit: "Ne vous affolez pas." Moi, je vais lui envoyer une lettre avec une photo de la carcasse et lui demander: "Alors, je m'affole pas ?"»

Cloîtrés. Philippe, lui, veut «dégager d'ici», des Minguettes (Lyon). Passionné de Citroën, il avait, à 46 ans, réussi le 14 octobre à s'acheter une XM d'occasion. Elle avait 13 ans, mais il avait fait refaire la peinture. «On avait tout mis dedans.» Elle a brûlé le 7 novembre. Il avait aussi un vieux minibus (21 ans), pour transporter les quatre enfants. Il a brûlé fin octobre. «Maintenant, dit-il, on est vraiment dans un ghetto, cloîtrés. Je n'ai plus de voiture et il n'y a plus de bus à partir de 19 heures. Heureusement que je bosse chez Renault Trucks, il y a un ramassage.» Préparateur de commandes et cariste, il est intérimaire, gagne 1 300 euros net par mois. Pour acheter la XM, il avait économisé plusieurs années. «Je l'ai eue pour 2 900 euros avec la peinture et les réparations pour être tranquille. Il me reste 1 500 euros à payer, pour une carcasse.»

Le premier incendie, celui du minibus, s'est produit sous ses yeux, vers 23h30, le 29 octobre. Il était au balcon. Les jours suivants, il a garé la XM sur un parking. Mais le 7 novembre, sa fille de 17 ans s'est levée d'un bond. «Elle a entendu un grand boum et elle est arrivée en courant, en disant "C'est la nôtre, c'est la nôtre".» Depuis trois jours, il n'a plus mis le pied dehors. «Je veux partir, je ne peux plus voir ce quartier, je ne supporte plus cet appartement.»

«Ça se fait pas». Toumbou, lui, aimerait bien quitter le Mirail-Reynerie (Toulouse). Quand il a vu des flammes sortir sous sa Ford, il était chez lui. «Les jeunes ont répandu l'essence sur le parking et ils l'ont enflammée. Ils auraient jeté un cocktail Molotov dans le pare-brise, j'aurais rien pu faire.» Ce menuisier de 28 ans, père de trois enfants, pense s'en être bien tiré: «Il a suffi que je la déplace.» Comme si c'était le sort du quartier d'être accablé de malheurs et que la chance avait choisi de l'épargner. «Il a fallu que je coure vite aussi», corrige-t-il.

Considérant l'école maternelle incendiée, il parle de sa fille de 10 ans: «Elle y a passé quatre ans. Ça se fait pas de brûler une école.» Que les jeunes détruisent des voitures, y compris la sienne, ne le plonge apparemment pas dans de pareils abîmes d'incompréhension. Toumbou sait qu'ils «veulent faire parler d'eux» et devine que l'incendie de véhicules qui déclenche l'affrontement avec la police est une façon de dire leur ras-le-bol. Il vit à la Reynerie depuis sept ans. Avec des feuilles de paie pour les six premières années seulement. «Ma boîte a coulé. Je suis intérimaire ailleurs depuis le 30 mai. Quand je dis ça, le HLM ne veut pas me loger dans un autre quartier.» Il gagne 1 100 euros par mois. N'en demande pas beaucoup plus. C'est le sentiment d'être scotché à ce plancher qui le désespère. Il balance du chef: «Je travaille, mais ça suit pas. C'est la crise partout.» Toumbou travaille tous les jours de 3 heures à 11 heures du matin. Il n'aurait pas eu beaucoup de bus pour le conduire au boulot s'il avait perdu sa voiture. Il hausse les épaules sans accablement particulier: ce n'est pas une galère de plus qui changerait grand-chose à sa vie.

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Re: A propos de ce qui se passe à Clichy-sous-bois

Message par minipop le Lun 14 Nov 2005, 13:25

j'ai remarqué grace a un reportage diffusé sur TF1 durant ces evenements que les gosses, plus ils sont cons, casseurs, brutaux, drogués etc ... plus ils ont le droit à des jolis traitement de faveurs.

le reportage en question portait sur un collège qui fait internat pour une trentaine de gamins "difficiles". ça les obligeait à travailler le soir comme ça.
là je dis bien.
mais 5 seconde après, le reportage enchaine sur: ils ont ainsi l'occasion de faire de l'équitation, du Kayak et autres activité couteuses et fort sympathiques ... (la fin de la phrase est de moi, évidemment)
là je dis non!

autre exemple:
prenez l'émission le mardi soir sur la six. "le camps des fortes tetes " si ma mémoire est bonne. des gosses qui se sont drogués, qui sont violents, qui ne respectent aucune autorité se retrouvent en pleine forêt canadienne à profiter d'un putain de sublime voyage et spectacle!

en bref, plus on est irrespectueux des lois, et de l'autorité parentale, plus on a le droit a de jolis voyages, et de jolies activité
ça me dégoute :evil:
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Re: A propos de ce qui se passe à Clichy-sous-bois

Message par Invité le Lun 14 Nov 2005, 14:22

je trouve ton "non " trés populiste , si j'ose dire , peut-être un effet secondaire de TF1 , ben oui " les traitements de faveurs" dont tu parles sont des médiations à visées éducatives , elles font parties de la prise en charge globale des jeunes exclus de tout circuit classique dans le but de les réinsérer , ces activités sportives ou autres ont fait leurs preuves , les éducs se servent de ces activités pour entrer en relation avec eux , pour leur (re)donner des repères , leur apprendre qu'il y a des conséquences à leurs actes etc ...bref un (ré)apprentissage de la vie en société , c'est aussi la base de travail ds les Centres Educatifs Renforcés et les Centres Educatifs fermés qui accueillent sous contraintes judiciares les jeunes délinquants pas seulement par des activités spectaculaires et onéreuses mais aussi par le quotidien partagé et encadré , les séjours de rupture avec son environement parfois même ds des conditions difficiles ont souvent pour effet de sortir certains de l'impasse délétère où ils s'enfoncent ...

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Re: A propos de ce qui se passe à Clichy-sous-bois

Message par Amazone le Lun 14 Nov 2005, 16:52

L’histoire ne fait que se répéter.

Entre capitalisme et socialisme, que choisir ? Deux vieux frères ennemis qui ne cessent de se rencontrer pour mieux s’affronter.

Pendant de longues années, les politiques ont vanté les mérites de la solidarité. Le capitalisme a doucement fait son bonhomme de chemin pour avoir aujourd’hui une dimension mondiale. Le capitaliste de base est individualiste. Il avance avec ceux et celles qui avancent. Il apporte son aide uniquement s’il y trouve un intérêt.

La puissance américaine est ce qu’elle est. On pourrait presque dire « suprématie ». Le capitaliste a trouvé son apogée aux Etats-Unis. Lors des dernières tempêtes, nos petites télévisions nous ont montré une des facettes de ce « beau pays ». Des ghettos. Des personnes sans ressources n’ayant pas les moyens de se mettre à l’abri. Des pillages aussi. Le Bronx est-il si différent de nos banlieues ?

Cependant, quel crédit doit-on accorder à des jeunes (ou moins jeunes) qui brûlent, et détruisent ?
Certains disent qu’il faut les aider à s’intégrer, à trouver un emploi, à entrer dans la vie active… Mais n’y a-t-il pas un problème de culture ? Est-ce la France qui n’a pas su s’adapter, ou les immigrés qui n’ont pas su le faire ?
Dans ces ghettos, on y retrouve beaucoup d’Africains (du continent africain j’entends), fait que l’on ne peut pas nier. Mais où sont les chinois ? Les portugais ? Et toutes les autres vagues d’immigrés ?
On en entend pas parler…
La France les aurait-elle mieux intégrés ? Où se seraient-ils eux même mieux intégrés ? Sujet pertinent.

Pour ce qui est du social… Pourquoi ne pas laisser à chacun le choix d’être solidaire ou de ne pas l’être ?

Signé l'Amazone masquée batwoman , passage unique

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Re: A propos de ce qui se passe à Clichy-sous-bois

Message par Parigi le Lun 14 Nov 2005, 17:18

Le gouvernement prolonge l'état d'urgence trois mois...

PARIS (Reuters) - Le gouvernement français a approuvé la prorogation de l'état d'urgence pour trois mois, une mesure jugée nécessaire par Jacques Chirac pour "ramener définitivement le calme dans les banlieues" où des violences font rage depuis le 27 octobre.

"J'ai décide la prorogation de la loi du 3 avril 1955. C'est une mesure de protection et de précaution", a déclaré le chef de l'Etat, cité par le porte-parole du gouvernement, Jean-François Copé à l'issue d'un conseil des ministres avancé.

"C'est une mesure nécessaire pour donner aux forces de l'ordre tous les moyens dont elles ont besoin pour ramener définitivement le calme, a-il ajouté.

"Bien entendu c'est une mesure strictement temporaire et qui ne s'appliquera que là où elle est strictement nécessaire et en plein accord avec les élus".

Le projet de loi, qui devrait être présenté au parlement dans le courant de la semaine, prolonge l'état d'urgence décrété mercredi dernier à compter du 21 novembre.

:confused:

Parigi
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Re: A propos de ce qui se passe à Clichy-sous-bois

Message par Nonette le Lun 14 Nov 2005, 18:23

Tiens salut Amazone, comment vont tes minous ? Allez reviens quoi, arrête de faire la tronchasse.
Moi non plus je suis pas d'accord avec toi Minipop, d'une part il faut une réflexion en amont explicitant le pourquoi du comment du contexte des conneries, délits et crimes en général. Des manques, des carences, des difficultés sociales, économiques, psychologiques qui les favorisent souvent. D'autre part en aval, on sait parfaitement que le répressif absolu (au pain sec et à l'eau au cachot ? à Cayenne ? les prisons actuelles) ne donnent pas grand-chose en matière de "réinsertion" au contraire, et s'il s'agit de mineurs, ou jeunes adultes pourquoi ne pas justement miser sur la réinsertion, l'insertion ou chais-pas-comment l'appeler justement avec des activités positives, valorisantes, ludiques, dont ils ont été souvent privé(e)s : puis le sport (la dépense et l'apprentissage de règles et de conduites collectives), le contact avec les animaux (s'en occuper, se responsabiliser, aimer) sont justement des activités plutôt pertinentes pour passer un message vers le retour à une vie plus "normalisée", "équilibrée" ou chais-pas comment on dit.
Amazone, ma vieille potesse, c'est pas le même type d'immigration ni le même contexte pour les Portugais, Italiens, Belges, Espagnols, Polonais arrivés entre le début du XXème et les années 70 et l'immigration post-coloniale africaine (du nord, subsaharienne) : ce ne sont pas les mêmes rapports avant/après la migration pour commencer. Y a un beau film de Yasmina Benguigui Mémoires d'immigrés, qui raconte des choses intéressantes sur la partie maghrébine de tout cela...
Quant à l'histoire des trois mois de plus de couvre-feu et c°, je suis affligée.
L'article que t'as posté Martina est terrible tout autant. C'est vraiment une situation immonde, s'ils s'étaient préoccupés un peu de tout ça avant les gars... salauds de pauvres, va ! batwoman

Nonette
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Re: A propos de ce qui se passe à Clichy-sous-bois

Message par speed_TT le Lun 14 Nov 2005, 19:02

Un maire UMP suspend les aides sociales aux familles des fauteurs de troubles



pas juste pour les familles entières, alors les frères et soeurs n'ont plus le droit de manger à cause d'un membre mineur
je suis consciente que beaucoup de parents ont démissionné de leur rôle parental mais ce n'est pas juste pour les autres
beaucoup de familles vivent des aides et rien que des aides, comme certaines vivent avec les aides du secours populaires ou autres, alors si on supprime ça, que va devenir les frères et soeurs qui n'auront plus rien à se mettre sous la dent!
on accuse la société
on accuse les parents
on accuse l'état
on accuse tout le monde sauf soi même, c'est toujours la faute aux autres
mais le résultat est là!
je sais que la peur nous fait agir différemment comme un état second
mais la peur n'évite pas le danger!


http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3226,36-709896@51-704172,0.html

speed_TT
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Re: A propos de ce qui se passe à Clichy-sous-bois

Message par Parigi le Lun 14 Nov 2005, 19:07

Oui j'ai reçu ça speed, on assiste à bien d'autres dérapages... ça ne ressemble pas à de la double peine puisque cela ne concerne, à priori, que les personnes poursuivies en justice dans le cadre de ces incidents ?

J'ai reçu ça aussi

Parigi
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Re: A propos de ce qui se passe à Clichy-sous-bois

Message par Sélénite le Lun 14 Nov 2005, 20:35

Un maire UMP d'une ville chic, Gorges Tron à Draveil, prétend suspendre des aides alors qu'il n'y a pas eu le moindre incident sur sa commune.... Et que l'aide sociale ne relève pas des communes pour la plus grande part.

C'est commes les expulsions de Sarko, vite dit et gros pipeau.

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Re: A propos de ce qui se passe à Clichy-sous-bois

Message par Parigi le Lun 14 Nov 2005, 21:23

Peut-être mais c'est dit.... et cela peut donner bien des idées à d'autres comme s'ils en avaient besoin...

Parigi
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Re: A propos de ce qui se passe à Clichy-sous-bois

Message par ~ Lily D le Lun 14 Nov 2005, 21:46

Nonette, dans la rubrique de l'horloge parlante a écrit:20:11 Chirac débite ses conneries, il ose parler d'égalité, d'aide considérable, d'effort de longue haleine, tiens un "service civil volontaire" qui apparaît à présent pour 50.000 jeunes, maintenant j'me demande bien ce que c'est... et n'oubliez pas les filles, il faut mettre en cohérence les discours et les actes et puis aussi que chacun fasse un effort et respecte les règles et qu'on ne viole pas impunément la loi - il est drôle ce monsieur -.. il a allumé un peu Sarko au passage sur le respect et l'importance des mots et réclame maintenant la diversité de la France au niveau politique et médiatique. Plein d'euphémismes, le keuf libéré, et l'état d'urgence pour 3 mois à présent. Vive la République, vive la France. batwoman

Moi j'ai trouvé que la version du discours de Chirac vue par les Guignols (diffusée quelques minutes avant celui-ci) n'était pas si loin que ça de la réalité ! Il parle avec des phrases à rallonge, mais n'a proposé qu'un p'tit truc qui, je pense, ne sera pas d'une grande efficacité... Puis il me fait rire, quand il s'adresse aux patrons pour les inciter à prendre aussi des jeunes avec des noms qui ne sonnent pas français, ne pas les mettre de côté... S'il disait ça à un sourd, il serait mieux entendu... Rolling Eyes

~ Lily D
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Re: A propos de ce qui se passe à Clichy-sous-bois

Message par Nonette le Lun 14 Nov 2005, 21:49

En effet, Chirac a d'ailleurs annoncé ce soir la possibilité de "punir" les parents et quand aux histoires d'expulsions, si cela peut concerner certaines personnes, même si c'est peu de cas au final, c'est toujours quelques personnes et c'est scandaleux, et surtout le dire comme Chirac ce soir nous a fait un laïus rien à voir sur la lutte contre l'immigration clandestine, c'est pour que le pékin lambda fasse bien l'assimilation dans sa tête "ptite caille de banlieue = étranger"... ou tout du moins verser un spouçon d'illégitimité nationale supplémentaire sur des individus bien nationaux et qui justement manifestent par la colère une demande d'égalitarisation. Je suis pas pour cramer des caisses de façon bordéliques et que ce soit les pauvres (les "populations les plus fragilisées" comme dirait l'autre) qui trinquent, mais je ne suis en aucun cas pour ôter le sens que peut avoir cette révolte, en faisant jouer les mots et amalgames pernicieux comme ils le font.

Nonette
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Re: A propos de ce qui se passe à Clichy-sous-bois

Message par Invité le Lun 14 Nov 2005, 22:46

Un article sur le sens de ces émeutes , j'ai mis en gras les points importants pour moi :

Construire un être-ensemble pour sortir de l'entre-nous des jeunes des quartiers.

Les cités et le monde ado


par Maxime TRAVERT et Pierre THERME
QUOTIDIEN : lundi 14 novembre 2005

Maxime Travert est maître de conférences à l'IUFM d'Aix-Marseille. PierreTherme est professeur à la faculté des sciences du sport de Marseille.

Des esprits, souvent étroits, assimilent le fait de tenter de comprendre et d'expliquer à celui d'absoudre. L'intensité des violences urbaines qui marquent l'actualité de notre pays suscite stupeur, colère, indignation. Elle invite également à une multitude de tentatives de compréhension et d'explication. Contribuer à déchiffrer, démêler les origines et la nature d'un tel événement n'est en rien assimilable à un pardon. C'est tout simplement une volonté de tenter d'y voir clair.

Il n'échappe à personne que ce sont des jeunes qui sont à l'origine de ces événements. Des jeunes qui, comme tous les jeunes, sont animés par des processus psychologiques liés à cette tranche d'âge. Des jeunes qui, à l'inverse des autres jeunes, se déploient dans un environnement social particulier. Comment alors lire ces incidents au travers de cette conjonction entre un semblable et un singulier ?

Cette période de développement est traversée par de nombreuses tensions qui convergent toutes vers un seul objectif, la construction de son identité sociale. Les mécanismes mis en place sont ceux de la recherche et de l'élaboration de ses propres limites en rapport avec notre système commun de contraintes. La définition de ces frontières rend compte du développement de conduites qui prennent forme dans le défi, la recherche de l'extrême, la transgression. Ces constructions se fondent dans la diversité des relations entre pairs, dans un bain émotionnel dans lequel l'éprouvé est prévalent. Les conditions et qualités des environnements sociaux et culturels sont primordiales dans la réussite de ce besoin vital d'accès au «Je».

Pour l'adolescent des banlieues, des usages très localisés se substituent aux règles les plus partagées. C'est dans ce contexte étroit que se façonnent leurs limites. Les échanges entre pairs se lissent dans une hyperuniformité. Le tout se sédimente par une survalorisation des expériences émotionnelles partagées.

L'édifice prend corps dans l'étroitesse du territoire dans lequel il se construit. Consistant dedans, il devient précaire dehors. Il suffit de lire l'image qu'il renvoie dans le regard des autres : «Vous et nous».

Cette construction située de l'identité s'est trouvée stigmatisée dans le regard de l'autorité. Trois processus se sont liés dans le même instant : l'amalgame et l'uniformité autour de la figure de la «racaille» ; l'irréductibilité de la norme et les limites dans la «tolérance zéro» ; l'excommunication sociale et l'émotion au travers de l'omniprésence des médias.

La réaction provoquée est alors à front renversé de cette injonction et sa mise en scène.

La caricature devient réalité : la casse. La limite posée est soudainement surtransgressée : la surenchère. La communication est instrumentalisée : la détérioration de symboles.

Comprendre et expliquer, c'est aussi envisager comment tenter d'agir. Comment ouvrir l'espace dans lequel se construisent les repères identitaires ? Comment passer d'un «entre-nous» à un «être-ensemble» ?

Deux vecteurs nous semblent incontournables : l'appropriation d'une culture commune et l'homogénéisation des expériences vécues.

L'appropriation d'une culture commune passe par l'école. Cette culture commune ne doit pas être réduite à un simple socle commun de savoirs instrumentaux désincarnés. Elle doit englober les diversités culturelles vivantes les plus partagées, les plus élaborées. Celles qui donnent sens et consistance aux échanges les plus quotidiens. Il serait regrettable d'exclure de ce patrimoine celles qui font directement référence aux pratiques sociales qui leur sont les plus familières. Celles à partir desquelles ils se façonnent et précisent les rapports qu'ils entretiennent avec les autres : le langage oral, le dessin, la danse, la musique, les activités physiques et sportives.

L'homogénéisation des expériences vécues passe par les relais associatifs. Evitons tout d'abord la caricature qui consiste à jouer dans un cas sur le modèle d'une réussite à reproduire ou dans l'autre à s'appuyer sur une seule expérience comme hypothétique voie de salut. Zidane reste l'arbre qui cache la forêt. Rien ne garantit qu'un bon sportif soit un bon citoyen. De multiples exemples nous montrent le contraire. Il s'agit ici de s'assurer de la stabilité et du partage d'un ensemble de valeurs et de principes, ceux communément admis, dans la diversité des cadres expérientiels dans lesquels évoluent ces adolescents. Ces associations, multiples et variées, doivent permettent de repérer les expériences vécues, de participer à enrichir leur spectre, de garantir le décloisonnement, de les mettre en réseau et de les encadrer.

La politique est et restera une affaire de relations entre personnes. Lorsqu'elle s'adresse aux jeunes, elle ne peut pas faire fi des processus qui participent à la construction de cette tranche de vie. Aux raccourcis, aux sommations, à l'indélicatesse, la complexité, le partage de règles signifiantes et la discrétion semblent mieux adaptés si l'on veut obtenir des résultats efficaces.

La violence ne naît pas forcément d'une absence d'échange mais d'une absence de compréhension de l'autre.


http://www.liberation.fr/page.php?Article=338103

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Re: A propos de ce qui se passe à Clichy-sous-bois

Message par ~ Lily D le Mar 15 Nov 2005, 00:58

Mots Croisés m'a filé mal au crâne... Rolling Eyes

~ Lily D
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Re: A propos de ce qui se passe à Clichy-sous-bois

Message par drolededame le Mar 15 Nov 2005, 02:48

Un texte en lien assez simple et juste.

http://www.africultures.com/index.asp?menu=affiche_article&no=4099

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Re: A propos de ce qui se passe à Clichy-sous-bois

Message par Parigi le Mar 15 Nov 2005, 09:16

Ces événements, en-dehors de toutes ces inspirations que l'on connaît, inspire quelques humouristes, en voilà une qui me plaît bien et un petit Wink au passage...

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Re: A propos de ce qui se passe à Clichy-sous-bois

Message par Amazone le Mar 15 Nov 2005, 12:56

Nonette a écrit:Tiens salut Amazone, comment vont tes minous ?
Ca va... elles font pas mal de bêtises dès que j'ai le dos tourné, mais ça va.
Nonette a écrit:Allez reviens quoi, arrête de faire la tronchasse.
Je ne fais pas la tronche, j'évite de trop participer pour eviter que ça ne parte en vrille...

Nonette a écrit:Amazone, ma vieille potesse
Je suis toute jeune moi!!!!!

Nonette a écrit:c'est pas le même type d'immigration ni le même contexte pour les Portugais, Italiens, Belges, Espagnols, Polonais arrivés entre le début du XXème et les années 70 et l'immigration post-coloniale africaine (du nord, subsaharienne) : ce ne sont pas les mêmes rapports avant/après la migration pour commencer.
Evidemment que c'est différent. Ma question reposait surtout sur le "comment faire pour que ça colle, en prennant en compte la spécificité de la situation, du type d'immigrants, de l'époque... etc ete tc?"

Nonette a écrit:Y a un beau film de Yasmina Benguigui Mémoires d'immigrés
J'essayerai de me le choper.
Mis à part tout ça, à mon humble avis, aucune solution ne pourra être mise en place par l'Etat.
1 – L’Etat est dirigé par des personnes qui défendent, avant tout, leurs intérêts. Les maires ayant instaurer le couvre feu sont pour la plus part UMPiens (voir tous ?). Ca ne me surprend pas. Les politiciens parlent souvent d’opinions divergentes sur telle ou telle question… j’y vois surtout un conflit entre partis politiques.
2 – Il y aura toujours des mécontents, toujours des revendications, des manifestations. Exemple typique et d’actualité : le couvre feu, l’élevage de poulet en pleine air malgré la grippe aviaire, les champs de maïs …

Mes avis que la solution doit venir de la population, et qu’il est grand temps d’arrêter de compter sur l’Etat, le gouvernement.
J’admire les pères et mères de famille qui ont décidé de faire des tours de garde dans les rues. C’est, je crois, beaucoup plus constructif que de manifester pour réclamer l’aide de l’Etat.

Amazone
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Re: A propos de ce qui se passe à Clichy-sous-bois

Message par Nonette le Mar 15 Nov 2005, 16:06

Amazone a écrit:Mes avis que la solution doit venir de la population, et qu’il est grand temps d’arrêter de compter sur l’Etat, le gouvernement.
J’admire les pères et mères de famille qui ont décidé de faire des tours de garde dans les rues. C’est, je crois, beaucoup plus constructif que de manifester pour réclamer l’aide de l’Etat.
L'un n'empêche pas l'autre, tu sais :pig: les familles et les individus n'ont pas à se substituer aux responsabilités d'un gouvernement qui gère un collectif bien plus grand qu'une unité familiale, un immeuble, un quartier... T'sais quoi, t'es libertaire en fait, Amazone, quelque part, un genre d'anar de droite... Cool
Contente que tes minettes aient la forme.

Nonette
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Re: A propos de ce qui se passe à Clichy-sous-bois

Message par Amazone le Mar 15 Nov 2005, 16:55

Oui effectivement, on peut manifester tout en surveillant les rues...
Ceci dit, j'ai remarqué que souvent, ceux qui agissent ne sont jamais ceux qui manifestent... vice et versa. MAIS ne généralisons pas la chose. Je suis convaincue qu'il y a quelques perles rares qui allient manifestations et actions à la perfection (merci les rimes en ion).

Nonette a écrit:les familles et les individus n'ont pas à se substituer aux responsabilités d'un gouvernement qui gère un collectif bien plus grand qu'une unité familiale, un immeuble, un quartier...
Dans le fond, je ne suis carrément pas d'accord. Dans la forme pas mieux.
Je pense que la sécurité, l'éducation des plus jeunes, l'évolution même d'une société incombent à chaque membre de la dite société.
Evidemment, il est aisé de reléguer ces responsabilités à d'autres.

Libertaire anar. de droite... ???
Je préfère me voir comme la dernière des amazones batwoman Tant qu'à faire dans le ridicule...

Amazone
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Re: A propos de ce qui se passe à Clichy-sous-bois

Message par Nonette le Mer 16 Nov 2005, 11:02


Appel unitaire pour la manifestation du 16 novembre à Paris

Non au régime d'exception, pour une urgence sociale


On ne répond pas à une crise sociale par un régime d'exception. La
responsabilité fondamentale de cette crise pèse, en effet, sur les
gouvernements qui n'ont pas su ou voulu combattre efficacement les
inégalités et discriminations qui se cumulent dans les quartiers de
relégation sociale, emprisonnant leurs habitants dans des logiques de
ghettoïsation. Elle pèse aussi sur ces gouvernements qui ont mené et
sans cesse aggravé des politiques sécuritaires stigmatisant ces mêmes
populations comme de nouvelles « classes dangereuses », tout
particulièrement en ce qui concerne la jeunesse des « quartiers ».

Nous n'acceptons pas la reconduction de l'état d'urgence. Recourir à
un texte provenant de la guerre d'Algérie à l'égard, souvent, de
français descendants d'immigrés, c'est leurs dire qu'ils ne sont
toujours pas français. User de la symbolique de l'état d'urgence,
c'est réduire des dizaines de milliers de personnes à la catégorie
d'ennemis intérieurs. Au-delà, c'est faire peser sur la France tout
entière et sur chacun de ses habitants, notamment les étrangers que le
gouvernement et le président désignent déjà comme des boucs
émissaires, le risque d'atteintes graves aux libertés. Le marquage de
zones discriminées par l'état d'urgence n'est pas conciliable avec
l'objectif du rétablissement de la paix civile et du dialogue
démocratique.

Nous n'acceptons le recours à des procédures judiciaires expéditives
voire à une « justice d'abattage » alors qu'en même temps la même
justice prend son temps pour élucider les conditions dans lesquelles
sont morts Bouna et Zied à Clichy-sous-Bois.

Restaurer la situation dans les « quartiers » et rétablir le calme,
c'est d'abord restituer la parole à leurs habitants. Des cahiers de
doléance doivent être discutés, ville par ville. C'est ensuite ouvrir
une négociation collective pour mettre en ouvre des actions de
rétablissement de l'égalité : ceci implique l'adoption d'une véritable
loi de programmation et que cessent les mesures de saupoudrage ou pire
encore les marques de mépris comme la stigmatisation des familles ou
la transformation de l'apprentissage en mesure de relégation scolaire
précoce. Une solidarité nationale authentique doit être au rendez-vous
de la reconstruction du tissu social dans les banlieues.

C'est, surtout, mettre en ouvre, dans la réalité, une réelle politique
nationale de lutte contre les discriminations et pour l'égalité des
droits.

Nous affirmons qu'il y a là une véritable urgence nationale : il faut
substituer à l'état d'urgence policier un état d'urgence sociale.

Nous appelons à se réunir le mercredi 16 novembre à 18h30, place
Saint-Michel à Paris
pour dire notre refus de ce régime d'exception et
pour exiger une autre politique. Signataires :

Act Up-Paris, Les Alternatifs, Alternative citoyenne, L'appel des cent
pour la paix, ATMF, Association des citoyens originaires de Turquie
(ACORT), Association de défense des droits de l'Homme au Maroc
(ASDHOM), Association des Tunisiens en France, ATTAC-France, Une Autre
voix juive, Cedetim-Ipam, CGT, Comité pour le Respect des Libertés et
des Droits de l'Homme en Tunisie (CRLDHT), Coordination
Antividéosurveillance d'Ile-de-France, Coordination des collectifs AC
!, Droit Au Logement, Droits devant !, Droit Solidarité, FASTI, FCPE,
Fédération anarchiste, Fédération SUD-Etudiant, Fédération des
Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR), FIDH, FSU,
GISTI, LCR, Ligue des droits de l'Homme, Marches européennes,
Mouvement des Jeunes Socialistes, Mouvement National des Chômeurs et
Précaires (MNCP), Mouvement de la Paix, MRAP, No-vox, Les Oranges, Les
Panthères roses, PCF, Rassemblement des associations citoyennes de
Turquie (RACORT), Réseaux citoyens de Saint-Etienne,
Souriez-Vous-tes-Filmé-es !, Syndicat des Avocats de France, Syndicat
de la Magistrature, Syndicat National des Médecins de Protection
Maternelle et Infantile, UNEF, Union démocratique bretonne (UDB), UNL,
UNSA, Union syndicale Solidaires, Union des syndicats parisiens de la
CNT (CNT-RP), Vamos !, Les Verts.l

Nonette
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Re: A propos de ce qui se passe à Clichy-sous-bois

Message par Nonette le Mer 16 Nov 2005, 14:39

J'adore...

Le ministre de l'emploi fait de la polygamie une "cause possible" des violences urbaines

LEMONDE.FR | 16.11.05 | 12h43

Le ministre délégué à l'emploi, Gérard Larcher, a estimé que la polygamie est l'une des "causes possibles" des émeutes qui ont eu lieu pendant trois semaines dans les banlieues, rapporte, mardi 15 novembre, le quotidien britannique Financial Times sur son site Internet, qui écrit que ces propos, susceptibles "d'alimenter un peu plus le débat" sur la crise des banlieues, risquent d'offenser musulmans et organisations antiracistes.

Le ministre aurait expliqué à des journalistes étrangers que cette polygamie serait aussi l'une des causes de la discrimination raciale sur le marché du travail. Conjuguée à une famille nombreuse, elle entraînerait parfois des conduites antisociales chez les jeunes, qui ne pourraient plus se référer à une figure paternelle chez eux, aurait estimé M. Larcher, et cela rendrait les employeurs plus réticents à embaucher des gens issus de minorités. "Puisqu'une partie de la société affiche ce comportement antisocial, il n'est pas étonnant que certains d'entre eux aient des difficultés à trouver du travail", a-t-il déclaré, selon le FT, "des efforts doivent être faits de part et d'autre. Si des gens ne sont pas aptes à un emploi, ils ne seront pas employés."


"CELA POSE DES PROBLÈMES DE LOGEMENT"


Le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, est allé dans le même sens, mercredi, estimant que la polygamie était "certainement l'une des causes" des violences urbaines. Invité de la radio RTL, il a ajouté que les pouvoirs publics s'étaient montrés "étrangement laxistes" avec la polygamie. Officiellement interdite en France – et punissable de prison – elle aurait cours dans 10 000 à 30 000 familles.

"Cela pose des problèmes de logement. On ne peut pas vivre à plusieurs dizaines dans un appartement", a déclaré le député de Haute-Savoie. Il a aussi dénoncé "des dérives qui, en particulier entre 1997 et 2002, ont accompagné l'application du regroupement familial", estimant que "les chiffres ont doublé" sous le gouvernement Jospin.

Interrogé sur la suppression d'aides aux familles, en cas de condamnation d'un de ses membres pour participation aux émeutes, M. Accoyer en a approuvé le principe en expliquant que "quelques cas le justifient". Mais "il ne faut pas généraliser", a-t-il dit.

Hélène Carrère d'Encausse dénonce des "villages africains"
La secrétaire perpétuelle de l'Académie française a estimé que la polygamie était l'une des causes des troubles dans les banlieues. Dans des propos rapportés, mardi, dans Libération, Hélène Carrère d'Encausse affirme que "ces gens, viennent directement de leurs villages africains. Or la ville de Paris et les autres villes d'Europe, ce ne sont pas des villages africains". Invitée dans les médias russes pour tenter d'expliquer la crise dans les banlieues françaises, elle a notamment déclaré : "Par exemple, tout le monde s'étonne : pourquoi les enfants africains sont dans la rue et pas à l'école ? Pourquoi leurs parents ne peuvent pas acheter un appartement ? C'est clair, pourquoi : beaucoup de ces Africains, je vous le dis, sont polygames. Dans un appartement, il y a trois ou quatre femmes et 25 enfants. Ils sont tellement bondés que ce ne sont plus des appartements, mais Dieu sait quoi ! On comprend pourquoi ces enfants courent dans les rues." (Libération.)

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-706693,36-710615@51-704172,0.html

Vive les amalgames rapides et le racisme culturaliste ; et la spécialiste de la Russie non coco là j'me demande bien à quel titre elle l'ouvre.

Et quant aux explusions d'étrangers légaux ou non, y a 10 démarches en cours auprès des tribunaux actuellement...

Nonette
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Re: A propos de ce qui se passe à Clichy-sous-bois

Message par Amazone le Mer 16 Nov 2005, 15:29

En même temps, il est UMPien...

Maintenant, je me demande pourquoi ont-il appeler leur parti UMP (Union pour un mouvement populaire)...

Je m'etonne que ce genre d'article puisse apparaïtre dans "le monde".

Amazone
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Re: A propos de ce qui se passe à Clichy-sous-bois

Message par Parigi le Mer 16 Nov 2005, 19:47

Oui, décidément, tout le monde y va de sa petite phrase, ils les collectionnent et c'est sensé ramener le calme sans doute...

COMMUNIQUÉ de la LDH
Paris, le 16 novembre 2005

Les étrangers ne sont pas des cibles

Selon M. Larcher, la polygamie serait responsable de la discrimination à l’emploi que subissent nombre de Français ou d’étrangers en situation régulière.

Selon Mme Carrère d’Encausse, la cause de la crise du logement, ce serait, là encore, la polygamie. Sans compter qu’il lui paraît normal de critiquer la loi de 1972 contre le racisme et pas anormal de décompter les juifs ou les noirs à la télévision…

Pour le président de la République, M. Accoyer et le ministre de l’Intérieur, le regroupement familial expliquerait la crise des banlieues.

Ces propos sont mensongers : ni la polygamie, dont les premières victimes sont les femmes, ni le droit de vivre en famille n’expliquent la crise sociale qui s’exprime.

Il est nauséabond et irresponsable de faire ainsi des étrangers la cause de la situation que connaît notre pays.

Ceux et celles qui tiennent ces discours prennent sciemment le risque de renforcer la xénophobie et le racisme.

La LDH rappelle à chacun que la paix civile ne peut supporter de tels débordements.

Parigi
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Re: A propos de ce qui se passe à Clichy-sous-bois

Message par Nonette le Mer 16 Nov 2005, 19:55

Et devinez qui en profite en attendant de ces gracieux amalgames : l'extrême-droite et par elle le présidentiable qui a contribué à allumer et raviver la mèche, Sarko crédité de plein de voix et du report de celles du FN et des potes à De Villiers... heureusement que ça vote pas tout de suite, et vivement qu'il dérape bon sang d'abricote !

Nonette
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Re: A propos de ce qui se passe à Clichy-sous-bois

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