A propos de ce qui se passe à Clichy-sous-bois

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Message par ~ Lily D le Mer 16 Nov 2005, 20:26

En tout cas, encore bien d'accord avec PPD des Guignols : en n'arrêtant pas de parler des incidents, on fait monter les oeufs en neige... Maintenant qu'on sait ce qui se passe, ça ne serait pas bien de parler un peu d'autre chose dans le 20 h ?

PPD lui, il a fait 3 minutes de silence pendant la fin des Guignols en tout cas, plutôt que parler de tout ça... Rolling Eyes

~ Lily D
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Re: A propos de ce qui se passe à Clichy-sous-bois

Message par Nonette le Mer 16 Nov 2005, 21:31

C'est rassurant sur l'état du monde. Si je poste plus, c'est que j'ai mis la tête dans l'four de façon yumienne :rambo:

Les "immigrés" français font peur à Moscou
LE MONDE | 16.11.05 | 14h03 •

Il ne se passe pas un jour à Moscou sans que les violences qui secouent la France soient abordées par les médias, par les politiques et dans les dîners en ville. " "La fin de votre France ! : ce que veulent les incendiaires", titre l'hebdomadaire Vlast de cette semaine ; "Les Maures à l'oeuvre", annonce un autre magazine, qui se propose d'expliquer "pourquoi Paris a brûlé". Dimanche 13 novembre, la plupart des télévisions russes ont ouvert leurs émissions d'information hebdomadaires sur "la révolte des immigrés", un thème qui ressort aujourd'hui dans toutes les conversations des Moscovites.


Pour la plupart des Russes, les images que leur renvoie leur petit écran sont choquantes, au premier chef parce que ce ne sont pas celles de la France qu'ils croient connaître et dont, indéniablement, ils admirent la culture, celle de Balzac, de Victor Hugo, d'Alexandre Dumas. C'est sur cette France-là qu'ils ont arrêté leur regard pendant les quatre-vingt-cinq années de chape de plomb soviétique, la voyant comme la quintessence de la civilisation.

Ceux qui ont fait le voyage jusqu'à Paris — ils sont de plus en plus nombreux — se remettent difficilement de ce qu'ils ont vu : "Tant d'Africains, tant d'Arabes ! C'était tellement humiliant pour moi de faire la queue avec eux à la préfecture", explique Vitia, un étudiant qui a séjourné quelques mois en France il y a deux ans. "Heureusement que votre ministre de l'intérieur va les déporter : cela va les calmer", explique Boris, un militaire à la retraite. Les passions se sont à ce point enflammées que le bureau du Monde à Moscou a reçu de la province russe des messages de soutien envers la France "contre ces méchants Arabes et ces Noirs ingrats".

Cette vision phobique trouve toute son expression dans un ouvrage récemment publié. Intitulé Mosquée Notre-Dame de Paris, le livre est une fiction qui dépeint Paris en 2047, soumise à la loi islamique. Les habitants, s'ils ne se sont pas convertis, en sont réduits à vivre dans des ghettos. "La guerre des religions entre chrétienté et islam est plus qu'inévitable : elle a déjà commencé", a déclaré Elena Tchoudinova, son auteur, à l'agence de presse russe Interfax.

Car ici la grille de lecture la plus communément livrée pour comprendre ce qui se passe en France est celle du choc des civilisations et des guerres de religions. Interrogé sur le pourquoi des "troubles en France" à l'occasion d'une conférence de presse, Viatcheslav Postavnine, chef du département des migrations, a mis en avant le "facteur islamiste". Alexandre Privalov, de l'hebdomadaire Ekspert, a expliqué que les insurgés en France étaient "pour la plupart de jeunes islamistes".

Les "experts" français choisis par les télévisions pour faire de l'explication de texte renforcent cette tendance. Interviewé à tout bout de champ, Jean-Marie Le Pen et ses explications — "Depuis longtemps je disais bien que la France allait devenir algérienne" — sont pris pour argent comptant.

Hélène Carrère d'Encausse, secrétaire perpétuelle de l'Académie française et historienne spécialiste de la Russie, a expliqué sur la chaîne privée NTV : "Tout le monde s'étonne : pourquoi les enfants africains sont-ils dans la rue et pas à l'école ? Pourquoi leurs parents ne peuvent-ils pas acheter un appartement ? C'est clair : beaucoup de ces Africains, je vous le dis, sont polygames." Dans un entretien accordé à l'hebdomadaire Les Nouvelles de Moscou, elle ajoute : "La télévision française est tellement politiquement correcte que cela en est un cauchemar. Nous avons des lois qui auraient pu être imaginées par Staline. Vous allez en prison si vous dites qu'il y a cinq juifs ou dix Noirs à la télévision. Les gens ne peuvent pas exprimer leur opinion sur les groupes ethniques, sur la seconde guerre mondiale et sur beaucoup d'autres choses."

Les angoisses de toute une société se sont désormais cristallisées sur la crise française. La Russie, qui se voit comme le dernier rempart entre l'Europe et la barbarie, voit resurgir ses propres peurs. "Ce qui se passe en France va se produire chez nous, j'en suis certaine", confie Elisaveta, une professeur de français. La question revient sans cesse sur le tapis. "Le scénario français nous menace-t-il ?", interrogeait la chaîne de télévision publique RTR, dimanche soir.

"Rien de tel ne se produira", explique Modeste Kolerov, l'homme chargé au sein de l'administration présidentielle russe de lutter contre les "révolutions orange". La Russie, rappelle-t-il à l'agence de presse Itar-Tass, est, "depuis plus de mille ans", un Etat "multiethnique". Le sociologue Valeri Tichkov, cité par RTR, exclut, lui aussi, semblable développement : "Nos immigrés sont terrorisés, effrayés ; je ne pense pas qu'ils osent se livrer à de tels actes de barbarie", pronostique-t-il.

Depuis l'arrivée de Vladimir Poutine au pouvoir, le discours nationaliste prend de l'ampleur et le slogan "La Russie aux Russes !" connaît un certain succès. Par ailleurs, la guerre menée en Tchétchénie a servi de terreau à la haine ethnique contre les "Noirs" (Tchernye), c'est-à-dire les Caucasiens et les ressortissants d'Asie centrale, fréquemment décrits dans le discours de l'homme de la rue comme des "barbares". Le 4 novembre, jour de la fête de l'"unité nationale", près d'un millier de manifestants ont défilé dans les rues de Moscou en clamant des slogans racistes contre "les mafieux caucasiens" et contre "les trafiquants de drogue tadjiks".

La semaine dernière, le parti ultranationaliste Rodina (Patrie) a fait diffuser en boucle, à la télévision, un petit film de campagne en vue des élections législatives du 4 décembre. On y voit un groupe d'hommes aux cheveux noirs, assis sur un banc dans un parc, manger des melons et jeter les épluchures par terre. Deux hommes passent — les deux sont des figures du parti Rodina : Dmitri Rogozine et Iouri Popov — et leur demandent de ramasser les détritus. "Vous comprenez le russe ?", demande, narquois, Iouri Popov.

Le clip se termine sur le slogan : "Nettoyons notre ville de ses détritus !", qui résume le programme électoral du parti Rodina. Depuis la protestation de l'ambassadeur d'Azerbaïdjan à Moscou, le clip a été retiré. Mais le message a suffisamment été diffusé pour être gardé en mémoire. Sa teneur en dit long sur les peurs qui animent les Russes aujourd'hui et dont les événements de France sont pour eux le miroir.

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-706693,36-710660@51-708037,0.html

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Re: A propos de ce qui se passe à Clichy-sous-bois

Message par Yume le Jeu 17 Nov 2005, 00:30

Nonette a écrit:C'est rassurant sur l'état du monde. Si je poste plus, c'est que j'ai mis la tête dans l'four de façon yumienne :rambo:

Dis donc, quand est-ce que tu vas arrêter de me prendre pour une suicidaire? C'est le genre de truc qui me donne franchement envie de passer à l'acte, même si je ne le ferai jamais. J'en ai marre tout le monde me prend pour une moins que rien (pour ne pas dire une conne... une sous-merde, une loque, ou que sais-je encore...) sur ce forum.
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Re: A propos de ce qui se passe à Clichy-sous-bois

Message par Parigi le Jeu 17 Nov 2005, 07:46

Pub détournée, ah c'est ma préférée celle-là...


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Re: A propos de ce qui se passe à Clichy-sous-bois

Message par Nonette le Jeu 17 Nov 2005, 11:05

En attendant cette enflure a plus 11 points de popularité-sa-race, et ils nous balancent les trois mois d'exception dans la tronche alors que tout est revenu au calme disent les condés. Les quasi 3000 interpellés iront faire un séjour de réinsertion pertinent, les presque 2000 propriétaires des caisses verront avec les assurances, et la politique de la ville devrait revenir à son point avant 0 avec le retour de subventions (combien ? comment ?), et un nouveau genre de service militaire à la con qui ne dit pas son nom pour occuper les "jeunes" quelques mois et les discipliner un peu non mais oh. Et la droite dure qui monte, qui monte, qui monte... batwoman J'veux l'asile politique dans une île paradisiaque débarrassée d'abrutis. Sad

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Re: A propos de ce qui se passe à Clichy-sous-bois

Message par Shane le Jeu 17 Nov 2005, 12:25

euhhhhhhhhhh nonette stp évite d employer mon nom ici mm si jaime trop la police (c vrai jen ai vu des vertes et des pas mures ossi pk avoir hériter de ce nom?) batwoman :spiderman:
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Re: A propos de ce qui se passe à Clichy-sous-bois

Message par Nonette le Jeu 17 Nov 2005, 12:32

Tu devrais faire une demande de changement alors peut-être ?

Voilà d'autres informations intéressantes qui montrent l'ampleur de la répression.

TOULOUSE : PRISON FERME POUR COMPARUTIONS IMMEDIATES
Lundi 14 novembre 13h30, nous arrivons devant le TGI de Toulouse, (un
RDV avait été donné par un tract de la CNT-AIT au rassemblement de
Samedi place du capitole ). Il y a du monde devant l'entrée.

Y a t il fouille ou contrôle pour que tous attendent ainsi sous la pluie
? Non, en nous faufilant nous en apprenons la cause . Ce sont deux
rangées de CRS qui occupent le couloir. Ils empêchent toute personne de
s'introduire dans le tribunal. Toute personne ou presque..Uniformes
bleus ou noirs, porteurs de cartes de presse, ont eux le passe droit .
Mais les familles , les amis, eux n'ont droit qu'à attendre dehors que
les procés se fassent.

Un seul du groupe, sur une quarantaine d'individus venus soutenir les
inculpés, a réussi a s'installer dans la salle d'audience, . Il y a eu
quatre comparutions relatives aux "émeutes" sur Toulouse. Les résultats :

- Pour une poubelle brûlée a Pibrac : 5 mois fermes

- Pour avoir montré ses fesse aux CRS lors d'une manif nocturne : 3
mois fermes

- Pour outrage (il était avec celui qui montrait ses fesses) : 2 Mois
fermes

Le procés de Michaêl K. est reporté au 30/11/2005 : il est maintenu en
détention sous l'inculpation de "Participation a association de
malfaiteurs". En fait il a été trouvé en possession d'essence...


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Re: A propos de ce qui se passe à Clichy-sous-bois

Message par Shane le Jeu 17 Nov 2005, 12:42

ouiai je vais réfléchir a la question
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Re: A propos de ce qui se passe à Clichy-sous-bois

Message par Nonette le Jeu 17 Nov 2005, 14:42

Banlieues : les vraies urgences


On ne répond pas à une crise sociale par un régime d’exception. La responsabilité fondamentale de cette crise pèse, en effet, sur les gouvernements qui n’ont pas su, ou voulu, combattre efficacement les inégalités et discriminations qui se cumulent dans les quartiers de relégation sociale, emprisonnant leurs habitants dans des logiques de ghettoïsation. Elle pèse aussi sur ces gouvernements qui ont mené et sans cesse aggravé des politiques sécuritaires stigmatisant ces mêmes populations comme de nouvelles « classes dangereuses », tout particulièrement en ce qui concerne la jeunesse des «quartiers ».
Ce sont des années de politique centrée sur le tout sécuritaire qui sont en cause. Le sabotage des actions de prévention, l’asphyxie du monde associatif,la démolition de la police de proximité, la tolérance à l’égard des discriminations quotidiennes, notamment à l’égard des personnes étrangères ou supposées telles en raison de leur faciès, l’état d’une école qui ne peut réduire la ségrégation nous font mesurer aujourd’hui non seulement l’échec mais la redoutable nocivité de cette politique. Ce n’est pas seulement le langage du ministre de l’Intérieur, ce sont les actes de l’ensemble du gouvernement qui relèvent d’une logique d’apprenti sorcier.
Les violences sont autodestructrices. Elles nuisent essentiellement à ceux dont elles dénoncent l’exclusion. Faire cesser les violences, pesant sur des populations qui aspirent légitimement au calme, est évidemment nécessaire.
Dans ce contexte, l’action des forces de l’ordre, qui doit s’inscrire dans un cadre strictement légal et ne pas conduire à des surenchères, ne saurait être la seule réponse. D’ores et déjà, nous devons ouvrir un autre chemin si nous ne voulons pas que se poursuivent ou se renouvellent les violences qui viennent de se produire. Seule une action collective permettra de définir les conditions d’une autre politique.
En premier lieu, nous n’acceptons pas que se poursuive l’état d’urgence.
Recourir à un texte provenant de la guerre d’Algérie à l’égard, souvent, de français descendants d’immigrés, c’est leur dire qu’ils ne sont toujours pas français. User de la symbolique de l’état d’urgence, c’est réduire des dizaines de milliers de personnes à la catégorie d’ennemis intérieurs. Au-delà, c’est faire peser sur la France toute entière et sur chacun de ses habitants, notamment les étrangers que le gouvernement désigne déjà comme des boucs émissaires, le risque d’atteintes graves aux libertés.
Nous affirmons solennellement que, si ce régime d’exception devait être prolongé, nous mettrions en œuvre tous les moyens démocratiques dont nous disposons pour nous y opposer.
Nous souhaitons ouvrir une autre perspective que celle qui a conduit à l’impasse actuelle.
Ceci passe par la mise à l’ordre du jour de quatre exigences fondamentales : la vérité, la justice, l’égalité et le respect.
Ni le recours à des procédures judiciaires expéditives, voire à une « justice d’abattage », ni le marquage de zones discriminées par une carte de l’état d’urgence ne sont conciliables avec l’objectif du rétablissement de la paix civile et du dialogue démocratique.
Cette exigence implique aussi que la vérité soit totalement faite sur les conditions dans lesquelles deux jeunes hommes sont morts à Clichy-Sous-Bois.
Restaurer la situation dans ces quartiers, c’est d’abord restituer la parole à leurs habitants. Des cahiers de doléance doivent être discutés, ville par ville, selon les principes de la démocratie participative entre représentants des habitants, associations, syndicats, élus locaux et représentants de l’État.
Ils doivent être rendus publics.
C’est ensuite ouvrir une négociation collective, regroupant les mêmes participants, pour programmer des actions de rétablissement de l’égalité, ce qui implique que la représentation nationale soit saisie d’une véritable loi de programmation et que cessent les mesures de saupoudrage, ou pire encore, les marques de mépris comme la transformation de l’apprentissage en mesure de relégation scolaire précoce. Une solidarité nationale authentique doit être au rendez-vous de la reconstruction du tissu social dans les banlieues.

C’est, surtout, mettre en œuvre, dans la réalité, une réelle politique nationale de lutte contre les discriminations et pour l’égalité des droits. Il doit être mis un terme sans délai à tous les discours insupportables et dévalorisants qui font des habitants de ces quartiers, des « racailles », des « barbares », des « sauvageons » ou des « fantassins d’un complot intégriste ».
Nous affirmons qu’il y a là une véritable urgence nationale : il faut substituer à l’état d’urgence policier un état d’urgence sociale, afin que les actes des gouvernants cessent de contredire la devise de la République.

Signataires :
Les Alternatifs, Association des Tunisiens en France, ATTAC, ATMF, Cactus républicain/La gauche, CEDETIM-IPAM, CGT, Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l'Homme en Tunisie (CRLDHT), Droit Solidarité, Fac Verte, FCPE, Fédération anarchiste, FIDH, FSU, GISTI, Les Oranges, Les Verts, LDH, Lutte ouvrière (LO), Mouvement pour une alternative républicaine et sociale (MARS), Mouvement des jeunes socialistes (MJS), Mouvement National des Chômeurs et des Précaires (MNCP), MRAP, PCF, Rassemblement des associations citoyennes de Turquie (RACORT), Réseaux citoyens de Saint-Étienne, Réformistes et solidaires (ReSo), Syndicat des Avocats de France, Syndicat de la Magistrature, Union démocratique bretonne (UDB), UNEF, Union nationale lycéenne (UNL), UNSA, Union Syndicale Solidaires

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Re: A propos de ce qui se passe à Clichy-sous-bois

Message par Elegy le Ven 18 Nov 2005, 10:52

Un article de Libé pour contredire les conneries de Sarko sur la polygamie comme cause des émeutes...

Dans le Nord, au tribunal, des émeutiers loin des clichés

Des jeunes Blancs issus de milieux défavorisés comparaissent devant la justice.


C'est un Français «issu de l'immigration», mais pas celle que l'on croit. Jérémy V. habite Arras. Il porte un nom flamand, preuve que ses ancêtres venaient de... Belgique. L'arrestation de ce jeune homme de 20 ans, jeune intérimaire à Arras, prouve que les jeunes des quartiers en difficulté qui brûlent des voitures échappent aux clichés.

A Lille, ces prévenus inattendus ont peuplé les tribunaux ces derniers jours. «Les deux tiers des jeunes qui passent en comparution immédiate après les incendies nocturnes sont des Jean-Marc et des Maxime», indique un journaliste familier du tribunal de grande instance. «Ce ne sont pas que des bronzés», confirme Serge Damiens, éducateur à la mission locale de Lille. «Dans le quartier des Bois-Blancs à Lille, quand l'école a brûlé, la première demi-heure, ils étaient tous blancs.» Ça ne l'étonne pas. «La couleur de la peau est un handicap à l'embauche, c'est vrai. Mais l'adresse aussi. Ceux qui veulent s'en sortir donnent souvent l'adresse fictive d'une tante, hors du quartier, ou dans la ville voisine.» Il reconnaît que ces enfants des quartiers populaires partent quand même dans la vie avec un handicap de moins : «Les CRS passent plus de temps à contrôler les têtes frisées que les Patrick et les Gérard.»

Dans le Nord et le Pas-de-Calais, terre d'immigration ancienne, l'immense majorité des quartiers populaires sont ethniquement mixtes. Les fils d'ouvriers ­ et de plus en plus, de chômeurs ­ qui vivent dans les quartiers en difficulté sont français dits «de souche», ou issus de l'immigration belge, polonaise, portugaise, espagnole, maghrébine et africaine. [...]

Autres lieux, autres profils, et autres clichés. Alors que Nicolas Sarkozy déclarait, péremptoire, que «75 à 80 %» des jeunes interpellés étaient «déjà connus pour de nombreux méfaits», les magistrats de différents tribunaux de grande instance ont montré, hier, chiffres à l'appui, que la plupart sont plutôt des gamins sans antécédent judiciaire. Ainsi, à Bobigny, «la très grande majorité» des mineurs ont «un profil de primo délinquant» a déclaré Denis Fauriat, secrétaire général du parquet. Même analyse à Lyon, Nancy, ou Marseille.

http://www.liberation.fr/page.php?Article=339304
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Re: A propos de ce qui se passe à Clichy-sous-bois

Message par ~ Lily D le Ven 18 Nov 2005, 11:49

De toute façon, y'a pas non plus besoin d'habiter dans une banlieue connue pour ses problèmes pour être délinquant...

Un de mes cousins a fait bien des conneries, et pourtant, ses parents ont chacun un boulot, et ils avaient une p'tite maison sympa dans un lotissement fraîchement sorti de terre... Entre les pèts, les tags sur les murs de sa ville et autres bêtises... l'était fort lui aussi :rambo:

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Re: A propos de ce qui se passe à Clichy-sous-bois

Message par Parigi le Sam 19 Nov 2005, 00:56

10 novembre 2005 - L'urgence de la fraternité

Tribune de Michel Tubiana, président d'honneur de la LDH, parue dans Le Monde du 11 novembre 2005

La France est-elle en guerre contre une partie de sa population ? La question vaut d’être posée tant le discours du gouvernement présente tous les stigmates d’une situation de guerre. Le gouvernement ment lorsqu’il présente la proclamation de l’état d’urgence comme autorisant seulement un couvre-feu. En fait, la loi du 3 avril 1955 autorise, en sus, des interdictions de séjour, des assignations à résidence pour « toute personne […] dont l’activité s’avère dangereuse pour la sécurité et l’ordre publics », la fermeture des « lieux de réunion de toute nature » et l’interdiction des « réunions de nature à provoquer ou à entretenir le désordre ». Il peut, en outre, faire « prendre toutes mesures pour assurer le contrôle de la presse et des publications de toute nature », et donner compétence aux juridictions militaires en concurrence avec les juges ordinaires. Le gouvernement a même autorisé, ce qu’il n’était pas obligé de faire, des perquisitions de nuit. Et il n’y a aucune raison de penser que ce gouvernement n’use pas de ces pouvoirs face à la « racaille » ou d’autres.

La question n’est pas de savoir si l’on peut accepter les violences qui se commettent dans certains quartiers de nos villes. Elles sont insupportables non seulement parce qu’elles atteignent les plus pauvres d’entre nous mais aussi parce qu’elles ne débouchent sur rien. Les Hommes, dans la liberté qui les définit, ne peuvent oublier que leurs créances inaliénables sur la collectivité s'accompagnent toujours de leur propre responsabilité. Mais, prétendre commander l'ordre et la sécurité à ceux que l'on plonge dans le désordre d'une vie sans avenir, c'était s'exposer à la pire des révoltes, celle de ceux qui n'ont rien à perdre et donc rien à construire. Qu'y-a-t-il de plus insupportable que ce cynisme des nantis qui transforme le civisme en gardien de leurs privilèges ? C’est ce que fait ce gouvernement, c’est ce qu’ont fait nos gouvernements depuis des décennies, ce sont les conséquences de ces politiques que nous récoltons aujourd’hui.

Loin de reconnaître ces erreurs, le gouvernement assène son mépris. Recourir à un texte provenant de la guerre d’Algérie à l’égard de populations souvent issues de l’immigration, c’est dire un peu plus qu’elles ne sont toujours pas françaises. Faire de l’apprentissage le déversoir de l’échec scolaire, c’est ravaler le travail au rang d’une malédiction. User de la symbolique de l’état d’urgence, c’est réduire ces jeunes au rang d’ennemis intérieurs. Comment ne pas dire que ce gouvernement travestit la République sous l’habit du gendarme et la prive de toute fraternité ? Comment ne pas constater que les discours impuissants de ceux qui aspirent à exercer, à leur tour, le pouvoir font penser que, paraphrasant le fabuliste, s’ils ne mourront pas tous de ce mal, ils en sont tous frappés ?

C’est d’une autre politique dont nous avons besoin. Elle passe par une véritable mobilisation de toutes les forces qui rejettent les discours d’élimination du gouvernement et notamment du ministre de l’Intérieur. C’est une véritable campagne pour le respect, pour l’égalité et pour les droits civiques qu’il faut aujourd’hui engager afin que les actes des gouvernants cessent de contredire la devise de la République. C’est notre responsabilité collective de créer un projet qui offre un avenir à tous. À défaut, nous accepterons définitivement de passer par pertes et profits quelques millions de personnes. Est-ce cela que nous voulons ?

Michel TUBIANA
Président d’honneur de la LDH

Le Monde 10/11/05
source : http://www.ldh-france.org/actu_derniereheure.cfm?idactu=1147

Il est un peu ancien mais remets le débat là où il doit être, je trouve, plutôt que ce j'entends qui me désespère...

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Et vu de Chine....

Message par sunflower le Dim 20 Nov 2005, 07:44

Vu de l’étranger, ce qui se passe en France est fort préoccupant.

Certains pays, comme les Etats-Unis, observent les débordements auxquels on assiste en se moquant de la France, cette donneuse de leçons si fière de son modèle social et qui prétendait que ce qui s’était passé à Los Angeles il y a quelques années était impossible chez elle.
D’autres pays ont du mal à analyser ces évènements et la manière dont l’Etat les gère – et on ne saurait leur donner tort.

En Chine, comme le souligne Pierre Haski, correspondant permanent du journal Libération et qui a crée un blog sur la chine ( Mon journal de Chine ) que je recommande à quiconque s’intéresse aux débats sur la Chine et aime les prises de tête, les réactions sont diverses face à l'embrasement des banlieues en France. Les sentiments se partagent entre « inquiétude, compassion et réflexe sécuritaire ».

L’inquiétude, j’ai pu l’observer moi-même lorsqu’une délégation de hauts fonctionnaires chinois devait se rendre en France la semaine dernière et avait peur de se retrouver au milieu de tous ces incidents, bien que logée en plein coeur de Paris, dans le 6ème arrondissement. Il a fallu la rassurer et lui dire qu’elle n’aurait pas à se promener seule, qu’elle mangerait à la cantine de l’école qui la reçoit, bref, qu’elle serait bien encadrée....
L’inquiétude se manifeste également par la crainte de voir ces incidents se produire en Chine. C’est qu’en Chine, derrière tout ce béton qui impressionne l’étranger qui se promène à Shanghai ou dans les grandes avenues de Pékin, existe un véritable fossé social entre les individus. Tandis que se déversent dans les villes tous ces ouvriers-paysans, les Mingongs, qui espèrent trouver en ville une solution à leur misère en vendant leur seule richesse, leur force de travail, on voit d’un autre côté, comme en France, les chinois de condition très modeste chassés du centre des villes : les maisons sans sanitaires et eau courante dans lesquelles ils habitent dans des hutongs – ruelles typiques de Pékin– sont détruites pour abriter ensuite des complexes commerciaux.

La compassion car les médias s’inquiètent pour le sort de leurs ressortissants en France – certains faisant l’écho de trois étudiants chinois qui auraient été victimes d’incidents à Toulouse. Ainsi, l'ambassade de Chine en France est même intervenue pour demander la protection de la police pour les Chinois de France et leurs biens.

Mais si en France les amalgames sont faciles à faire, il est aisé de s’imaginer qu’ils le sont encore plus en Chine où il a toujours existé une véritable défiance à l’égard de l’étranger, du laowai. Ces évènements en France sont principalement perçus comme liés à l’immigration et le fait des musulmans. Ils semblent justifier la politique de répression que la Chine mène dans le Xinjiang, sa province à majorité musulmane. Ce qui surprend les média chinois, c’est la lenteur avec laquelle l’ordre est rétabli en France (peut-être veulent-ils faire allusion à la manière dont cela avait été réglé lors du « petit incident de 1989»). Un internaute chinois, sur le blog de Pierre Haski – bloqué à Pékin mais vu qu’en France on décide aussi de bloquer des blogs, quel beau slogan d’ailleurs...- s’en prend aux communautés maghrébines et africaines, peu appréciées des Chinois. « Pourquoi les accepter en France? Si les Français manquent de main d'oeuvre, il vaut mieux accepter les Chinois qui sont travailleurs ».

Et cela me fait rire car j’ai lu qu’Azouz Begag, ministre délégué à la Promotion de l'égalité des chances, prônait l’apprentissage massif du chinois dans les banlieues comme solution :

Azouz Begag pour l'apprentissage massif du chinois dans les quartiers pauvres
PARIS, 15 nov 2005 (AFP) - Le ministre délégué à la Promotion de l'égalité des chances, Azouz Begag, a souhaité que l'on "mette le paquet" sur l'apprentissage du chinois dans les collèges des "quartiers pauvres". "Je pense que dans les quartiers pauvres, où il y a des collèges en difficulté, (il faudrait) injecter massivement pendant deux ans l'apprentissage du chinois", a déclaré Azouz Begag au cours d'une interview à France 3. "Dans les cinq ans à venir, le chinois va être un outil indispensable pour réussir professionnellement, a ajouté le ministre. Si on met le paquet sur le chinois, et que des jeunes qui ont 15 ans aujourd'hui se retrouvent à l'âge de 25 ans avec une parfaite maîtrise du chinois, il n'auront aucun problème pour trouver du boulot".

Si l’apprentissage des langues est une bonne chose et permet, je pense, une plus grande ouverture d’esprit, il y a quand même de quoi s’interroger lorsqu’on voit qu’un gouvernement n’a que ça comme solution à proposer (et il ne s’agit pas du tout d’une blague, le ministre délégué a bien fait cette déclaration) à ce qui se passe en ce moment en France.
Proposer l’apprentissage du chinois à des jeunes qui sont déjà en difficulté scolaire et qui ont souvent du mal à maîtriser le français peut vraiment apparaître comme une négation du véritable problème et de la situation dans laquelle vivent ces jeunes. Peut-être qu’il serait déjà bien de promouvoir la double culture que certains ont (même s’il ne s’agit pas, et là l’amalgame est bien trop facile, que de jeunes issus de l’immigration). Et puis, proposer de délocaliser nos banlieues en Chine, c'est quand même fort. De surcroît, c’est véritablement jeter de la poudre aux yeux à ces jeunes - même si, c'est vrai que ce sont les Chinois qui ont inventé la poudre pour les feux d'artifice- ; il ne suffit plus de bien parler le chinois pour faire aisément sa place en Chine et puis, d’ici 25 ans, la langue du "bizness", même en Chine, sera et restera l’anglais.

Sources :

- l’article de Pierre Haski, sur Libération : « Vu de Chine, entre inquiétude, compassion et réflexe sécuritaire » http://www.liberation.fr/page.php?Article=336629
- le blog « Mon journal de Chine » de Pierre Haski : Aulnay-Pékin (le 7 novembre) : http://chine.blogs.liberation.fr/pekin/2005/11/aulnaypkin.html
- Azouz Begag pour l’apprentissage massif du chinois dans les banlieues : http://actu.voila.fr/Depeche/ext--francais--ftmms--emploieducation/051115160554.31c2vhqr.html
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Re: A propos de ce qui se passe à Clichy-sous-bois

Message par Parigi le Dim 20 Nov 2005, 12:01

Je ferais du mauvais esprit, je dirais que Monsieur Azouz Begag me parle chinois mais comme je ne fais jamais cela, je me demanderais simplement où est-ce qu'il est allé chercher cela ? Ce qui me ferait marrer, si je n'avais pas lu certains posts ou l'article que je vous mets ci-dessous, c'est que le rapport Benisti commandé par Sarko (pour son projet de loi pour la prévention de la délinquance) recommande d'aller dans les familles contrôler que les familles parlent bien le français au sein de leurs foyers....

Et maintenant ce sondage. J'entendais aux infos ce matin que ces chiffres étaient dus à la population vieillissante qui a besoin d'ordre !
Reuters, 20 novembre 2005, 09h31
UNE MAJORITÉ DE FRANÇAIS POUR UN RENFORCEMENT DU CONTRÔLE DE L'IMMIGRATION

Immigration: une majorité de Français pour un contrôle accru
PARIS (Reuters) - Après trois semaines de violences urbaines, une majorité de Français approuvent la fermeté montrée par le gouvernement et demande un renforcement du contrôle de l'immigration, selon un sondage de l'institut CSA publié par Le Parisien Dimanche.

Une grande majorité d'entre eux soutiennent cependant aussi la création d'un service civil volontaire annoncée le 14 novembre par le président Jacques Chirac et ses propositions en matière de construction de logements sociaux.

Sur 957 personnes de plus de 18 ans interrogées le 16 novembre, 68% se déclare favorables à la prolongation pour trois mois de l'application de la loi de 1955 sur l'état d'urgence - prolongation votée la semaine passée par le Parlement.

Seulement 27% d'entre elles se disent opposées à cette mesure.

Elles sont 56% à se dire favorables à une définition plus restrictive de l'application des règles du regroupement familial pour les travailleurs étrangers, dans lequel des dirigeants de droite ont dit ces derniers jours voir une des causes de la crise des banlieues (29% contre).

De même, 55% des sondés se déclarent favorables à l'expulsion des étrangers, même en situation régulière, condamnés pour violences urbaines (40% contre).

Selon Le Parisien, qui cite les résultats du sondage CSA, 48% des électeurs socialistes interrogés soutiennent cette mesure défendue par le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy et rejoignent ainsi 75% des sympathisants de l'UMP et 82% de ceux du Front national.

En revanche, 85% des personnes interrogées sont d'accord avec la nécessité, rappelée lundi dernier par Jacques Chirac, de faire en sorte que les maires respectent la loi solidarité et renouvellement urbain (SRU) qui leur imposent 20% de logements locatifs sociaux dans leur commune (14% contre).

De même, 78% des sondés se déclarent d'accord avec l'idée de créer un service civil volontaire pour 50.000 jeunes d'ici 2007 (contre 20% d'un avis contraire).

Le Parisien tire de ce sondage la conclusion que "la France vire à droite".

Source : http://www.leparisien.com/reuters/topnews/article.htm?id=OFRTP-FRANCE-BANLIEUES-IMMIGRATION-SONDAGE-2005112.html

Parigi
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Re: A propos de ce qui se passe à Clichy-sous-bois

Message par Nonette le Dim 20 Nov 2005, 12:54

Parigi a écrit:
Le Parisien tire de ce sondage la conclusion que "la France vire à droite".
Je vais proposer mes services au Parisien. La France vire à l'extrême-droite. C'est marrant ça fait plusieurs années que ça se sent.

Nonette
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Re: A propos de ce qui se passe à Clichy-sous-bois

Message par Sélénite le Dim 20 Nov 2005, 19:08

Ouais, sauf qu'il ne faudra&it peut être pas oublier les résultats du référendum sur la constitution européenne...

Et ne pas oublier qu'un sondage ne vaut que par les questions posées et que chaque fois, on a juste les réponses, et jamais les questions.

Mais je ne voudrais pas me poser en sociologue de service Mr.Red

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Re: A propos de ce qui se passe à Clichy-sous-bois

Message par Nonette le Dim 20 Nov 2005, 19:34

Tout à fait d'accord Sélénite sur la pertinence bien relatives des sondages. Et qu'il ne faut pas oublier les résultats du référendum dont une partie des voix du NON ont été interprétées comme émanant de personnes se positionnant à l'extrême droite de l'échiquier politique. Cela fait bien mal, cela s'explique, cela se contextualise, tout ce que l'on veut, mais faut pas se raconter d'histoires, le racisme et le rejet de l'autre gagne un tas de nouveaux adeptes, chacun à son échelle, à grande allure en France, notamment. Y a des sociologues plus ou moins en service qui disaient que toute période de crise économique s'accompagne dans les Etats-Nations tels qu'ils sont constitués d'une augmentation de la xénophobie, largement instrumentalisée par les gens au pouvoir qui savent plus quoi raconter, proposer pour cacher les ravages de l'ultra-libéralisme. Sinon Pilou a une puce, c'te racaille et il vient de me la filer et je l'ai butée au Karcher diraïct. Faut pas m'prendre pour une intello pacifiste et théoricienne qui fait piou. batwoman

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Re: A propos de ce qui se passe à Clichy-sous-bois

Message par Parigi le Lun 21 Nov 2005, 22:01

Sans doute que ça mettra pas de beaume au coeur et puis c'est pas pire que ce que le nain nous prépare...

dimanche 20 novembre 2005, 18h00
Congrès du Mans: les mesures clés du texte de "synthèse"
LE MANS (AP) - Voici les mesures clés du texte de "synthèse" adopté à l'issue du congrès du PS dimanche. Il servira de base au projet du parti pour les élections de 2007, qui sera entériné lors d'une convention en mars 2006:

SOCIAL
- Emploi: le texte propose d'asseoir en partie les cotisations sociales patronales sur la valeur ajoutée produite par l'entreprise, et plus seulement sur les salaires. But: encourager les patrons à embaucher. Un malus serait imposé aux entreprises qui ont trop souvent recours aux contrats précaires. Les 35 heures seraient généralisées.
- Salaires: une conférence nationale annuelle sur les salaires serait convoquée. Le texte reprend la proposition de Laurent Fabius de porter le Smic à 1.500 euros d'ici 2012. Les pouvoirs publics pourraient se substituer aux partenaires sociaux pour imposer des hausses de salaires en cas d'échec des négociations.
- Licenciements: un "contrat de reclassement" d'un an serait mis en place pour garantir salaire et droits sociaux. Les pouvoirs publics pourraient s'opposer aux licenciements boursiers, mesure proposée par le "NPS".
- Abrogations: les lois sur les retraites, l'assurance-maladie, et le "contrat nouvelles embauches" seraient abrogées.
- Services publics: EDF redeviendrait "100% publique".

FISCALITE
- Impôts: le texte propose de fusionner l'impôt sur le revenu et la contribution sociale généralisée pour rendre l'impôt plus progressif. François Hollande veut même supprimer la CSG (contribution sociale généralisée) sur les salaires inférieurs à 1,3 Smic, ce qui reviendrait selon lui à accorder un 13e mois et rendrait inutile la prime pour l'emploi.
La réforme fiscale prévue pour 2007 et les mesures sur l'ISF seraient supprimées. Les revenus seraient pris en compte dans le calcul des impôts locaux.

LOGEMENT
- Logement social: des "pénalités plus lourdes" seraient imposées aux communes qui ne construisent pas 20% de logements sociaux (150 euros actuellement par logement manquant et par an). Des subventions supplémentaires seraient en revanche accordées aux communes vertueuses.

INSTITUTIONS
- Le texte évoque une "nouvelle République", mais ne reprend pas l'idée d'une VIe République primo-ministérielle voulue par le "NPS".

EUROPE
- Le texte propose un "plan de relance", qui prévoit notamment la recherche d'un tarif extérieur commun européen pour protéger l'industrie française des délocalisations, une "réforme du Pacte de stabilité" et la prise en compte par la Banque centrale européenne des objectifs de croissance et d'emploi.
- Il demande le retrait des projets de directives Bolkestein ou sur le temps de travail. Il préconise l'adoption d'une "directive cadre" sur les services publics et l'élaboration d'un traité social.
- Il réclame la rédaction d'un "nouveau texte constitutionnel plus court et centré sur les institutions".
- Il veut que le budget de l'Union soit "doublé" à hauteur du 2% du PIB, mesure qui serait financée par un impôt européen (par exemple, une taxe additionnelle à l'impôt sur les sociétés). AP

Parigi
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Re: A propos de ce qui se passe à Clichy-sous-bois

Message par Nonette le Lun 21 Nov 2005, 23:13

Non, non j'édite, je disais des abominations mais j'avais pas lu la page 0. Y a à boire et à manger selon moi, avec des arguments plutôt pas cons mais une bonne dose d'abruties et une tendance à verser dans la dénonciation de la phallocratie versus la dénonciation du racisme qui me turlipine. Quand je causais de la concurence des victimes... et les 2-3 à applaudir Carrière D'Encausse, lire l'Express et le Figaro comme moyens d'infos comme un autre et vouloir criminaliser les familles polygames en rejettant les problèmes sur le "culturel" toujours différent, toujours inférieur... Pouah !
http://chiennesdegarde.org/forum/index.php?lecture=52367&filpage=1

Nonette
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Re: A propos de ce qui se passe à Clichy-sous-bois

Message par Nonette le Mer 23 Nov 2005, 22:33

NE LAISSONS PAS PUNIR LES PAUVRES
Pour un soutien aux émeutiers inculpés

Par François Athané

http://lmsi.net/article.php3?id_article=481
_________________________________________________________

* Pourquoi les illégalismes commis par de multiples mouvements sociaux
nous paraissent ne pas devoir faire l’objet de poursuites judiciaires,
alors que ceux commis par les prétendus "émeutiers" ne reçoivent, pour
le moment, presque aucun soutien de ce genre ? Les luttes sociales
comportent toujours, en leur sein, une lutte pour dire quelles sont les
formes légitimes de la lutte. Sur ce plan, nous - acteurs des mouvements
progressistes, militants associatifs, syndicaux et des partis politiques
de gauche - avons perdu beaucoup de terrain - le droit de grève étant
lui-même insidieusement remis en cause. Toutefois, l’actualité
française, après douze nuits d’insurrection dans nos banlieues, requiert
que cette question soit posée de la façon la plus explicite possible. Je
souhaite montrer, dans les lignes qui suivent, que les diverses raisons
exposées à gauche pour se désolidariser des jeunes révoltés de ces
dernières nuits méritent d’être réexaminées, et qu’elles ne résistent
pas à l’examen.*
---------------------------------------------------------

Quand les postiers de Bègles commettent des actes illégaux dans leur
lutte légitime, en séquestrant leur supérieur hiérarchique, nombreux
sont les acteurs du mouvement social qui les soutiennent, demandent
l’abandon des poursuites ou appellent les juges à la clémence.

Quand les lycéens commettent des actes illégaux dans leur lutte
légitime, en cadenassant l’entrée de leurs bahuts, nombreux sont les
acteurs du mouvement social qui les soutiennent, demandent l’abandon des
poursuites ou appellent les juges à la clémence.

Quand les marins de la SNCM commettent des actes illégaux dans leur
lutte légitime, en détournant un navire, nombreux sont les acteurs du
mouvement social qui les soutiennent, demandent l’abandon des poursuites
ou appellent les juges à la clémence.

Mais quand la lutte n’est pas tout à fait ce qu’on croit qu’elle devrait
être, quand il n’y a ni porte-parole, ni organisation, quand ce sont les
plus déshérités des dépossédés [1] qui commettent des actes illégaux,
alors tout change : on a beau reconnaître que leur colère est légitime,
on a beau entendre, dans les bribes d’interviews que nous en proposent
les journalistes, que leur discours est plus et mieux politisé, plus
lucide que celui de la plupart de nos élus, personne ou presque ne les
soutient, ne demande l’abandon des poursuites, ni n’appelle les juges à
la clémence (à l’exception de quelques structures très minoritaires,
telles que les Indigènes de la République ou DiverCité).

J’aimerais bien qu’on m’explique cette petite incohérence. Je crains
qu’elle soit beaucoup plus difficile à justifier qu’il n’y paraît.

L’article de Dominique Simonnot, paru le 9 Novembre dans /Libération/,
ainsi que divers comptes rendus d’audience ayant circulé sur la toile,
ont pourtant la vertu de nous informer clairement du genre de "justice"
qui est en train d’être rendue pour cette série de cas : on ne pourra
pas dire qu’on ne savait pas.

Examinons donc les apparences de bonnes raisons avancées à gauche pour
ne pas se solidariser avec les jeunes interpellés lors de ces dernières
nuits.

Entendre des gens dire qu’il est scandaleux de brûler des voitures ou
des bus parce que cela empêche les gens de travailler n’a rien
d’étonnant. L’empêchement de travailler, les salariés pris en otage,
n’est-ce pas là le vieil argument de la droite contre les grévistes de
la RATP, de la SNCF, de la RTM aujourd’hui ? Que des gens qui se disent
de gauche avancent ce genre d’argument est, en revanche, plutôt
consternant. Entendre dire qu’il est scandaleux de brûler des magasins,
parce que c’est l’emploi des gens qui y sont salariés qui est menacé,
rejoint sur le fond le même argumentaire de la droite, qui brandit la
menace des licenciements quand un mouvement social lui déplaît. Aussi,
de deux choses l’une : ou bien c’est la droite qui a raison, et a ce
moment-là il faut dire oui au service minimum dans les transports en
commun et se ranger aux positions de l’UMP. Ou bien cet argumentaire
n’est pas valable pour ce qui concerne les grévistes de la SNCF, et il
n’y a dès lors pas lieu de l’avancer pour justifier de laisser les
jeunes révoltés seuls face à l’institution judiciaire.

Ira-t-on dire que la différence cruciale avec d’autres formes de
contestation est que les incendies en banlieue ont touché des biens
privés, les rares biens des travailleurs habitant les cités ? On se
range alors à l’idée qu’il faut protéger par-dessus tout la propriété
privée, et qu’elle seule doit être défendue, tandis que la colère
sociale ne devrait pas l’être. Je ne crois pas que ce soit une position
satisfaisante pour la gauche. Je ne crois pas en tout cas que cela
justifie, encore une fois, qu’on laisse les prétendus « émeutiers » se
débrouiller seuls avec l’institution judiciaire, sans soutien du
mouvement social.

Ira-t-on dire encore qu’il s’agit de destruction de richesses ? Mais
lorsqu’une grève a pour effet une diminution de la production marchande,
cela coûte de l’argent. Des richesses qui pourraient être produites ne
le sont pas. Là aussi, la différence n’est pas essentielle. Elle est
seulement d’apparence et d’émotion : ce sont deux formes de déperdition
de richesses ; par les flammes et impressionnante dans un cas,
imperceptible et inaperçue dans l’autre. La véritable distinction à
faire est que, dans le cas des grèves, c’est d’abord le patron qui perd
de l’argent. Mais cet argument n’est certainement pas décisif à lui seul
pour nier toute légitimité à cette autre forme d’expression de la colère
sociale.

D’autres encore disqualifient la révolte des jeunes des cités au motif
qu’ils ne seraient pas motivés par une volonté de changement social,
mais par un désir d’argent et de consommation. Ce discours est
consternant. Car personne, à gauche, n’a contesté les nombreux
mouvements sociaux et grèves qui visaient, ces dernières années, à
l’augmentation des salaires ou au rétablissement des indemnités des
chômeurs ou intermittents du spectacle.

Autre argument, plutôt creux, entendu ici ou là : ces jeunes s’attaquent
à des objets qui n’ont pas de portée symbolique, il n’attaquent pas les
signes du capitalisme. Mais lorsqu’ils lancent des cocktails Molotov sur
des véhicules de police, qui peut nier que cela a une portée symbolique
? Faut-il défendre ceux qui attaquent la police, plus que ceux qui
brûlent les voitures ? Evidemment non - mais il faut observer que la
fréquente bienveillance avec laquelle on parle des pavés jetés sur les
CRS par les étudiants de Mai 68 ne rencontre pas semblable
désapprobation. Pourquoi donc ? Parce que les étudiants de Mai 68
avaient de jolis mots d’ordre lettrés ? Derrière tout cela, se dissimule
une falsification inaperçue, insidieuse de l’histoire, qui va
parfaitement dans le sens des intérêts des dominants. Certains semblent
s’imaginer que le progrès social passe exclusivement par les
chancelleries et les dîners de gala : comme en attestent parfaitement
l’irréprochable paix sociale qui, en 1936, a gentiment mené nos
grands-parents vers l’obtention des congés payés ; ou encore, la façon
dont on a obtenu les accords de Grenelle en 1968. Il faut se garder de
céder à ces reconstructions mythologiques, et quelque peu iréniques, de
notre histoire sociale. Il y a eu, en 1936, en 1968, des grèves
largement suivies ; mais à la même période, la protestation a également
pris des formes émeutières ou insurrectionnelles qui n’épargnaient pas
toujours, loin s’en faut, les biens d’autres pauvres.

Et lorsque les jeunes banlieusards brûlent aujourd’hui une entreprise,
un centre commercial, est-on sûr que cela n’a pas de signification
symbolique ? Evidemment non : cette colère, alors dirigée vers les lieux
concrets où l’on travaille et consomme, lieux de la société salariale
dont l’accès est refusé à une partie importante de notre jeunesse, a un
sens. Lorsque brûlent les écoles, les crèches, certes, cela peut être
considéré comme contre-productif ; mais enfin, sommes-nous si bon
sémiologues et sociologues pour dire ce qui a une signification
symbolique et ce qui n’en a pas ? A quel titre, du haut de quel point de
vue surplombant et omniscient s’autorise-t-on à dire ce qui est sensé et
mérite d’être soutenu, et ce qui sera disqualifié comme absurde ou
irrationnel ?

D’autant qu’on n’hésitera pas, deux phrases plus loin, à parler des «
voies de garage » dans les formations scolaires qui leur sont proposées
- quitte à mépriser au passage le travail des enseignants desdites
formations, et perpétuer ainsi ce qu’on dénonce - et de tri social à
l’école : comment prétendre ensuite que brûler l’école n’a pas de
signification ? L’incohérence, ici, est manifeste ; et l’absurdité est
du côté de ceux qui croient la dénoncer.

Pour prendre le cas apparemment le plus dépourvu de signification
symbolique : brûler une voiture, au hasard dans la rue. Il n’est
pourtant pas besoin d’être grand clerc pour voir là une portée
symbolique tout à fait limpide. Quelle valeur peut avoir une voiture,
si, aussi loin qu’elle aille, elle ramène toujours ses passagers dans
les quartiers de relégation sociale ? Si elle ne peut pas mener au-delà
de la désespérance et de l’inexistence sociale, plus loin que la
fatalité d’être mal né, pourquoi pas la détruire ?

Il ne s’agit là que d’une manière de trouver une signification à de tels
gestes ; l’exposer ici a seulement pour objet de montrer que
l’insignifiance symbolique n’est pas aussi simple à déceler qu’on le
prétend parfois.

De ces réflexions, je conclus qu’il n’appartient à personne de dire ce
qui a valeur de symbole ou pas. Je conclus également : il semble que
pour bon nombre de gens réputés de gauche, ce qui a valeur marchande ne
peut pas faire symbole, et ne peut dès lors être pris pour cible d’un
mécontentement social. Idée qui est, en soi, très chargée de
signification quant aux capacités véritables de beaucoup d’entre nous à
rompre avec l’ordre symbolique capitaliste : il est à craindre que la
contestation de la société marchande appelée à sortir de ce genre de
présupposés n’ait, pour le coup, qu’une portée purement symbolique,
voire : anecdotique.

Autre argument creux pour justifier l’absence de soutien aux prétendus «
émeutiers » : leur action serait inefficace, et vouée à l’inefficacité.
Elle serait motivée par un souci spectaculaire : passer à la télé,
rivaliser dans les médias avec les gars de la cité d’à côté. Mais quand
les marins de la SNCM ont détourné un bateau vers la Corse, cette action
avait surtout cette efficacité, médiatique, de faire monter la pression
sur le gouvernement, d’exprimer spectaculairement leur détermination,
enfin d’œuvrer à la prise de conscience de tous via les médias. Sur ce
point, on voit mal la différence de principe avec les prétendus «
émeutiers ». On peut aussi penser que les marins, franchissant la borne
de l’illégalité, ont voulu à juste titre surenchérir (rivaliser ?) par
rapport aux autres groupes sociaux en lutte, par exemple les
enseignants, qui n’ont pas franchi cette borne en 2003 [2], et dont les
revendications sont passées dans les poubelles de l’Hôtel Matignon.

Nonette
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Re: A propos de ce qui se passe à Clichy-sous-bois

Message par Nonette le Mer 23 Nov 2005, 22:34

(suite de l'article...)

Et pour ce qui est de l’efficacité autre que spectaculaire, on ferait
peut-être mieux de se taire : voilà trois ans, depuis le premier budget
du premier gouvernement Raffarin, que syndicats enseignants,
associations de quartiers, travailleurs du ministère de la Jeunesse et
des Sports, éducateurs, travailleurs sociaux, font inlassablement
savoir, mais seulement par des voies légales et institutionnelles, qu’il
est désastreux de supprimer les subventions aux associations travaillant
dans les cités. Cela n’a abouti à rien, rien qu’au mur du mépris
gouvernemental. Douze nuits de voitures brûlées, et voilà que soudain le
grand homme d’Etat Villepin parle d’augmenter ces subventions, et qu’à
côté du lot attendu de mesures régressives et répressives il reconnaît
l’erreur commise. Le Premier Ministre semble même enfin concevoir que le
rétablissement des postes d’assistants d’éducation en ZEP peut avoir une
utilité. J’en conclus que le bilan est pour le moins ambigu, et que les
douze nuits d’incendies auront peut-être plus d’efficacité que les trois
dernières années de protestation syndicale continuelle et de grèves perlées.

S’il y a bel et bien, comme on le dit à gauche, /état d’urgence social/,
le minimum serait d’exiger que les personnes victimes d’atteintes à
leurs biens lors de ces dernières douze nuits soient indemnisées en
totalité par des fonds publics, sur la base de leur valeur d’usage et
non de leur valeur marchande, et que personne ne soit poursuivi pour ces
atteintes. Cette mesure serait vraisemblablement la plus à même d’éviter
l’apparition d’un esprit de revanche et de vindicte, et d’œuvrer ainsi,
dans les quartiers populaires, à la nécessaire réconciliation entre les
personnes ayant perdu leur bien et ceux qui ont commis les dégradations.
Quoi qu’on pense de cette dernière proposition, il est impératif que la
gauche rompe totalement avec le lexique des « violences urbaines » et
autres expressions de ce genre, qui sont de purs artefacts de la sphère
spectaculaire-sécuritaire, et ne veulent rien dire de précis. Car, ne
permettant pas de faire la distinction minimale entre les atteintes aux
biens et les atteintes aux personnes, l’expression de « violences
urbaines » ouvre la voie à tous les amalgames, sur fond du présupposé
fondamental : la marchandise doit être en toute circonstance protégée,
au même titre que les personnes. Or, les atteintes graves aux personnes
ayant un lien formellement établi avec les prétendues « émeutes » n’ont
été pour l’instant que très peu nombreuses. Il y a eu des actes
injustifiables, tels que l’incendie d’un bus occupé. Il n’en reste pas
moins que la très grande majorité des violences s’est cantonnée à des
atteintes aux biens, ou à des affrontements avec les forces de l’ordre
ne mettant pas en danger la vie des agents. De ce point de vue, la
prétendue « explosion de violence » des jeunes banlieusards n’est
certainement pas aussi irrationnelle et incontrôlée que les médias
dominants l’ont prétendu.

J’étais, mercredi 9 novembre, de 17 heures à 19 heures, à Bobigny : au
Tribunal de Grande Instance, où comparaissent les prévenus ; je n’ai pas
vu un militant, pas un tract. Cent mètres plus loin, devant la
préfecture : mille personnes rassemblées pour manifester contre l’état
d’urgence.

Il me semble qu’il faut immédiatement rectifier cette stratégie, ou
cette absence de stratégie. Nous ne pouvons pas laisser ces adolescents
et jeunes adultes sans soutiens devant la justice [3].

Il serait évidemment absurde et falsificateur d’en conclure que
j’appelle à cautionner tous les actes commis durant les prétendues
"émeutes". Mais l’attitude actuelle des acteurs du mouvement social
revient, de fait, à un blanc-seing donné à l’institution judiciaire, qui
elle-même ne statue pratiquement que sur des rapports de police, pour
cette série d’affaires. Par conséquent, la question est : faut-il donc
/toujours/ faire une confiance /totale/ à la police, dès lors que les
gens interpellés viennent des cités, et ne sont ni syndiqués, ni membres
d’organisations progressistes ?

Je doute, pour diverses raisons, que ce soit la bonne approche.
Certaines organisations s’opposent à l’expulsion immédiate des
ressortissants étrangers arrêtés durant ces dernières nuits, mais cette
exigence n’est certainement pas suffisante.

Etant donné les circonstances, il faut en finir, à gauche, avec le
dérisoire plaidoyer pour l’ordre républicain. On appelle au respect des
valeurs et du droit, et le résultat est le suivant : la loi d’exception
de 1955, la menace sur les libertés publiques, le simulacre de droit
devenu ouvertement non droit. L’ordre républicain, tel qu’en lui-même,
enfin, l’Etat d’urgence le montre : ordre colonial ou policier, plus ou
moins euphémisé, plus ou moins /soft/ ou /hard/, c’est selon :

- l’ordre républicain de la double peine tantôt abolie, tantôt rétablie,
c’est selon ;

- l’ordre républicain de la traque des sans-papiers, par le biais d’un
non respect massif des lois qui réglementent le contrôle d’identité ;

- l’ordre républicain où l’on exige en toute illégalité discriminatoire
que certaines catégories de la population aient toujours leurs papiers
sur eux ;

- l’ordre républicain de la destruction des familles dont l’un des
membres n’a pas de papiers ;

- l’ordre républicain des charters d’expulsion vers l’Afghanistan ;

- l’ordre républicain du démantèlement méthodique, par tout moyen, des
lois régissant le travail ;

- l’ordre républicain de l’impunité de Supermenteur ;

- l’ordre républicain d’un ministre de la Justice qui revendique à haute
voix l’anti-constitutionalité de sa loi rétroactive sur le bracelet
électronique ;

- l’ordre républicain du missilier Dassault, à la fois sénateur et
fournisseur d’armements à l’Etat, qui vote les budgets de la Défense
Nationale dont une part substantielle iront dans sa poche ;

- l’ordre républicain du pillage des biens publics au profit des
actionnaires et d’un copain d’études du Premier Ministre (cas de la SNCM) ;

- l’ordre républicain où même les banquiers qualifient de « /hold-up/ »
(/Le Monde / daté du 10 Novembre) l’action économique du gouvernement
(s’agissant de la suppression du fonds de garantie des prêts à taux
zéro, profitables aux classes moyennes et populaires).

L’ordre républicain du respect du droit - ou de sa mise en pièces, c’est
selon. L’ordre républicain, tel qu’en lui-même : celui où chacun se
croit tenu, par bienséance ou intimidation, d’appeler rituellement (et
jusque, hélas, dans les colonnes de /Politis/) à la punition de certains
illégalismes, tandis que d’autres sont tellement banalisés qu’on oublie
de les considérer comme des scandales à sanctionner - tant la conception
prédominante du droit et de l’ordre est-elle même indigente, soumise et
confortable aux intérêts marchands ou électoralistes de quelques-uns ;
surtout : docile à la plus inique et la plus invisible des lois : la loi
du plus fort.

L’ordre républicain - qui, à gauche, pourrait décemment le nier en
pareilles circonstances ? - est une certaine modalité du désordre :
celle qui arrange les groupes ayant pouvoir d’accréditer la conception
de l’ordre et du désordre conforme à leurs intérêts, réels ou imaginaires.

Brûler des voitures ? Laisser libre cours à sa rage devant l’injustice
et l’indécence ? Casser, tout casser ? Nombreux, nous l’avons rêvé ; ils
l’ont fait. Je laisse à d’autres la responsabilité de /punir ces actes
plutôt que d’autres./ Je ne me reconnais pas dans cette parodie d’ordre
républicain. Je refuse que les prétendus « émeutiers » soient punis de
cette façon /en mon nom./ J’invite ceux qui partagent cette analyse à
assister aux audiences des jeunes en comparution immédiate, à manifester
notre solidarité à leurs familles et leurs amis, comme aux victimes de
toutes les violences de ces dernières nuits, enfin à protester contre
l’Etat d’urgence.

*François Athané *

*14 novembre 2005*


Notes:

[1] Dépossession qu’il est désormais urgent de ne plus réduire à sa
seule dimension économique. En effet, l’absence de porte-parole et
d’organisations de masse véritablement représentatives de la jeunesse
des quartiers pauvres atteste au grand jour que cette dépossession est
également /politique./ Ce qui n’implique nullement l’absence d’une
/conscience/ politique chez beaucoup de ces jeunes pauvres ; mais bien
plutôt l’inexistence des moyens institutionnels et organisationnels de
la faire entendre. Cette situation n’est vraisemblablement pas pour rien
dans le fait que la contestation se trouve prendre les formes
spectaculaires que l’on a vues ces dernières nuits. Retracer les
déterminants de cette dépossession politique serait nécessaire ; ce
n’est toutefois pas directement l’objet de mon propos.

[2] Les grèves des enseignants de l’école publique ont pris fin en juin
2003 lorsque les grévistes ont préféré ne pas « bloquer le bac »,
mettant ainsi un terme à leur mouvement de protestation contre la
réforme des retraites et la décentralisation de certains personnels de
l’Education Nationale, organisées par le gouvernement de Jean-Pierre
Raffarin.

[3] Depuis que ces lignes ont été écrites (le 10 novembre 2005), divers
groupes de militants ont commencé à se mobiliser dans ce but. Mais il
est regrettable que ces actions soient pour l’instant cantonnées à des
réseaux aux effectifs très restreints, et qu’aucune organisation de
masse n’ait appelé à y prendre part.

Nonette
Invité


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Re: A propos de ce qui se passe à Clichy-sous-bois

Message par Parigi le Jeu 24 Nov 2005, 07:50

Oui, peines de prison ferme sur peines de prison ferme... déjà que les prisons sont pleines à craquer...

Un petit que j'ai reçu... je peux pas résister Confused ...

Parigi
Invité


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Retour sur la crise des banlieues...

Message par Invité le Ven 09 Déc 2005, 19:59

«On a vu monter ce désespoir intime»


Les pédopsychiatres de Seine-Saint-Denis dénoncent de cruels manques de moyens.
par Charlotte ROTMAN
QUOTIDIEN : jeudi 08 décembre 2005

Ils étaient prévus depuis neuf mois. Mais les Etats généraux de la pédopsychiatrie en Seine-Saint-Denis, qui ont attiré mardi 700 professionnels, ont résonné toute la journée des échos de la récente crise des banlieues. «Les événements ont montré qu'une mobilisation était encore plus nécessaire», a insisté Marie-Rose Moro. Responsable du service de psychopathologie de l'enfant et de l'adolescent à l'hôpital Avicenne, à Bobigny, elle a vu «monter ce désespoir intime qui a pris une expression collective».

«Misère sociale»


Pas de témoignages des premiers intéressés, mais des propos de grande colère. «On ne veut plus travailler dans la précarité, l'indignité, la stigmatisation, des mots qui renvoient aux jeunes révoltés», a lâché la psychiatre. «Il ne faut pas nous demander à nous, psychiatres, d'éteindre les incendies. Ni de psychiatriser la misère sociale, a insisté Roger Teboul, responsable de l'unité Ado 93, à Montreuil. Mais nous pouvons être les porte-parole de ce qui est dit dans nos consultations.» Pour cela, il faut déjà pouvoir travailler dans de bonnes conditions. Ce qui est loin d'être le cas.

En 2004, les psychiatres de Seine-Saint-Denis ont enregistré plus de 150 000 consultations pour 17 000 jeunes patients. Soit le double d'il y a quinze ans. Mais des milliers de jeunes demeurent privés de soins. Les adolescents doivent attendre en moyenne 3,8 mois avant d'obtenir un premier rendez-vous dans un centre médico-psychologique (CMP), parfois six mois. «C'est un vrai effort pour une famille de venir voir un pédopsychiatre. Certains attendent tellement longtemps qu'ils ne viennent pas», constate un chef de service . Les consultations sont saturées. 5 000 mineurs ne sont pas reçus dans l'année où ils en font la demande. «On laisse les enfants en souffrance», déplore Marie-Rose Moro.

Quand une hospitalisation est nécessaire, les professionnels se heurtent au manque de lits. On en compte onze destinés aux enfants et dix aux adolescents, pour un département de 1,3 million d'habitants, dont 28 % sont âgés de moins de 20 ans. L'an dernier, chez les plus jeunes, c'est-à-dire âgés de 3 à 12 ans, seules vingt-trois demandes d'admission ont abouti sur cinquante-trois. Après deux mois d'attente, en moyenne. «Et encore, nuance un chef de service, de nombreuses demandes ne sont même pas adressées.» «Hier, on voulait une hospitalisation en urgence pour une jeune femme qui n'allait pas bien du tout, témoigne le directeur d'un foyer à Neuilly-sur-Marne. Elle ne voulait pas retourner seule dans son studio : on n'a pas trouvé d'autres solutions que de lui payer l'hôtel.»

Ce manque de moyen grève le travail de prévention. «Les jeunes ont du mal à consulter, ils sont fiers d'être du 93, ils disent : "On n'est pas fous, on n'est pas malades, tout va bien"», rapporte Françoise Savelli, responsable du point Accueil Jeunes de Saint-Denis, qui reçoit sans rendez-vous jusqu'à 70 personnes par jour. Comme d'autres, elle souligne la «fragilité» de son centre, sans «subventions pérennes» depuis sa création en 1997. «Comme si la prévention ne faisait pas partie du soin». Le président des centres médico-psychopédagogiques du département (qui ont accueilli plus de 4 500 personnes, en 2004) le constate lui aussi. «Nous sommes très sollicités par le milieu scolaire (...), les partenaires sociaux ou municipaux ; même si l'on est d'accord pour faire ce travail de proximité dans la cité, on ne peut y répondre qu'en fonction de disponibilités»... de plus en plus réduites.

«Signe d'un amour déçu»

Un travail pourtant indispensable. Les émeutes sont venues le rappeler. «Les jeunes ont attaqué des objets familiers, près de chez eux, c'est le signe d'un amour déçu, analyse Marie-Rose Moro. Nous devons militer pour la reconnaissance de cette souffrance.»

Selon une directrice départementale de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), les mineurs qui ont eu affaire à la justice dans le cadre des émeutes urbaines ne sont pas des multirécidivistes, des délinquants connus : ils ont 13-16 ans, sont «paumés», souvent en retard scolaire, avec des difficultés familiales : «Le mal de vivre les a amenés à être plus vulnérables, donc ils sont plus attirés par les scènes de violence.» Selon un pédopsychiatre de Saint-Denis, «la souffrance psychique, quand elle peut se dire, n'a plus besoin de se gueuler... Et la violence et les passages à l'acte ne sont plus nécessaires». Voilà pourquoi les services de la prévention spécialisée comptent sur ce travail en réseau. «Ces jeunes borderline, en très grande souffrance, sont dans le quartier, dans leurs familles, avec les copains. Nous ne sommes pas qualifiés, admet une responsable, on a besoin de vous, les pédopsychiatres.»

Autre inquiétude : la crise des banlieues a également remis au goût du jour la tentation de faire du dépistage très précoce de la prévention. «Attention, à propos des enfants qui ont des troubles du comportement, on va nous demander d'évaluer des délinquants en puissance. Nous allons être des experts qui vont étiqueter selon des comportements formatés dès le berceau», s'alarme un médecin. «On robotise la pensée soignante, on demande de prévenir l'agressivité des enfants», dénonce un autre, tract à la main contre la «tentative de mainmise sécuritaire sur les soins préventifs aux jeunes enfants».

Pour travailler «correctement», le collectif du 93 réclame une augmentation de 30 % des moyens en psychiatrie, soit la création de 300 postes. Et pourquoi pas un «plan banlieue» qui, à côté de l'école et de la lutte contre les discriminations, s'élargirait à la santé ? En septembre 2004, à Clichy-sous-Bois, la ville d'où est parti le feu qui a embrasé les banlieues, le centre médico-psychologique, hébergé dans une barre HLM, a fermé pour insalubrité. Six personnes y travaillaient, dont deux psychiatres. Il devrait rouvrir l'an prochain.

http://www.liberation.fr/page.php?Article=343370

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Re: A propos de ce qui se passe à Clichy-sous-bois

Message par Parigi le Lun 12 Déc 2005, 08:05

J'ai trouvé par hasard le discours de Sarkozy aux préfets faits le 28/11/2005, suite aux événements de banlieue.

Je vous fais grâce de l'intégralité mais en voici quelques extraits qui confirment les propos déjà tenus...

"....
uvernement a décrété l’état d’urgence à compter du 8 novembre, nous l’avons appliqué avec mesure et discernement. Le fait majeur, au plan opérationnel, est d’avoir réussi à interpeller, et donc à mettre des émeutiers à la disposition de la justice, dans des conditions permettant des poursuites pénales. Près de 4500 individus pour lesquels des indices graves et concordants ont été réunis, ont ainsi été placés en garde en vue, que ce soit pendant la crise ou après, en poursuite d’enquête. 70 à 80% avaient d’ailleurs des antécédents judiciaires. Près de 800 sont à ce jour écroués. Je dois, à cet égard, souligner le parfait fonctionnement de la chaîne pénale et l’engagement personnel des magistr ats du siège et du parquet. Je tiens d’ailleurs à signaler que lors de tous mes déplacements sur le terrain (14), j’ai toujours trouvé à vos côtés le procureur de la république ou son substitut, parfois également des magistrats du siège. J’ai souhaité, très vite vous réunir après cet épisode de violences urbaines tout d’abord pour vous remercier, parce que je sais combien il vous a sollicité et j’ai pu apprécier la maîtrise et le sang-froid en même temps que la détermination dont tous vous avez fait preuve, pour dire encore une fois par votre intermédiaire, ma gratitude aux forces de l’ordre dont le professionnalisme et l’engagement ont été exem plaires, et aussi pour que nous fassions ensemble l’analyse de la crise et que nous en tirions quelques conclusions. En ce qui concerne l’analyse, je dirai que nous avons assisté à une explosion qui était contenue depuis longtemps alors que tous les ingrédients étaient réunis pour qu’elle se produise. Nous avons eu de façon dramatique, la révélation de ce que tous ceux ici, qui connaissons ces quartiers, savions, à savoir la gravité et la profondeur du mal. La réalité de nos banlieues c’est que nous avons accepté que la loi des bandes s’impose au détriment de celle de la République, que des gens vivent dans la peur entretenue par les trafiquants et les bénéficiaire s des trafics. La réalité, c’est que nous avons laissé se développer de véritables ghettos urbains dans lesquels des Français, regroupés le plus souvent en fonction de leur origine, ne se sentent aucune perspective dans la société française et n’ont pas confiance en la France, qu’ils vivent des cultures identitaires en marge des valeurs nationales, ont constitué des ilôts de communautarisme qui portent atteinte à l’unité nationale. La réalité, c’est que notre politique de la ville - et elle a mis en œuvre des moyens considérables - s’est trop concentrée sur les territoires et pas sur la satisfaction des espoirs de ceux qui voulaient s’en sortir, a trop donné à l’action sociale et pas suffisamment aux perspectives de travail. La réalité c’est aussi que nous n’avons pas suffisamment maîtrisé l’immigration et que, de ce fait, notre société n’a pas pu intégrer les enfants et les petits-enfants des personnes immigrées. A titre des conclusions - de ces événements douloureux - je voudrais vous faire part de réflexions, de propositions et d’instructions dans trois domaines : celui de l’aménagement du territoire, celui de notre politique de sécurité, et celui de l’action puissante que nous devons désormais promouvoir pour prévenir la délinquance.
..."

Si vous voulez lire en l'intégralité : http://www.abri.org/antidelation/article1083.html

Parigi
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Re: A propos de ce qui se passe à Clichy-sous-bois

Message par Nonette le Jeu 12 Jan 2006, 12:27

Un bien bel aboutissement. Bref pour info, j'ai reçu ça.

Paris, le 10 janvier 2006

Communiqué
Non au projet de loi « égalité des chances » et au démantèlement du FASILD et de la DIV

Usant d'un double langage qui fait mine de s'apitoyer sur les banlieues, le
Gouvernement va examiner demain 11 janvier 2006 un projet de loi « dit
d'égalité des chances » qui constitue une véritable régression des acquis
républicains en matière de scolarité obligatoire jusqu'à 16 ans et
favorisant
la pénalisation des familles populaires. Il vise aussi au démantèlement du
FASILD (Fonds d'action et de soutien pour l'intégration et la lutte contre
les discriminations) et de la DIV (délégation interministérielle à la ville)
qui sont les principaux outils de la « politique de la ville ».

Le Gouvernement fait sciemment la confusion entre les questions d'urgence
sociale, des luttes contre les discriminations et la prévention de la
délinquance. Au lieu de mobiliser un maximum de moyens pour lutter contre
l'échec scolaire, il raccourcit de deux ans la scolarité obligatoire. Il dit
vouloir s'occuper des méritants et délaisser les élèves en situation
d'échec.

De plus, il veut donner aux maires des pouvoirs judiciaires pour sanctionner
les familles sans se préoccuper des causes de la déscolarisation de leur
enfant : la sanction au lieu du soutien.

Au motif de donner des pouvoirs accrus à la HALDE (Haute Autorité de lutte
contre les discriminations et pour l'égalité) pour mieux sanctionner les
auteurs de discriminations, le gouvernement entend réduire le rôle des
tribunaux judiciaires ainsi que les peines encourues en la matière au profit
d’une instance administrative (la HALDE) qui n'aura plus qu'un pouvoir
d'infliger des amendes alors que la loi existante prévoit des peines de
prison.

Enfin et pour couronner le tout, il projette de remettre en cause la DIV et
le FASILD en les fusionnant dans une nouvelle structure (Agence nationale
pour la cohésion sociale et l'égalité des chances) et ce sans aucune
concertation avec les associations et les personnels des deux organismes.

En prévoyant de donner tous les pouvoirs au ministère de l'intérieur via les
préfets, le Gouvernement de De Villepin et Sarkozy entend casser le FASILD.
Celui-ci remonte à 1958 et compte des personnes qualifiées dans le domaine
de
l'intégration et de la lutte contre les discriminations, des organisations
syndicales de salariés et d'employeurs, des organismes familiaux et des
équipes compétentes. Elles ont, pour leur part, patiemment mis en œuvre des
politiques importantes avec les associations et au profit des habitants des
villes et des quartiers populaires. Ce sont ces atouts qui sont menacés.

La remise en cause des missions du FASILD et de la DIV aura pour conséquence
la précarisation voire la disparition de tout un tissu associatif autonome,
reconnu comme nécessaire et primordial pour l'exercice de la démocratie et
le
respect de l'égalité et des droits dans notre pays.

Le groupe CACR demande l'abandon de ce projet et l'ouverture immédiate de
négociations avec les associations, les personnels et les élus pour le
devenir des missions de la DIV et du FASILD.

Il soutient la grève du personnel qui se tiendra le 11 janvier 2006 et
appelle au rassemblement le même jour à la Bastille à 10 heures, ainsi qu'au
débat organisé à 13 heures dans les locaux de la DIV à Saint-Denis.

Rassemblement pour le maintien de la politique de la ville

Contact presse : Milos Colic
Tel : 01 53 85 70 06 - 06 71 04 88 01 Fax : 01.53.85.68.59

eMail : milos-colic@wanadoo.fr

Nonette
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Re: A propos de ce qui se passe à Clichy-sous-bois

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